/R E P R I S E -- Étude sur l'homophobie - De sérieuses conséquences sur la réussite et la persévérance des jeunes/

MONTRÉAL, le 14 avril /CNW Telbec/ - Dans le cadre du colloque Briser le silence : une responsabilité à partager, Line Chamberland, professeure au Département de sexologie de l'Université du Québec à Montréal, a présenté les résultats d'une étude qu'elle a menée en collaboration avec d'autres chercheurs1. Cette recherche avait pour but de savoir, notamment, comment la violence homophobe se traduit au secondaire et au cégep et quelles sont ses conséquences sur la persévérance et la réussite scolaire des jeunes qui en sont victimes.

Plus de 300 participants et participantes sont réunis à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) à l'occasion du Colloque pour agir contre l'homophobie dans le réseau de l'éducation ayant comme thème Briser le silence : une responsabilité à partager. L'événement est placé sous la présidence d'honneur du comédien Martin Larocque qui affirme supporter l'événement « parce que je veux lancer un appel à reconnaître le droit d'aimer qui, comme et quand on veut. »

Des conclusions surprenantes

Selon Line Chamberland, ce qui est le plus surprenant, c'est l'ampleur du phénomène. Dans les écoles, les propos homophobes (p. ex., « c'est fif » ou « c'est gai ») seraient les termes péjoratifs les plus fréquemment utilisés, avec près de 87 % des jeunes affirmant les entendre régulièrement. De plus, 67 % d'entre eux ont affirmé avoir entendu un autre élève se faire traiter de manière insultante, souvent ou occasionnellement, de « tapette » ou « d'homo », et ce, depuis le début de l'année scolaire.

Des insultes à caractère homophobe

« C'est considérable ! Surtout si l'on tient compte du fait que 8 % des jeunes s'identifient homosexuels ou affirment être en questionnement. Ce phénomène touche donc beaucoup plus d'élèves qu'on pourrait le croire, et ce, sans égard à leur orientation sexuelle. Au collégial, on observe une tendance similaire. Toutefois, la proportion est moindre : près de 69 % des répondants affirment entendre régulièrement des termes péjoratifs à caractère homophobe, alors que 31 % soutiennent entendre souvent des insultes homophobes. »

Si 38 % des élèves du secondaire et près de 5 % des cégépiens affirment avoir subi au moins une fois une forme de violence homophobe depuis la rentrée des classes (p. ex., insulte, exclusion, cyberintimidation, vandalisme, agression physique ou sexuelle), ce sont les jeunes s'identifiant LGBT qui sont proportionnellement plus nombreux à en être victimes.

« Un grand nombre d'élèves et d'étudiants victimes d'homophobie souffrent en silence, préférant taire ce qu'ils ont vécu parce qu'ils considèrent que l'événement n'était pas assez grave ou que, de toute façon, rien ne sera fait pour corriger la situation. L'enquête nous a aussi permis de constater que la vaste majorité des jeunes ont déjà été témoin de comportements homophobes. Et parmi les raisons invoquées pour expliquer le fait qu'ils n'ont pas dénoncé la situation, plusieurs ont affirmé qu'ils avaient l'impression, eux aussi, que rien ne serait fait », poursuit-elle.

Une incidence sur la réussite et la persévérance scolaires

« L'école est le principal milieu de vie et de socialisation des adolescents. Lorsqu'ils sont régulièrement victimisés, ils sont plus à risque de développer des troubles anxieux ou de l'humeur, d'avoir une faible estime d'eux-mêmes ou, encore, de songer au suicide. Ces jeunes, qu'ils soient homosexuels ou hétérosexuels, sont aussi plus enclins à éprouver des difficultés scolaires, à ressentir un faible sentiment d'appartenance envers leur école ainsi qu'à envisager l'abandon de leurs études ou à ne pas poursuivre leurs scolarités au-delà du diplôme d'études secondaires. Clairement, il semble que c'est la victimisation qui a une incidence sur la réussite et la persévérance scolaires, et non l'orientation sexuelle », explique Line Chamberland.

De manière générale, au secondaire comme au cégep, si les garçons sont plus souvent victimes de ce type d'injures que les filles, ils sont aussi plus portés à poser de tels gestes. Quant aux filles, elles sont plus sujettes à la victimisation homophobe de nature sexuelle et à la cyberintimidation.

Toutefois, l'incidence de l'homophobie semble beaucoup moins importante au collégial qu'au secondaire. Les étudiants sont plus matures et ouverts d'esprit alors que la dynamique de clan telle qu'on la trouve au secondaire a pratiquement disparu. L'enquête a permis d'observer également que le langage ou les incidents homophobes sont plus importants dans les programmes ayant une clientèle majoritairement masculine que dans ceux ayant une clientèle mixte ou principalement féminine. Cependant, l'équipe de chercheurs a constaté que les personnes ayant été victimes de violence homophobe au secondaire demeurent fortement marquées par ces expériences lorsqu'elles commencent leurs études collégiales.

Un plan de lutte contre la violence avec un volet sur l'homophobie

Selon la chercheuse, il est impératif que la violence homophobe soit condamnée dans les établissements d'enseignement, au même titre que toute autre forme de violence. À cet effet, les écoles secondaires et les cégeps devraient notamment adopter et promouvoir une politique de lutte contre la violence qui inclut un volet sur l'homophobie, tout en se dotant d'un programme de prévention. Il est aussi essentiel d'outiller adéquatement les enseignantes et enseignants, dès leurs études universitaires, pour qu'ils puissent contribuer à prévenir l'homophobie dans leur établissement. Par ailleurs, les cours d'éducation sexuelle devraient être réintégrés dans le cursus académique du secondaire.

L'une des lacunes importantes relevées par les répondants est la très faible place accordée à l'homosexualité dans leur environnement scolaire. Plusieurs ont souligné le manque - voire l'absence - d'activités de sensibilisation et de discussions en classe durant leur parcours scolaire.

La méthodologie

Au total, 1844 étudiantes et étudiants, issus de 26 cégeps, ont collaboré à l'étude en 2008 par le biais d'un questionnaire. En 2009, ce sont 2 747 élèves de 3e et 5e secondaire provenant de 30 écoles à travers la province qui ont également rempli le questionnaire. Les chercheurs ont aussi rencontré individuellement 73 jeunes LGBT, âgés de 14 à 24 ans. Jusqu'à présent, aucune enquête de ce genre n'avait été réalisée dans les établissements scolaires ou collégiaux du Québec. Il est possible de consulter les résultats de la recherche à www.homophobie2011.org.

Ce colloque a été organisé par les Tables nationales de lutte à l'homophobie qui regroupent la grande majorité des organisations syndicales, étudiantes et patronales du milieu de l'éducation. Ces deux Tables sont l'initiative de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Les organisations partenaires du Colloque

  • Association des cadres scolaires du Québec (ACSQ)
  • Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ)
  • Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ)
  • Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses fédérations : Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), Fédération du personnel de l'enseignement privé (FPEP-CSQ), Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ), Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (FPSES-CSQ), Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ),
  • Confédération des syndicats nationaux et ses fédérations : Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec, secteur établissements privés (FNEEQ-CSN), Fédération des employées et employés des services publics, soutien scolaire (FEESP-CSN)
  • Fédération autonome de l'enseignement (FAE)
  • Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ)
  • Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ)
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) et le Syndicat des employés et employées professionnels-les et de bureau (SEPB-FTQ)
  • Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE)
  • Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS)
  • Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec, secteur scolaire (SPGQ)

csq.qc.net
twitter.com/CSQ_centrale

1 Gilbert Émond (Concordia), Danielle Julien (UQAM), Joanne Otis (UQAM) et Bill Ryan (McGill).

SOURCE CSQ

Renseignements :

Marjolaine Perreault
Attachée de presse, CSQ
Cell. : 514 235-5082
perreault.marjolaine@csq.qc.net


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