Port de signes religieux dans la fonction et les services publics québécois : La Fédération des femmes du Québec prend position - Ni obligation religieuse, ni interdiction étatique



    QUEBEC, le 9 mai /CNW Telbec/ - Réunies aujourd'hui en assemblée générale
spéciale, à Québec, les membres de la Fédération des femmes du Québec (FFQ)
ont appuyé la position proposée par leur conseil d'administration sur les
signes religieux. En même temps qu'elles s'opposent à l'obligation qui est
faite aux femmes de porter des signes religieux ici et ailleurs dans le monde,
elles s'opposent également à l'interdiction du port de ces signes au sein de
la fonction et des services publics québécois. "Pas d'obligation, pas
d'interdiction", de déclarer Michèle Asselin. La Fédération des femmes du
Québec s'affirme pour l'intégration et pour la liberté.
    Pour élaborer sa position, l'organisme féministe a abordé le sujet sous
trois angles : l'analyse féministe, la discrimination que vivent les femmes
immigrantes ou racisées et le modèle québécois de laicité.

    L'analyse féministe

    Dans le débat autour du port de signes religieux, le foulard islamique
(hidjab) revient toujours. L'analyse féministe, qui vise l'égalité entre les
femmes et les hommes, ne peut ignorer l'existence d'inégalités entre les
femmes elles-mêmes. On doit donc tenir compte du croisement des multiples
discriminations subies par les femmes issues de groupes ethnoculturels et
racisés, discriminations qui les contraignent à des situations de
vulnérabilité et d'exclusion encore plus importantes que pour l'ensemble des
femmes. Interdire le port de signes religieux dans les institutions publiques
aurait pour effet d'augmenter la discrimination à l'égard de femmes déjà
discriminées et d'entraver ainsi la poursuite de leur autonomie financière.
    "Les principes de l'analyse féministe s'appuient, entre autres, sur la
nécessité de respecter le rythme, les choix, les valeurs et les besoins des
femmes concernées", d'ajouter Mme Asselin.

    La discrimination vécue par les femmes immigrantes et racisées

    La Fédération des femmes du Québec est d'avis qu'interdire le port de
signes religieux dans les institutions publiques aurait pour effet d'augmenter
la discrimination à l'égard de femmes déjà discriminées et de les stigmatiser
au sein d'autres institutions ou milieux de travail, voire dans l'espace
public. Le danger est réel qu'une mesure allant dans le sens de l'interdiction
provoque un renfermement sur soi, un repli identitaire, de certains groupes
minoritaires dans la société. Cette ghettoisation favoriserait le maintien de
traditions d'origine souvent défavorables aux femmes et, par conséquent,
contraires à l'égalité entre les femmes et les hommes. Par sa prise de
position contre l'interdiction du port de signes religieux, la FFQ prône
plutôt le processus d'intégration à la société d'accueil, à ses valeurs et à
ses droits fondamentaux, par un véritable accès à l'emploi tant dans les
secteurs public que privé.

    Le modèle québécois de laicité

    Le modèle qui prévaut au Québec en est un de laicité ouverte, construit
autour du devoir de tolérance. Il reconnaît la nécessité de la neutralité de
l'Etat, mais aussi l'importance que plusieurs personnes accordent à la
dimension spirituelle, et assure la protection de la liberté de conscience et
de religion. Alors que la liberté de conscience inclut le droit de manifester
sa croyance religieuse, la FFQ croit que les institutions publiques
québécoises doivent permettre, autant à ses usagères et usagers qu'à son
personnel, le port de signes religieux, visibles ou non. La neutralité de
l'Etat est basée sur les actes que celui-ci réalise et non sur l'apparence des
personnes qui le composent. En effet, des employées et employés pourraient
faire de la propagande ou du prosélytisme tout en n'arborant aucun signe ou
symbole religieux, et ainsi, nuire davantage à la neutralité de l'Etat.
    "Les membres de la Fédération des femmes du Québec ont réaffirmé qu'elles
sont pour la liberté religieuse, mais contre les intégrismes de toutes les
religions. Nous entendons poursuivre sans relâche notre lutte contre les
violations commises au nom des religions", de conclure Mme Asselin.




Renseignements :

Renseignements: Linda Lévesque,  LCOM Communication, (514) 393-3178,
1-877-393-3178, cellulaire: (514) 242-8909; ou Stéfany Ranger, LCOM
Communication, (514) 393-3178, 1-877-393-3178, cellulaire: (514) 679-7583;
Source: Fédération des femmes du Québec


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.