Politiques culturelles fédérales - Le milieu culturel demande à la ministre du Patrimoine d'utiliser son pouvoir de directive auprès du CRTC



    MONTREAL, le 29 oct. /CNW Telbec/ - Dix-huit regroupements d'artistes et
d'entreprises culturelles demandent aujourd'hui à la ministre du Patrimoine
canadien, Mme Josée Verner, d'utiliser son pouvoir de directive à l'endroit du
CRTC pour que celui-ci donne priorité au fait social et culturel, comme
l'exige la Loi sur la radiodiffusion, dans toutes les décisions qu'il aura à
rendre dans le secteur de la radiodiffusion.
    Cette requête fait suite à plusieurs décisions de l'organisme de
réglementation, dont la priorité avouée est désormais de travailler activement
à la déréglementation de l'ensemble du système canadien de radiodiffusion afin
de favoriser les lois du marché et les forces de la convergence.
    "Cette réorientation des priorités du CRTC, a affirmé le président de
l'ADISQ, Paul Dupont-Hébert, est contraire à la fois à la Loi, à la mission du
CRTC et à la réalité fragile de nos industries culturelles. La Loi fait
clairement obligation au CRTC d'accorder une place prépondérante à l'apport
social et culturel du système de radiodiffusion à l'identité culturelle
canadienne. Elle ne demande pas au CRTC de devenir un organisme de
déréglementation."

    Une dérive alarmante

    Le regroupement a relevé pas moins d'une dizaine de décisions du Conseil,
et tout autant de déclarations de son président, qui démontrent la volonté
résolue de l'organisme de favoriser les forces du marché dans ses décisions
réglementaires, au détriment des objectifs sociaux et culturels qu'il a
pourtant le devoir de défendre et de promouvoir.
    Au nombre de ces décisions : les nouvelles politiques du CRTC en matière
de radio et de télévision en direct, qui ignorent globalement les besoins des
milieux culturels en termes tant de visibilité que de financement, et la prise
en considération du rapport Dunbar-Leblanc, qui remet directement en question
des acquis aussi fondamentaux que les quotas de musique francophone sur les
ondes radio.
    "La culture, a déclaré le président du conseil d'administration de
l'APFTQ, Vincent Leduc, n'est pas une marchandise comme les autres. Il n'y a
pas de telle chose qu'un marché égal pour les oeuvres culturelles dans une
économie comme celle du Québec ou du Canada. Sans politiques culturelles
appliquées avec détermination, nos artistes et nos entreprises indépendantes
de production sont vouées à passer sous le rouleau compresseur de la
concurrence étrangère."


    Une coalition diversifiée

    Les regroupements qui interpellent aujourd'hui la ministre Verner forment
une coalition représentative de tout le milieu de la création et de la
production culturelles au Québec et même au Canada, de la musique à la
littérature, en passant par la danse, la télévision, les arts visuels, le
théâtre et le cinéma. On y retrouve l'ACTRA, l'AQTIS, l'APFTQ, l'APEM, l'ARRQ,
l'ADISQ, l'AQAD, le CMAQ, le CQM, le CQT, la GMMQ,  le RAAV, le RQD, RIDEAU,
la SARTEC, la SPACQ, l'UDA et l'UNEQ.
    D'expliquer Raymond Legault, président de l'UDA : "les politiques
culturelles, au Canada, forment un ensemble qui est tout entier nécessaire au
déploiement du talent de nos artistes. En enlever une pierre, c'est menacer la
totalité de l'édifice. Quand le CRTC ne soutient plus avec vigueur les
politiques dont il a la responsabilité, il lance le message que tous nos
mécanismes de soutien à la culture peuvent être remis en question."

    Le prétexte des nouvelles technologies

    Les porte-parole du regroupement ont souligné que la dérive réglementaire
du CRTC s'est accélérée au cours des dernières années, mais qu'elle remonte à
aussi loin que 1999, année où le CRTC a choisi de ne pas réglementer les
nouvelles technologies de l'information, à commencer par l'Internet.
    "Depuis quelques années, a affirmé Richard Hardacre, président national
de l'ACTRA, certains décideurs à Ottawa prennent prétexte du développement
fulgurant des technologies pour prétendre que nos politiques culturelles sont
désuètes. Ils commettent une grave erreur. Remettre en question nos politiques
culturelles, c'est remettre en question notre culture. C'est remettre en
question le Canada."
    La coalition estime paradoxal et désolant que le Canada, qui fut à
l'avant-garde du mouvement de la diversité culturelle et le premier pays à
ratifier la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la
diversité des expressions culturelles, se retrouve aujourd'hui dans cette
position. Alors que l'objet même de cette convention est de protéger
juridiquement le droit des Etats d'établir leurs propres politiques
culturelles, un organisme réglementaire aussi central que le CRTC délaisse
aujourd'hui ses devoirs dans la mise en place et l'application de telles
politiques.
    Cette dérive est alarmante. Madame la ministre Verner a la capacité d'y
mettre fin par son pouvoir de directive auprès du CRTC, et elle peut donc agir
afin qu'il remette l'apport social et culturel au centre de ses décisions en
matière de radiodiffusion. Une telle directive lancera aux créateurs, artistes
et producteurs, de même qu'à l'ensemble de la société canadienne, le message
que son gouvernement, conformément à la Convention internationale qu'il a
ratifiée, ne considère pas la culture comme une marchandise comme les autres,
et qu'il faut la protéger des lois aveugles du marché.
    La ministre a le pouvoir de faire une différence, et elle doit agir
maintenant.

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    (*) Les associations et regroupements participants :

    Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio Artists (ACTRA)
    Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son (AQTIS)
    Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ)
    Association des professionnels de l'édition musicale (APEM)
    Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ)
    Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la
    vidéo (ADISQ)
    Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD)
    Conseil des métiers d'arts du Québec (CMAQ)
    Conseil québécois de la musique (CQM)
    Conseil québécois du théâtre (CQT)
    Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ)
    Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV)
    Regroupement québécois de la danse (RQD)
    Réseau indépendant des diffuseurs d'événements artistiques unis (RIDEAU)
    Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC)
    Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ)
    Union des artistes (UDA)
    Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)




Renseignements :

Renseignements: Relations de presse: Martine Laforce, Roy Turner, (514)
844-9678; Sources: Solange Drouin, ADISQ, (514) 842-5147; Céline Pelletier,
APFTQ, (514) 893-4523 Anne-Marie Desroches, UDA, (514) 288-6882


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