Projet de loi no 7: Quand les riches mécènes orientent nos politiques sociales



    MONTREAL, le 7 avr. /CNW Telbec/ - Le 7 avril, la Fédération des
associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ),
appuyée par la Fédération des femmes du Québec et le Conseil d'intervention
pour l'accès des femmes aux travail, présente son mémoire dans le cadre des
consultations sur le Projet de loi no 7 : Loi instituant le fonds pour le
développement des jeunes enfants. Ce fonds prévoit des investissements de 400
millions de dollars sur 10 ans (dont 250 M $ provenant de la Fondation Chagnon
et 150 M $ du gouvernement du Québec). Or, ce mode de gouvernance, qui
consiste à recourir de plus en plus fréquemment à des fonds publics/privés,
soulève d'importantes questions en ce qui a trait au respect des processus
démocratiques. Que l'orientation des politiques sociales soit laissée à la
discrétion de bailleurs de fonds privés, alors que d'importantes sommes
d'argent proviennent également des poches des contribuables, constitue un
important accroc à la démocratie. "Il est inacceptable que l'Etat abdique
ainsi sa responsabilité de décideur et de régulateur des politiques sociales
au profit de riches mécènes, si bien intentionnés soient-ils !", s'indigne
Nathaly Roy, présidente de la FAFMRQ.

    Impacts sur les familles

    Mais ce sont d'abord les impacts sur les familles visées par ce type
d'initiatives qui doivent faire l'objet de notre attention. Rappelons que les
enfants auprès desquels on entend intervenir vivent au sein de familles
pauvres, dirigées par une mère monoparentale dans bien des cas. Pourtant, bien
qu'il soit largement établi que les inégalités sociales et économiques jouent
un rôle fondamental dans les possibilités de développement des enfants, peu de
solutions sont proposées pour y mettre fin. Quand on sait que, pendant
plusieurs années, les prestations d'aide sociale n'ont connu qu'une demi
indexation, que le taux actuel du salaire minimum ne permet même pas de sortir
de la pauvreté et que les pensions alimentaires pour enfants continuent d'être
déduites des prestations d'aide sociale et des prêts et bourses, n'y aurait-il
pas lieu de revoir les priorités gouvernementales en matière de lutte contre
la pauvreté ?
    Ne devrait-on pas questionner les décisions politiques qui mènent à
investir des centaines de millions de dollars dans des interventions visant à
circonscrire les conséquences de la pauvreté plutôt que de s'attaquer à
éliminer la pauvreté elle-même ? On doit également s'assurer que les
interventions ne contribuent pas à stigmatiser encore davantage les enfants
qu'elles prétendent vouloir aider, ni à renforcer un sentiment d'incompétence
chez leurs parents.

    Impacts sur les communautés

    Finalement, on peut questionner le fait d'investir des centaines de
millions de dollars dans la création de nouveaux projet, alors que des
organismes communautaires, déjà bien enracinés dans les communautés et
bénéficiant d'un important lien de confiance avec les familles qu'ils
accueillent, connaissent d'importants problèmes de financement. Les
associations de familles monoparentales et recomposées sont parmi les
organismes les moins biens financés au Québec avec une moyenne de 55 000 $ par
année. De plus, bien que ces projets disent vouloir faire appel à la
"mobilisation des communautés", ils semblent trop souvent faire fi des
concertations déjà existantes, soit en créant leurs propres structures de
concertation, soit en imposant leur propre mode de fonctionnement aux
structures déjà existantes. Ces façons de faire donnent lieu à des rapports
souvent difficiles entre les promoteurs de projets et les organismes qui
doivent composer avec ces nouvelles initiatives et ce, rarement dans un
contexte de rapports égalitaires.
    Il nous apparaît essentiel que le recours de plus en plus répandu aux
fonds publics/privés, comme mode de gouvernance en matière de politiques
sociales, fasse l'objet d'un véritable débat public au sein de la population,
avant l'adoption d'un tel projet de loi.




Renseignements :

Renseignements: Sylvie Lévesque, FAFMRQ, (514) 729-6666, cell.: (514)
710-6661; Source: Fédération des associations de familles monoparentales et
recomposées du Québec


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.