Pharmaciens d'établissements: Toujours la pénurie la plus sévère du réseau de la santé



    MONTREAL, le 16 juin /CNW Telbec/ - A l'issue de son enquête annuelle
auprès des départements de pharmacie des hôpitaux du Québec, l'Association des
pharmaciens des établissements de santé (A.P.E.S.) déplore que la profession
soit toujours aux prises avec la plus sévère pénurie du réseau de la santé, et
qu'aucune solution d'ensemble ne soit déployée pour assurer une relève
suffisante. L'enquête indique un taux de pénurie de l'ordre de 18 %, ce qui
signifie qu'il manque plus de 220 pharmaciens dans les hôpitaux du Québec.
    "En pourcentage de l'effectif total de 1250 pharmaciens, cette pénurie
est sans doute la plus sévère à toucher une profession du réseau de la santé",
a expliqué Linda Vaillant, directrice générale de l'A.P.E.S. "Et il s'agit
d'un taux conservateur, puisque la pénurie est calculée sur la base du nombre
de postes de pharmaciens autorisés et que ces données n'ont pas été mises à
jour depuis longtemps. Elles ne tiennent donc pas compte de la croissance des
besoins attribuable au vieillissement de la population et à l'usage de
médicaments de plus en plus complexes. Dans ce contexte, pas étonnant que les
pharmaciens en poste dans les hôpitaux aient effectué, selon les données du
ministère de la Santé, 5,35 % d'heures supplémentaires en 2006 - 2007, un taux
près de deux fois supérieur à la moyenne observée parmi l'ensemble des
employés du réseau", a poursuivi Mme Vaillant.

    Une vive concurrence public - privé pour les pharmaciens

    Un pharmacien qui entre sur le marché du travail en milieu hospitalier
reçoit 33 $ l'heure contre, en moyenne, 43 $ l'heure en pharmacie privée. Cet
écart de l'ordre de 30 % dissuade les étudiants en pharmacie de choisir la
pratique en établissement de santé.
    En raison de la complexité des traitements médicamenteux et des soins
prodigués, rappelons qu'une maîtrise est nécessaire pour oeuvrer en milieu
hospitalier. A peine 45 étudiants choisissent de s'inscrire à la maîtrise
chaque année alors que les universités, sur la base des besoins du réseau,
offrent 70 places. Les plus récentes données colligées pour le compte du MSSS
prévoient que d'ici 15 ans, 48 % des pharmaciens actuels pourraient quitter le
réseau, principalement pour la retraite.
    "Comment pense-t-on parvenir à recruter une relève suffisante alors que
nous accusons déjà un déficit d'effectifs important?", a questionné
Mme Vaillant. "Le gouvernement continue de résister à l'idée de réduire, une
fois pour toutes et pour l'ensemble des pharmaciens d'établissements, l'écart
moyen de rémunération de 30 % qui sépare les pharmaciens des secteurs public
et privé. Pourtant, on observe une amélioration de la situation dans certains
établissements où des primes d'installation et de maintien en emploi ont été
accordées en vertu de l'entente de travail. Tant que la rémunération ne sera
pas nettement améliorée pour tous les pharmaciens d'établissements, on ne
pourra espérer voir la lumière au bout du tunnel", a-t-elle conclu.

    Aperçu des résultats de l'enquête

    L'enquête visait à obtenir un portrait des effectifs au 1er avril 2008.
Sur 127 départements de pharmacie dans les établissements de santé du Québec,
102 ont participé à l'enquête, soit 80 %. Voici un aperçu des résultats :

    
    - L'enquête a révélé un taux de pénurie de l'ordre de 18 %,
      comparativement à 17 % en 2006 et 2007.
    - La pénurie se constate partout au Québec, dans les régions comme dans
      les grands centres urbains.
    - Les régions les plus touchées par la pénurie sont la Côte-Nord (43 %),
      l'Abitibi-Témiscamingue (31 %), les Laurentides (26 %), le Saguenay -
      Lac-St-Jean (25 %), l'Outaouais (22 %), Montréal (22 %),
      Chaudière-Appalaches (20 %) et Lanaudière (20 %).
    - Près d'un établissement répondant sur 2 (45 %) (46 sur 102) opère avec
      un manque d'effectifs de l'ordre de 20 % ou plus.
    

    Réduction de services

    La pénurie contraint les départements de pharmacie à délaisser des
activités cliniques pourtant importantes au sein des différentes unités de
soins, afin de se concentrer sur la validation des ordonnances et la
distribution des médicaments.
    Près des deux tiers des départements de pharmacie répondants (60 %) ont
coupé des soins pharmaceutiques à l'intention des patients hospitalisés aux
différentes unités des établissements de santé. Ces soins comprennent, par
exemple, l'élaboration du profil de consommation de médicaments d'un patient,
le monitorage des effets secondaires associés aux médicaments, la
collaboration au choix des médicaments et l'évaluation de la pharmacologie,
ainsi que l'initiation et l'ajustement des thérapies médicamenteuses.
    Par ailleurs, plus d'un répondant sur 3 (38 %) a dû couper des soins
pharmaceutiques prodigués aux clientèles ambulatoires. Par exemple, des
départements ont mentionné une diminution des soins pharmaceutiques en
clinique d'anticoagulothérapie, de traitement du diabète, d'insuffisance
cardiaque ou rénale.
    Même au chapitre de la distribution des médicaments, le manque de
pharmaciens a entraîné une diminution des services dans plus d'un département
de pharmacie sur 4 (28 %). Par exemple, la validation des ordonnances
peut-être retardée (validation des doses, détection des contre-indications et
des interactions médicamenteuses) ainsi que la distribution des médicaments
sur les unités de soins.
    "En plus d'entraîner une réduction de services, le manque d'effectifs
génère une surcharge de travail pour les pharmaciens en poste et accroît le
risque d'erreurs, une situation qui va à l'encontre de la qualité des soins et
de la sécurité des patients", a tenu à rappeler Mme Vaillant.

    A propos de l'A.P.E.S.

    L'A.P.E.S. est un syndicat professionnel incorporé en vertu de la Loi sur
les syndicats professionnels (L.R.Q., chapitre S-40). Elle représente environ
1250 pharmaciens oeuvrant dans quelque 125 établissements publics de santé du
Québec, principalement des centres de santé et de services sociaux - CSSS (qui
regroupent différents centres, tels que centres hospitaliers de soins
généraux, de soins aigus, de soins de longue durée, centres hospitaliers
universitaires ou affiliés, instituts, centres de réadaptation et CLSC).




Renseignements :

Renseignements: France Bouffard, Sphère Communication, (514) 286-2772,
poste 10, cell. (514) 718-4811; Source: Association des pharmaciens des
établissements de santé du Québec (A.P.E.S.)

Profil de l'entreprise

Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES)

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