Première étude pan-canadienne sur la consommation alimentaire responsable : Des citoyens prêts, des commerçants intéressés... et des gouvernements à la remorque



    MONTREAL, le 20 juin /CNW Telbec/ - Equiterre rend publique aujourd'hui
une première étude pan-canadienne portant sur les facteurs menant les
consommateurs canadiens à choisir des produits responsables dans le secteur de
l'alimentation. Les résultats, obtenus à la suite d'une revue documentaire,
d'entrevues avec des commerçants canadiens et d'un sondage national mené par
la firme Léger Marketing auprès de 1662 répondants, démontrent que la
consommation d'aliments biologiques, équitables et produits localement est
freinée par le flou entourant les appellations et l'identification de la
provenance, l'accessibilité restreinte et la méconnaissance de ces produits.

    Un consommateur en manque d'information

    Bien que les produits équitables, biologiques et locaux soient de plus en
plus connus par les consommateurs canadiens, l'étude démontre que les
consommateurs sont avides d'information, et qu'un manque de renseignement sur
ces produits serait en partie responsable du statut encore marginal de
ceux-ci. Par exemple, pour les produits équitables, les répondants ont affirmé
vouloir en connaître davantage au sujet des règles du commerce équitable
(44 %), de la certification (42 %) et des avantages pour la société (36 %). De
plus, 63 % des répondants, qui consomment peu ou pas du tout de produits
biologiques, ont affirmé désirer mieux connaître les vertus des produits
biologiques.

    Des appellations semant la confusion

    Une grande proportion des 1662 personnes interrogées est d'avis que les
termes "biologiques" (86 %) et "équitables" (61 %) ainsi que l'identification
de la provenance des aliments (81 %) devraient faire l'objet d'une
certification obligatoire. Plusieurs exemples démontrent le flou actuel en la
matière comme les appellations "Canada de fantaisie", "Canada no.1", "Produit
du Canada" (si 51 % de la valeur finale est générée au Canada, même si ce
n'est pas le produit lui-même) ou encore les termes "bio" et "équitable", qui
sont soit authentifiés par de très nombreuses marques de certification ou ne
répondent à aucune autorité publique. Une forte proportion des gens interrogés
préfèrent acheter des produits locaux (77 %) et sont même prêts à payer plus
cher (72 %). Toutefois, les répondants affirment avoir de la difficulté à
connaître avec certitude la provenance des aliments qu'ils consomment. Pour
Equiterre, il apparaît important qu'une législation claire vienne encadrer les
appellations et mentions et soit rapidement mise en place partout au pays.

    Un flou légal et un manque d'intervention de l'Etat

    "Nous avons constaté par cette étude que les Canadiens sont prêts à
consommer des aliments responsables, particulièrement les produits locaux.
Outre la perception d'un prix élevé pour les produits bio et le manque
d'accessibilité des produits équitables et bio, les principaux freins ne
résident pas dans un manque de volonté des consommateurs, mais plutôt dans le
flou légal et le manque d'intervention de l'Etat pour favoriser ces produits",
a expliqué Frédéric Paré, coordonnateur du programme Agriculture écologique
chez Equiterre.
    "Cette étude nous démontre bien qu'il est temps de faire un bon ménage
dans les appellations et certifications, et que les Canadiens sont prêts à
aller plus loin. On s'attend des gouvernements à ce qu'ils prennent leurs
responsabilités pour que la consommation d'aliments responsables passe en
deuxième vitesse. Tout le monde attend cela", a résumé Frédéric Paré.

    Des recommandations pour une plus grande accessibilité des produits

    A la suite des constats de cette première étude pan-canadienne sur le
thème de la consommation alimentaire responsable, Equiterre demande aux
gouvernements de rapidement mettre en place des mesures afin d'éliminer les
freins à la consommation et de favoriser les produits alimentaires
biologiques, locaux et équitables. Equiterre demande ainsi concrètement aux
gouvernements de travailler de concert avec les commerçants afin qu'ils se
dotent de politiques internes de développement durable qui auraient pour effet
de rendre plus flexibles et accessibles les politiques d'achat, favorisant
ainsi les produits biologiques, locaux et équitables.
    Pour les aliments biologiques, Equiterre recommande aussi au
gouvernement, afin d'assurer une offre suffisante d'aliments biologiques
d'ici, de garantir aux producteurs la gratuité des frais de certification et
d'améliorer la formation qui leur est offerte.
    Parmi les propositions d'Equiterre pour favoriser les aliments locaux,
notons l'idée de soutenir les réseaux de mise en marché à caractère solidaire
aptes à assurer la consommation des aliments canadiens par les Canadiens et
Canadiennes, comme les marchés publics et l'Agriculture soutenue par la
communauté. En outre, il est proposé d'ajouter un indicateur gouvernemental
permanent de "souveraineté alimentaire" dans les indices de "succès agricole
et social", tant à l'échelle canadienne qu'à celle de ses provinces, et
d'assurer le développement et le déploiement de moyens de mesurer l'impact
d'une telle mesure (ex. : revenu agricole net en contexte de mise en marché de
proximité). Finalement, il est recommandé d'accentuer la représentation sur le
plan international au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) afin
de promouvoir les idées de l'exception agricole et de la souveraineté
alimentaire ainsi que la gestion de l'offre.

    Faire connaître les aliments biologiques, équitables et locaux

    Equiterre recommande également que le gouvernement, de concert avec les
organisations de la société civile, réalise une vaste campagne d'information
sur les produits biologiques, équitables et locaux et participe activement aux
efforts d'information proposés par les organisations civiles.
    Finalement, une mesure volontaire d'accréditation des commerces de détail
exemplaires sur le plan de la vente d'aliments responsables pourrait être mise
en place par la société civile.

    Les conditions de l'étude

    L'étude d'Equiterre "Passons à l'action et consommons de façon
responsable" a été réalisée au Canada en 2006-2007. Elle comporte notamment un
sondage Internet réalisé par la firme Léger Marketing auprès de 1662 Canadiens
et Canadiennes. Aussi, une série d'entrevues téléphoniques a été faite auprès
de commerçants canadiens. L'étude complète est disponible sur le site Internet
d'Equiterre au www.equiterre.org.

    Pour télécharger le rapport :
    http://www.equiterre.qc.ca/agriculture/informer.phpNo.publ_autres




Renseignements :

Renseignements: Amélie Ferland, Equiterre, (514) 973-2000,
aferland@equiterre.qc.ca

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