Pharmacie hospitalière - enquête annuelle sur les effectifs - La pire pénurie du réseau s'aggrave encore



    MONTREAL, le 10 juin /CNW Telbec/ - L'Association des pharmaciens des
établissements de santé (A.P.E.S.) constate que la pénurie de pharmaciens dans
les hôpitaux du Québec - la plus sévère à toucher une profession du réseau
public de santé - s'aggrave encore selon les résultats de son enquête
annuelle. Sur 128 départements de pharmacie hospitaliers, 109 ont participé à
cette enquête, soit 85 %. Les résultats révèlent un taux de pénurie de l'ordre
de 20 %, comparativement à environ 18 % en 2008, 17 % en 2007 et 16 % en 2006.
Toutes proportions gardées, la pénurie de pharmaciens est quatre à cinq fois
plus sévère que celle des infirmières.
    Plus précisément, il manque 235 pharmaciens dans les hôpitaux répondants.
La pénurie se voit partout au Québec, dans les régions comme dans les grands
centres urbains. Les régions les plus touchées sont la Côte-Nord (48 %),
l'Abitibi-Témiscamingue (32 %), le Bas-St-Laurent (30 %), le Nunavik (30 %),
l'Outaouais (26 %), la Gaspésie - Iles de-la-Madeleine (26 %), Montréal (25
%), et le Nord du Québec (25 %).
    La situation atteint un seuil critique dans un nombre significatif
d'établissements où les postes vacants représentent plus du tiers des
effectifs requis. Près de 17 % des établissements répondants (18 sur 109)
opèrent avec un manque d'effectifs de plus de 35 %.
    Le principal problème demeure que les pharmaciens hospitaliers sont sous
payés par rapport aux pharmaciens salariés des pharmacies privées et ce,
malgré une formation universitaire plus longue. Les finissants au baccalauréat
en pharmacie sont encore trop nombreux à tourner le dos à la pratique
hospitalière en raison d'un écart de salaire d'environ 30 % en début de
carrière par rapport au salaire offert en pharmacie privé, sans compter la
complexité des traitements pharmacologiques administrés en milieu hospitalier
qui nécessite une formation complémentaire de deux ans.
    "Bien que pour la première fois depuis près de 10 ans, il y ait un plus
grand intérêt des étudiants pour la maîtrise en pharmacie d'hôpital, nous
sommes encore loin du compte. Soixante-sept bacheliers se sont inscrits au
programme de maîtrise qui vient de débuter. Toutefois, les estimations du
ministère de la Santé indiquent qu'il faudrait recruter 100 nouveaux
pharmaciens cette année et davantage au cours des prochaines années pour
remplacer les pharmaciens qui quittent, répondre à la croissance des besoins
et cela, sans pour autant réduire le nombre actuel de postes non-comblés. Plus
la sévérité de la situation augmente, plus le coup de barre devra être
important", a déclaré le président de l'A.P.E.S., M. Charles Fortier.
    L'A.P.E.S. presse le gouvernement du Québec de mettre en place des
conditions pour établir la rémunération des pharmaciens d'hôpitaux à un niveau
concurrentiel et pour rehausser le nombre d'inscriptions à la maîtrise en
pharmacie hospitalière. Les pharmaciens souhaitent également que la prochaine
ronde de négociations, qui doit débuter en 2010, soit l'occasion d'intégrer à
l'entente de travail des solutions complètes au problème d'attraction de la
relève.

    Bilan des mesures administratives temporaires

    Rappelons qu'en janvier dernier, le ministère de la Santé et des Services
sociaux a donné le feu vert à l'application de mesures administratives
temporaires. Ces mesures, financées à même le budget des établissements de
santé, sont basées sur un accroissement de l'offre de soins et services en
pharmacie en contrepartie de laquelle des primes s'appliquent. En résumé, les
pharmaciens à temps complet qui acceptent de hausser leur nombre d'heures de
travail de 36,25 heures à 40 heures par semaine, et les pharmaciens à temps
partiel qui passent de 7,25 heures à 8 heures de travail par jour, bénéficient
d'une prime variant de 5 % à 10 %. Leur établissement doit toutefois accepter
d'appliquer ces mesures qui sont en vigueur jusqu'au 31 mars 2010.
    "Ces mesures sont un pas dans la bonne direction, mais elles ne sont
appliquées que dans 57 % des établissements de santé au Québec. Ainsi, des
pharmaciens bénéficient des mesures et d'autres pas. Le fait que les
établissements doivent autofinancer ces mesures freine leur mise en place. Le
ministère doit intervenir pour veiller à leur application généralisée. Compte
tenu de la gravité de la pénurie, la non-application de ces mesures devrait
être l'exception", d'expliquer M. Fortier.

    Impacts

    La pénurie contraint les départements de pharmacie à délaisser de plus en
plus des activités cliniques pourtant importantes au sein des différentes
unités de soins, afin de se concentrer sur la validation des ordonnances et la
distribution des médicaments.
    Près des deux tiers des départements de pharmacie répondants (60 %) ont
coupé des soins pharmaceutiques à l'intention des patients hospitalisés aux
différentes unités des établissements de santé. Ces soins comprennent, par
exemple, l'élaboration du profil de consommation de médicaments d'un patient à
son arrivée, la collaboration au choix des médicaments, l'évaluation complète
de la pharmacologie, ainsi que l'initiation et l'ajustement des thérapies
médicamenteuses. Les secteurs les plus touchés par ces coupes sont ceux de la
gériatrie et des soins de longue durée, bien que l'on observe également des
coupes dans des secteurs de soins de courte durée, comme ceux des soins
intensifs et de chirurgie.
    Par ailleurs, près d'un établissement sur 3 (31 %) a dû couper des soins
pharmaceutiques prodigués aux clientèles ambulatoires. Par exemple, des
départements de pharmacie ont mentionné une diminution des soins
pharmaceutiques en clinique de traitement du diabète, d'insuffisance cardiaque
ou rénale.
    Même au chapitre de la distribution des médicaments, le manque de
pharmaciens a entraîné une diminution des services dans un département de
pharmacie sur 4 (25 %). Par exemple, la validation des ordonnances peut-être
retardée (validation des doses, détection des contre-indications et des
interactions médicamenteuses) ainsi que la distribution des médicaments sur
les unités de soins.

    Heures supplémentaires et recours aux services de dépannage

    L'enquête révèle que plus de la moitié des établissements répondants (53
%) ont dû avoir recours à des pharmaciens dépanneurs entre le 1er avril 2008
et le 1er avril 2009 pour assurer les soins et services. Au total, des
pharmaciens dépanneurs ont effectué 7986 jours de travail dans le réseau
durant cette période, comparativement à 4591 l'année précédente, une
progression de 74 %.
    "Une fois de plus, des départements de pharmacie rapportent avoir dû
réaliser de nombreuses heures supplémentaires pour accomplir le travail
nécessaire ou recourir davantage aux pharmaciens dépanneurs, souvent à grands
frais", a déploré M. Fortier.

    A propos de l'A.P.E.S.

    L'A.P.E.S. est un syndicat professionnel incorporé en vertu de la Loi sur
les syndicats professionnels (L.R.Q., chapitre S-40). Elle représente environ
1320 pharmaciens oeuvrant dans quelque 125 établissements publics de santé du
Québec, principalement des centres de santé et de services sociaux - CSSS (qui
regroupent différents centres, tels que centres hospitaliers de soins
généraux, de soins aigus, de soins de longue durée, centres hospitaliers
universitaires ou affiliés, instituts, centres de réadaptation et CLSC).




Renseignements :

Renseignements: France Bouffard, Sphère Communication, (514) 286-2772,
poste 10, cell. (514) 718-4811; Source: Association des pharmaciens des
établissements de santé du Québec (A.P.E.S.)

Profil de l'entreprise

Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES)

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