Projet de loi 63 modifiant la Charte des droits et libertés de la personne - L'égalité entre les femmes et les hommes doit passer par la reconnaissance des droits économiques et sociaux



    MONTREAL, le 12 fév. /CNW Telbec/ - La Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse accueille avec intérêt les propositions
de modification à la Charte étudiées depuis ce matin en commission
parlementaire car elles devraient mieux faire connaître le principe
fondamental de l'égalité entre les femmes et les hommes sans introduire une
hiérarchisation des droits et libertés de la personne. Elle estime, cependant,
qu'une égalité plus effective entre les femmes et les hommes doit passer par
une reconnaissance plus complète des droits économiques et sociaux.
    "L'objectif du projet de loi est de garantir la reconnaissance des droits
et libertés de la personne aux femmes et aux hommes et la Commission ne peut
que se réjouir de la réaffirmation d'une telle volonté dans notre loi
fondamentale" explique M. Gaétan Cousineau, président de la Commission. "On ne
doit pas oublier toutefois, insiste-t-il, que la précarité socio-économique
atteint davantage les femmes, c'est-à-dire que nombre d'entre elles vivent
quotidiennement dans une situation d'inégalité réelle. C'est pourquoi la
Commission tient à réitérer les recommandations qu'elle a faites dans son
bilan sur les 25 ans de la Charte, en 2003, pour une meilleure protection des
droits économiques et sociaux."

    Les modifications proposées

    Le projet de loi introduit le principe de l'égalité entre les femmes et
les hommes comme fondement de la justice et de la paix et ajoute la liberté à
ces deux éléments(1). Ces deux ajouts sont cohérents avec les principes de
droits de la personne puisqu'ils sont déjà présents dans plusieurs instruments
de droit international relatifs aux droits de la personne. De l'avis de la
Commission, ils pourraient contribuer à définir et interpréter les droits
protégés par la Charte québécoise.
    Les modifications proposées donnent aux décideurs des balises, des
indications, lorsqu'ils doivent déterminer l'effet d'une disposition dans une
situation donnée. Dans le présent cas, l'article projeté devrait indiquer à
ces derniers qu'ils doivent prendre en compte le droit à l'égalité entre les
femmes et les hommes lorsqu'ils analysent une situation juridique où une
liberté ou un droit de la personne est en cause. En fait, la disposition
interprétative proposée confirmerait l'approche appliquée actuellement par les
tribunaux.

    Sans préséance

    Selon la CDPDJ, cet ajout de l'article 49.2 ne devrait pas être
interprété comme conférant une préséance au droit à l'égalité sans
discrimination fondée sur le sexe sur les autres droits et libertés reconnus,
y compris sur le droit à l'égalité sans discrimination fondée sur l'un ou
l'autre des motifs énumérés à l'article 10 de la Charte. Certes, le droit à
l'égalité entre les femmes et les hommes constitue une valeur fondamentale de
la société québécoise. Mais il est tout aussi fondamental que la société
québécoise soit exempte de discrimination raciale, que les personnes
handicapées soient reconnues en toute égalité comme celles ayant une
orientation sexuelle, une religion ou une condition sociale particulière.

    Les droits économiques et sociaux

    Dans un bilan des vingt-cinq premières années d'application de la Charte,
la Commission a formulé plusieurs recommandations visant à mieux garantir les
droits économiques et sociaux, tels le droit au logement, le droit à la santé,
le droit à l'emploi, le droit à l'éducation ou le droit des familles à des
mesures de soutien. Elle est toujours d'avis que pour mieux garantir le droit
à l'égalité, particulièrement pour les femmes, la reconnaissance effective des
droits économiques et sociaux s'impose.
    En effet, les femmes sont plus sujettes à vivre une situation de
précarité économique. L'examen, selon le sexe, du revenu d'emploi moyen des
personnes de 15 ans et plus révèle d'importantes disparités entre les hommes
et les femmes. Ainsi, les femmes gagnaient 71,4 % du revenu d'emploi moyen des
hommes en 2003 (24 007 $ pour les femmes contre 33 611 $ pour les hommes). Si
l'on met en parallèle cet écart de revenu avec le statut d'emploi des femmes -
davantage fragilisé que celui des hommes - il apparaît évident que la
situation des femmes sur le marché du travail accroît le risque pour ces
dernières d'avoir à affronter des épisodes plus ou moins longs de pauvreté
durant leur vie active. Cet écart de revenu est encore plus grand pour les
femmes issues de l'immigration.
    En 2006, 60,8 % des emplois rémunérés au taux du salaire minimum étaient
occupés par des femmes. Une telle situation vient lourdement compromettre la
possibilité pour un nombre important de femmes de bénéficier d'un niveau de
vie décent, notamment pour celles qui sont cheffes d'une famille monoparentale
- elles sont quatre fois plus nombreuses que les hommes à assumer cette
responsabilité et le taux de faible revenu de ces familles s'élevait à 28,2 %
en 2005.
    Le mémoire de la Commission à propos de ce projet de loi, le texte
complet de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et le
bilan des 25 ans de la Charte sont disponibles sur le site www.cdpdj.qc.ca.

    
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    (1) Une fois modifié, le troisième alinéa du préambule serait donc rédigé
        comme suit : "Considérant que le respect de la dignité de l'être
        humain, l'égalité entre les femmes et les hommes et la reconnaissance
        des droits et libertés dont ils sont titulaires constituent le
        fondement de la justice, de la liberté et de la paix."


    Source : M. Robert Sylvestre
             (514) 873-5146 ou 1 800 361-6477, poste 253
    
    -%SU: LAW,CPN
    -%RE: 1




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