Privatisation du Réseau national intégré de radiocommunication - A l'encontre de l'intérêt public et d'une saine gestion



    QUEBEC, le 1er juin /CNW Telbec/ - Le président général du Syndicat de la
fonction publique du Québec (SFPQ), Michel Sawyer, considère que la
privatisation du Réseau national intégré de radiocommunication (RENIR),
annoncée dans le budget de Monique Jérôme-Forget, va à l'encontre du principe
de saine gestion des deniers publics et de l'intérêt général de la population.
Le SFPQ exige du gouvernement Charest qu'il justifie publiquement sa décision
par des arguments rationnels et non idéologiques.
    RENIR relève de la Direction générale des technologies de l'information
et des communications (DGTIC), qui gère des réseaux de communication depuis
30 ans. Aujourd'hui intégrée au Centre de services partagés du ministère des
Services gouvernementaux, la DGTIC est un partenaire privilégié de plusieurs
ministères et organismes en matière d'entretien des routes, de protection de
la faune, de lutte au braconnage, de gestion des forêts, de protection contre
les feux de forêts, d'opération de sécurité civile et de contrôle routier.
    Le SFPQ rappelle qu'à la suite de la crise du verglas et du déluge au
Saguenay, le gouvernement a décidé de moderniser et de décloisonner ses
réseaux de radiocommunication, afin que les différents intervenants sur le
terrain puissent mieux communiquer. De plus, profitant du fait que le contrat
de location de service pour le réseau de la Sûreté du Québec venait également
à échéance, la DGTIC mettait en oeuvre, en août 2002, un projet d'intégration
de ces réseaux de télécommunication, le RENIR. Dans sa première phase,
32 tours de transmission ont été installées pour couvrir la vallée du
St-Laurent entre le Saguenay et l'Outaouais. La deuxième phase visait
l'installation de 98 sites supplémentaires pour desservir le Québec
méridional.
    Jusqu'à présent, le gouvernement du Québec a investi 70 millions de
dollars pour le déploiement de ce nouveau réseau à assignation dynamique de
fréquences (ADF). Plusieurs tours de communication ont poussé ici et là. Le
sud du Québec fonctionne déjà avec cette technologie. Trente-sept nouvelles
personnes ont été embauchées depuis 12 mois pour assurer l'intégration du
réseau et la migration des ministères et organismes vers le nouveau système de
télécommunication. Et ce n'est pas fini, le gouvernement doit également
investir 60 millions $ dans l'achat de terminaux pour ses véhicules.
"Investira-t-on tout cet argent dans le RENIR pour ensuite le céder au
privé?", s'inquiète le président général du SFPQ.

    Perte de contrôle sur la hausse des coûts

    "Si RENIR est privatisé, le jeu des appels d'offres ne pourra plus
s'opérer, met en garde Michel Sawyer. L'Etat, face à un seul fournisseur,
risque de perdre le contrôle sur la hausse des coûts d'un tel réseau. Prenons
l'exemple du GIRES, Gestion intégrée des ressources, qui a englouti 400
millions $. Ce projet informatique, donné au privé, puis abandonné, demeure un
des plus grands fiascos des dernières années".

    Sécurité

    Selon le SFPQ, un autre enjeu de cette privatisation concerne la
sécurité. Comment l'Etat pourra-t-il s'assurer que des informations aussi
sensibles et confidentielles sur la sécurité civile, les services
préhospitaliers d'urgence, la Sûreté du Québec, qui devait intégrer RENIR,
puissent circuler sans interférence? Quelle sera l'imputabilité de
l'entreprise privée à cet égard? "En matière de sécurité et de confidentialité
des données, le gouvernement doit jouer un rôle central, poursuit le président
général, il en va de même pour son réseau de télécommunication."

    Impacts sur la fonction publique

    Quelque 85 personnes employées de l'Etat seraient directement touchées
par la privatisation de RENIR. Selon le SFPQ, il est improbable que le
gouvernement réalise des économies en privatisant le RENIR. D'ailleurs, en ce
qui concerne l'entretien des tours de transmission, des études recommandent de
garder les opérations en régie interne principalement pour une question de
coût.

    Deux autres services privatisés

    Deux autres services publics relevant du Centre de services partagés,
soit la Reprographie gouvernementale et Fourniture et ameublement Québec sont
aussi visés par les privatisations de Monique Jérôme-Forget. La première
entité compte 60 employés, incluant une équipe de techniciens, et la deuxième
compte 40 employés. "Dans le cas de la reprographie, des investissements
viennent d'être faits pour permettre l'implantation d'un bon de commande
électronique, note Michel Sawyer. Est-ce l'entreprise privée qui en récoltera
les fruits? Par ailleurs, les entités publiques sont soumises actuellement à
une politique d'achats écoresponsables. Est-ce que le privé sera aussi
soucieux de l'environnement?".

    Quel serait l'avantage pour les citoyens et les contribuables de
privatiser ces trois organisations, qui ont vu leur pouvoir d'achat croître
avec le temps? Le président général du SFPQ exhorte donc la présidente du
Conseil du trésor à revenir sur sa décision injustifiée. "Le secteur public
peut être aussi compétitif que le secteur privé, conclut le président général
du SFPQ. De surcroît, il travaille dans l'intérêt de ses actionnaires, les
citoyennes et les citoyens du Québec".




Renseignements :

Renseignements: Stéphane Caron, Responsable des relations avec les
médias, (418) 623-2424, poste 338, Cell.: (418) 564-4150

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