Primes versées à certaines infirmières aux urgences et aux soins intensifs - La CSQ, la FSQ et le SIISNEQ demandent au ministre Philippe Couillard de lever des conditions injustes pour les régions



    SAGUENAY, QC, le 29 nov. /CNW Telbec/ - "Le simple saupoudrage de mesures
aléatoires, telles que les primes actuellement versées aux infirmières
oeuvrant dans les urgences et aux soins intensifs d'hôpitaux répondant à
certaines conditions, est nettement insuffisant pour remettre notre système
public de santé sur les rails. Ces mesures sont même profondément injustes
pour les infirmières travaillant en région, dont la taille des établissements
ne permet pas à plusieurs d'entre elles d'avoir droit à ces bénéfices."
    Participant à l'assemblée régionale du Syndicat des intervenantes et
intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ), la vice-présidente
de la CSQ, Mme Louise Chabot, a profité de l'occasion pour inviter le ministre
de la Santé et des Services sociaux à dépasser le simple saupoudrage de
petites mesures à gauche et à droite pour empêcher le personnel de se tourner
vers le secteur privé.
    Mme Chabot croit que le ministre devrait plutôt établir un véritable plan
pour réorganiser les services en s'inspirant des propositions qui lui avaient
été faites par les organisations syndicales, lors des dernières négociations
en 2005, dont il n'avait pas cru bon alors de tenir compte.
    "Nous ne pouvons que nous réjouir d'entendre M. Couillard reconnaître
aujourd'hui qu'il faut offrir de meilleures conditions de travail au personnel
de la santé, dont les infirmières, pour éviter une fuite vers le privé. Mais
en même temps, nous déplorons qu'il n'ait pas su démontrer la même ouverture
d'esprit lors des dernières négociations en 2005", constate la vice-présidente
de la CSQ.

    Oser interdire l'embauche d'infirmières d'agences privées

    Mme Chabot rappelle que le ministre de la Santé ne peut à la fois
soutenir qu'il souhaite freiner l'exode des infirmières vers le privé et
continuer d'autoriser certains établissements de santé à recourir à l'embauche
d'infirmières d'agences privées comme c'est le cas présentement.
    "Au cours de la dernière année seulement, ce sont 100 millions des fonds
publics qui ont été utilisés pour rémunérer des infirmières du privé oeuvrant
dans le système public. Aussi longtemps que le ministre n'interdira pas une
telle pratique, où l'on utilise des fonds publics pour embaucher et payer des
infirmières du privé qui bénéficient de salaires supérieurs aux infirmières du
secteur public, il est évident que le secteur privé continuera d'apparaître
fort attrayant au personnel du secteur public", explique Mme Chabot.

    Une pratique dangereuse pour les régions

    La vice-présidente de la CSQ craint d'ailleurs que cette pratique ait des
conséquences à moyen terme sur des régions qui ne sont pas encore en situation
de pénurie pour le personnel de la santé.
    "Bien que le recours aux infirmières d'agences privées soit encore limité
aux grands centres tels que Montréal, certaines infirmières, travaillant dans
les régions comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, pourraient être tentées d'aller
poursuivre leur carrière dans le secteur privé à Montréal où les conditions
salariales et de travail sont plus avantageuses que dans le secteur public",
anticipe Mme Chabot.

    Des primes injustes pour les infirmières en région

    Pour la présidente de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ),
Mme Monique Bélanger, un tel scénario est d'autant plus envisageable que les
primes versées à certaines infirmières travaillant aux urgences et aux soins
intensifs sont inaccessibles pour plusieurs pratiquant dans les établissements
de santé des régions.
    "Les infirmières des régions sont nettement désavantagées par les
critères fixés par le ministre pour avoir droit aux primes, qui sont la
nécessité de travailler dans un centre hospitalier régional ou dans un
établissement recevant un minimum de 30 000 visites annuelles aux urgences.
Ces primes sont largement méritées, mais elles le sont tout autant par
l'ensemble des infirmières de tous les hôpitaux à travers le Québec. La
complexité de la tâche des infirmières affectées aux urgences et aux soins
intensifs ne varie pas en fonction de la taille de l'établissement. Ca n'a
rien à voir et le stress est aussi élevé dans un cas comme dans l'autre",
soutient Mme Bélanger.

    Des effets pervers à prévoir

    La présidente de la FSQ-CSQ croit même que la distribution arbitraire de
primes peut avoir des effets pervers nuisibles au réseau.
    "Il y a quelque chose de paradoxal à implanter une telle mesure dans
l'intention, entre autres, de désengorger les urgences, alors que dans
certains établissements où l'on réussira à réduire le nombre de patients dans
les urgences sous les 30 000 visites, les infirmières perdront par le fait
même leurs primes. De plus, dans une région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean
où l'on ne compte qu'un centre hospitalier régional qui peut se qualifier pour
les primes, cela risque de rendre plus difficile le recrutement dans les
autres hôpitaux, où les salaires sont moins élevés", souligne Mme Monique
Bélanger.

    Une réorganisation du travail impossible sans investissements
    supplémentaires

    De son côté, la présidente du SIISNEQ-CSQ, Mme Nathalie Savard, prévient
le ministre de la Santé et des Services sociaux qu'une véritable
réorganisation du travail ne peut se faire sans être accompagnée
d'investissements supplémentaires dans le réseau.
    "Si le ministre se contente de parler de réorganisation du travail sans
donner les moyens aux établissements de changer les façons de faire, ses
propositions vont demeurer de simples voeux pieux. Il suffit de penser à
l'adoption de la loi 90 visant à transférer des tâches supplémentaires aux
infirmières. Les principes sont là, mais aucun établissement n'a les moyens de
les appliquer", précise Mme Savard.

    Une expertise sous-utilisée

    La présidente du SIISNEQ-CSQ ajoute qu'il suffit de regarder comment se
déroule actuellement la campagne de vaccination contre la grippe au
Saguenay-Lac-Saint-Jean pour constater jusqu'à quel point il y a un sérieux
problème d'organisation du travail.
    "Est-il normal que dans une région où l'on évalue à plus de 120 le manque
de médecins omnipraticiens et spécialistes, plusieurs d'entre eux soient
actuellement occupés dans leurs bureaux à recevoir les gens pour les vacciner,
une tâche qui pourrait facilement être confiée aux infirmières ? Pendant
qu'ils occupent ainsi une partie de leur temps, le manque de médecins dans les
hôpitaux n'en devient que plus criant. Et ça ne s'arrête pas là puisque l'on
voit encore régulièrement des infirmières et infirmières auxiliaires occupées
à ramasser des plateaux dans les chambres, alors qu'il ne fait aucun doute que
l'on pourrait utiliser plus intelligemment leur expertise et leur expérience",
remarque Mme Nathalie Savard.
    Les trois leaders syndicales, Mmes Louise Chabot, Monique Bélanger et
Nathalie Savard, concluent en défiant le ministre Philippe Couillard de se
donner, en étroite collaboration avec les organisations syndicales, un
véritable plan de réorganisation du travail qui passera par une nécessaire
revalorisation des professions en santé, en améliorant concrètement et
équitablement les conditions de travail et les salaires de toutes et tous.

    Profil de la CSQ et de la FSQ-CSQ

    La Centrale des syndicats du Québec représente quelque 155 000 membres,
dont plus de 100 000 dans le secteur public, la grande majorité dans le
secteur de l'éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des
services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la
culture, du communautaire et des communications. La FSQ-CSQ représente près de
7000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et puéricultrices
travaillant dans des établissements de tous les secteurs de la santé : CHSLD,
CH, CLSC, centres de réadaptation, dispensaires, régies régionales,
établissements privés conventionnés et Héma-Québec.




Renseignements :

Renseignements: Claude Girard, Agent d'information CSQ, cell.: (514)
237-4432


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