PPP en éducation : le public prend tous les risques selon une étude de l'IRIS



    MONTREAL, QC, le 21 janv. /CNW Telbec/ - Parce qu'elle est réalisée à
travers des partenariat public-privé (PPP), la construction de nouveaux
pavillons universitaires fait porter l'entièreté des risques au secteur
public, tandis que les partenaires privés se voient octroyés des revenus
garantis sur plusieurs décennies. Loin de soulager les finances publiques,
cette formule de partage de risques, spécialement en temps de crise
économique, fait en sorte que c'est le gouvernement qui devra éponger toute
fluctuation des coûts d'opération, susceptibles d'exploser.
    C'est ce que démontre une étude publiée aujourd'hui par l'Institut de
recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) et rédigée par les
chercheurs Philippe Hurteau, Jean-François Landry, Bertrand Schepper et le
chercheur-associé Gaétan Breton. Les auteurs se penchent sur les cas des
partenariats public-privé (PPP) de l'Université du Québec à Montréal (UQAM),
de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) et de l'Université du Québec à
Trois-Rivières (UQTR).
    "Les problèmes entourant la construction de l'îlot Voyageur à l'UQAM sont
bien connus, mais peu de gens savent que le même modèle de PPP a été utilisé
dans d'autres universités. Abstraction faite des malversations des
gestionnaires propres à l'UQAM, on a reproduit ailleurs le même modèle
d'investissement qui laisse le public porter seul toute la responsabilité des
risques en donnant au partenaire privé des revenus stables et une protection
contre toute variation des coûts sur plusieurs années, voire plusieurs
décennies." explique Jean-François Landry, chercheur à l'IRIS.
    Le cas de l'UQAR est particulièrement révélateur : l'entrepreneur privé
voit son investissement garanti par l'université, qui doit pour sa part
éponger toutes les fluctutations de coûts causées par les assurances, les
améliorations apportées à l'immeuble, les taxes municipales, et ce jusqu'en
2032. "En plus de cela, l'université privatise la gestion complète de son
campus ainsi que tout un ensemble de services connexes à l'enseignement. Que
l'on pense à l'entretien, la surveillance ou à l'administration de l'immeuble
: tout cela est géré par le partenaire privé et l'université n'a rien à
redire.", relève Philippe Hurteau, co-auteur de l'étude.
    Quand on observe ce qui s'est passé avec la mise en place du Centre
intégré en pâtes et papiers (CIPP) de l'UQTR, il apparaît que le gouvernement
du Québec a encore favorisé les bénéfices des entreprises privées aux dépens
de la saine gestion rigoureuse des infrastructures publiques. Si le groupe
Laperrière Verreault a bel et bien offert une machine d'une valeur de 6,5
million $, cela permet ultimement de transférer des coûts de gestion de
recherche et développement au public. "Grâce à cette "participation" du
secteur privé (à peine 10% de l'ensemble des coûts du projet), les entreprises
du secteur des pâtes et papiers bénéficient maintenant du travail à rabais
d'étudiants universitaires pour faire leur recherche et développement. Elles
participent même aux choix des priorités du centre de recherche en siégeant
sur son conseil d'administration. Une fois de plus, le secteur privé fournit
une infrastructure à coût minime pour récolter des profits alors que le
secteur public assume tous les coûts d'opération." s'inquiète Bertrand
Schepper, chercheur à l'IRIS.
    La Loi favorisant le maintien et le renouvellement des infrastructures
publiques, priorise le modèle des PPP pour toute nouvelle construction
universitaire de plus de 40M$. Avec la généralisation d'un tel modèle,
d'autres fiascos du type "Ilot Voyageur" sont à craindre, dans la mesure où ce
celui-ci s'avère incapable de partager équitablement les risques entre
partenaires et s'apparente plus à une occasion d'affaires en or pour les
grands promoteurs qu'à une "gestion rigoureuse" des infrastructures publiques.




Renseignements :

Renseignements: Guillaume Hébert, chercheur à l'IRIS, (514) 206-6733,
(514) 789-2409


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