Par respect pour nos aîné-es : le CHSLD Jacques-Viger doit survivre ! Les syndicats dénoncent la fermeture sauvage d'une ressource indispensable



    MONTREAL, le 9 oct. /CNW Telbec/ - La décision de l'Agence de la santé et
des services sociaux de Montréal de priver la population du centre-ville de
200 lits d'hébergement en CHSLD est totalement inacceptable pour les gens qui
dispensent des soins à une clientèle parmi les plus vulnérables de notre
société.
    Lors d'une conférence de presse, aujourd'hui, les porte-parole de la CSN
et de la FIQ ont conjointement dénoncé la décision de diminuer le nombre de
lits en CHSLD, alors qu'il existe un besoin grandissant d'en créer de
nouveaux. La région de Montréal a perdu plus de 700 lits en CHSLD depuis 1995
et, selon l'Institut de la statistique du Québec, le nombre de personnes âgées
de 80 ans et plus augmentera de 47 % d'ici 2026. En fermant des ressources
dans le secteur public, l'Agence annonce du même coup qu'elle s'en remet à des
entrepreneurs privés, comme COGIR, pour ouvrir 480 places d'hébergement, et
rien n'indique qu'ils offriront la même qualité de soins que ceux dispensés
dans les CHSLD publics.
    Lina Bonamie, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la
santé du Québec - FIQ, croit que la fermeture témoigne de la nature
idéologique du gouvernement Charest. "Transférer des lits dans des ressources
intermédiaires ou les transformer en hébergement à domicile, cela veut dire
qu'on veut sous-traiter les lits du réseau public vers le privé, dit-elle. Le
cas de Jacques-Viger est un exemple concret du désengagement de l'Etat. En
jouant sur la rhétorique, à savoir que ces choix sont le fait d'une volonté
d'humaniser les soins en rapprochant les gens de leur milieu, on tente de
masquer les véritables intentions, soit la libéralisation de la santé."
    Pour Louis Roy, vice-président de la CSN, l'opposition déjà exprimée par
les résidantes et résidants et le milieu communautaire fait ressortir un
consensus qui est en train de s'établir à l'encontre de la volonté
gouvernementale de pousser nos aîné-es vers un système privé où la recherche
du profit l'emporte sur la qualité des soins. "Nous nous joindrons à la
résistance des usagers et des usagères afin de renverser cette décision basée
sur des arguments fallacieux, a dit Louis Roy. La raison avancée par l'Agence
pour justifier cette fermeture - la prétendue vétusté de l'édifice
Jacques-Viger - ne tient pas la route. Il est évident qu'on nous cache la
véritable motivation derrière une fermeture qui n'est probablement pas la
dernière de ce genre", a commenté le vice-président de la CSN.
    Les conséquences de la délocalisation sauvage de gens fragiles, qu'on
observe présentement un peu partout au Québec, sont dramatiques pour la
population affectée, note Denis Tremblay, président du Syndicat du CSSS
Jeanne-Mance - CSN. Le centre Jacques-Viger est situé sur le territoire des
Faubourgs, où le pourcentage de personnes âgées de 65 ans et plus qui vivent
seules est de 55,5 %. "Le redéploiement des 200 résidants ne se fera pas sans
inconvénient majeur, explique Denis Tremblay. Le simple fait de transférer une
personne âgée, d'un étage à un autre dans le même établissement entraîne
souvent, dès le lendemain, une désorientation. Alors, on peut imaginer ce qui
arrivera lorsqu'on en déplacera 200. Fermer Jacques-Viger, c'est un recul que
nous refusons et que nous combattrons."
    Régine Laurent, présidente de l'Alliance interprofessionnelle de Montréal
(AIM-FIQ), est, elle aussi, craintive pour les usagers du centre
Jacques-Viger. "Cette décision est tout simplement insensée et ne peut
qu'entraîner des effets dévastateurs pour la clientèle du CHSLD Jacques-Viger,
prévient-elle. Le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Jeanne-Mance,
dont fait partie Jacques-Viger, dessert un groupe de la population parmi les
plus pauvres de l'île de Montréal. Depuis des années, les résidants ont
développé des liens importants qui leur permettaient de mieux vivre leur
condition pas toujours facile. Où ira maintenant cette clientèle du
centre-ville particulière et démunie ?"




Renseignements :

Renseignements: Lyle Stewart, CSN, (514) 796-2066; Sandra Gagné, FIQ,
(514) 796-5093


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