Poursuite des audiences sur l'utilisation de scabs au Journal de Québec - Quebecor ne veut plus d'audiences publiques



    QUEBEC, le 25 mars /CNW Telbec/ - Vendredi, dans la poursuite des
audiences sur l'utilisation alléguée de scabs au Journal de Québec, il est à
prévoir que Quebecor demandera une ordonnance de non-publication. C'est en
tout cas ce qu'ont appris les procureurs syndicaux. Une telle ordonnance, si
elle était accordée par la Commission des relations du travail (CRT) du
Québec, aurait pour effet d'interdire aux différents médias de couvrir cette
facette du lock-out au Journal de Québec, lock-out qui dure depuis plus de
  11 mois.
    Le porte-parole des 252 syndiqués en conflit au Journal de Québec, Denis
Bolduc, rappelle que le procureur de l'agence Nomade, créature de Quebecor, a
déjà tenté, sans succès, d'obtenir une telle ordonnance lors de l'audience du
12 mars. Il déplore qu'un "groupe de presse comme Quebecor Media veuille
écarter les autres médias des délibérations tenues à la CRT".
    Denis Bolduc trouve pour le moins étonnante cette prise de position de
Quebecor. "Qu'est-ce que Quebecor veut cacher?", s'interroge-t-il. Et tous les
articles anonymes que publie le Journal de Québec depuis le début du lock-out?
Après avoir créé de toutes pièces ce conflit, Quebecor devrait au moins avoir
la décence de s'expliquer publiquement, sans cachette."

    Rappel du conflit au Journal de Québec

    Les employés de bureau et de la rédaction du Journal de Québec sont sous
le coup d'un lock-out décrété par l'employeur le 22 avril 2007. Avant le
déclenchement du lock-out, aucun des trois syndicats n'avait demandé de mandat
de grève à ses membres ni même exercé de moyens de pression. En solidarité
avec leurs collègues jetés sur le trottoir par la décision de
Quebecor/Corporation Sun Media, les employés de l'imprimerie ont voté la grève
à 97 %.
    Aucun conflit de travail n'avait eu lieu depuis la fondation du Journal
de Québec en 1967. Il y a environ deux ans, tous les employés syndiqués du
Journal avaient accepté de reconduire la convention collective pour un an en
partenariat avec l'employeur pour mieux affronter son concurrent, Le Soleil,
qui passait au format tabloid.
    Au moment du déclenchement du conflit, le Journal de Québec dégageait des
profits nets annuels d'environ 25 millions de dollars et était le numéro un
dans son marché.
    Selon les données de l'Audit Bureau of Circulations (ABC) (organisme
spécialisé dans l'évaluation de la distribution des quotidiens partout sur le
continent nord-américain), au moment de l'annonce du lock-out le Journal de
Québec était celui qui avait connu la plus forte progression au Canada
(soit 2,5 %, pour la période de six mois se terminant le 31 mars 2007, du
lundi au vendredi pour les quotidiens de plus de 100 000 exemplaires).
    La brutalité de ce lock-out, malgré la très grande profitabilité de
l'entreprise, fait dire aux syndiqués que Quebecor/Sun Media pratique à leur
endroit du "terrorisme économique".
    Aucun piquet de grève n'a été érigé par les syndiqués depuis le début du
lock-out.
    Depuis le 24 avril 2007, les employés en conflit publient et distribuent
cinq jours semaine 40 000 exemplaires du MédiaMatinQuébec, un quotidien
gratuit qu'ils ont créé, pour rappeler leur cause à la population de Québec.
Quebecor/Corporation Sun Media a entrepris plusieurs recours judiciaires pour
empêcher la publication du MédiaMatinQuébec. Toutes ces démarches ont échoué.
    Malgré le conflit, le Journal de Québec continue d'être publié. Il est
imprimé principalement à Mirabel plutôt qu'à Québec.
    Dans une décision rendue le 23 août 2007, en application de l'article 109
du Code du travail du Québec (dispositions anti-scabs), la Commission des
relations du travail (CRT) du Québec a ordonné à la direction du Journal de
Québec de cesser de recourir aux services de quatre personnes qui
remplissaient les fonctions de salariés en conflit.
    De nouvelles plaintes concernant l'utilisation de travailleurs illégaux
ont été déposées par les syndicats en octobre et novembre 2007. Au total, ces
plaintes visent 17 personnes. Des audiences de la CRT sur ces plaintes ont eu
lieu les 14 et 28 janvier, 12 et 14 mars. Lors des premières audiences, le
rédacteur en chef du Journal de Québec, Serge Gosselin, a déclaré sous serment
qu'il n'estimait "pas pertinent" de savoir qui sont les auteurs des articles
provenant de Canoe et publiés dans son quotidien en lockout. D'autre part,
dans son témoignage Sylvain Chamberland a expliqué que c'est à la demande de
Pierre Karl Péladeau lui-même qu'il a lancé son agence à la fin mai 2007, soit
un mois après le début du lock-out.
    D'autre part, le 5 février 2008, le Journal de Québec, le portail
Internet Canoe et le journaliste de Canoe Hubert Lapointe ont plaidé non
coupables à des accusations criminelles pour avoir, l'été dernier, divulgué le
nom d'une victime d'agression sexuelle malgré une ordonnance de
non-publication de la Cour. Cette affaire reviendra devant le tribunal le
15 avril. Hubert Lapointe est l'une des 17 personnes visées par les plaintes
sur l'emploi de scabs.

    Les enjeux du lock-out

    Les enjeux de ce conflit sont multiples. N'en mentionnons que
quelques-uns. Pour les employés de bureau, ce sont surtout des questions de
sous-traitance et de délocalisation des emplois. Pour ceux de l'imprimerie,
c'est l'établissement de conditions salariales différenciées. Pour les
journalistes et photographes, c'est la redéfinition même de l'exercice de leur
profession qui est dans la balance, une bataille pour la qualité de
l'information et la liberté de presse. A tous les groupes d'employés,
l'employeur demande de faire passer la semaine de travail de quatre jours à
cinq jours semaine sans compensation.




Renseignements :

Renseignements: Denis Bolduc, porte-parole des syndiqués en conflit,
(418) 564-8772; Robert Bellerose, Information SCFP, (514) 247-9266; Source:
Syndicat Canadien de la Fonction Publique

Profil de l'entreprise

Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ)

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