Pakistan - Zones tribales : un reporter tué, un club de la presse détruit, un journaliste menacé de mort et un autre brièvement kidnappé



    MONTREAL, le 18 févr. /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières est
indignée par l'assassinat, le 18 février 2009, de Mosa Khankhel, l'un des
correspondants de la chaîne Geo News et du journal The News dans la vallée de
Swat. Agé de 28 ans, le reporter a été tué alors qu'il venait couvrir les
suites de l'accord de paix prévoyant l'application de la Charia dans une
partie de la vallée. Le même jour, un attentat a visé le Club de la presse de
Wana, capitale de la zone tribale du Waziristan-Sud. Le bâtiment a été
entièrement détruit. Par ailleurs, un journaliste, dont le cousin également
journaliste a été assassiné, a récemment reçu des menaces de mort très
préoccupantes. Enfin, un reporter de télévision a été brièvement kidnappé par
des hommes qui lui reprochaient d'avoir interviewé un porte-parole des
taliban.
    "Nous exprimons notre entière solidarité avec les journalistes des zones
tribales qui sont une nouvelle fois visés par des attaques et des menaces
venant de groupes extrêmement violents et déterminés. Les professionnels des
médias dans ces régions victimes de la guerre doivent pouvoir également
compter sur le soutien des autorités et de la communauté internationale. Sans
cela, ces régions frontalières avec l'Afghanistan risquent de devenir des
trous noirs de l'information", a affirmé l'organisation.
    Le 18 février dans l'après-midi, Musa Khankhel a été retrouvé décapité,
après avoir été kidnappé quelques heures plus tôt lors d'une "marche pour la
paix" des fidèles du religieux pro-taliban Maulan Sufi Muhammad. Un collègue
de Musa Khankhel a confirmé à Reporters sans frontières que son corps avait
été retrouvé près de Matta où avait lieu ce rassemblement. Personne n'a
revendiqué cet assassinat. L'Union fédérale des journalistes pakistanais a
annoncé une journée de protestation pour le 19 février, alors que son
secrétaire général a affirmé qu'il était "déplorable qu'un journaliste soit la
première victime", alors qu'un accord de paix vient d'être signé entre Maulan
Sufi Muhammad et le gouvernement local.
    Dans la nuit du 17 au 18 février 2009, une dizaine d'inconnus armés et
masqués ont fait exploser plusieurs charges autour du bâtiment du Club de la
presse de Wana. L'édifice de deux étages, construit en 2007 avec des fonds du
gouvernement fédéral, a été complètement détruit.
    Interrogé par Reporters sans frontières, Hafiz Wazir, le président de ce
club de la presse a déclaré : "C'était une attaque contre la liberté de la
presse, mais cela n'empêchera pas les journalistes des zones tribales de
continuer à informer les gens. (...) L'explosion était tellement forte que
toute la population de la ville a été réveillée." Les auteurs de l'attentat
ont demandé aux gardiens de quitter les lieux avant d'activer les charges.
    Le commandant taliban Malang a nié toute implication de ses hommes dans
cet attentat.
    Interrogé par Reporters sans frontières, un membre du Comité de paix, une
organisation mise en place après l'accord de paix entre les taliban et les
tribus locales, a déclaré qu'ils ne "laisseraient pas cet incident impuni". De
son côté, le président de l'Union des journalistes des zones tribales (TUJ),
Sher Khan, a demandé l'arrestation des auteurs de cet attentat et une
meilleure protection des autres clubs de la presse dans les zones tribales.
    Selon les informations de Reporters sans frontières, l'armée occupe
certains clubs de la presse dans des villes où elle mène des opérations contre
les taliban.
    Depuis 2005, date à laquelle deux journalistes de Wana ont été tués dans
une embuscade à l'entrée de la ville, la majorité des professionnels des
médias ont fui cette zone tribale.
    Par ailleurs, Ashfaq Bangash, un journaliste de la chaîne en pachtou
Khyber News, basé dans la région d'Orakzai, cousin des journalistes Aamir
Wakil, assassiné le 24 janvier 2009, et Kamal Asfar, victime d'une tentative
d'assassinat le 1er février 2009, a été la cible de menaces de mort. "Le
dernier appel téléphonique que j'ai reçu m'a annoncé que mon heure est
arrivée. L'un d'eux m'a ordonné de changer de profession et de laisser pousser
ma barbe", a déclaré Ashfaq Bangash à Reporters sans frontières. "Ce qui
m'arrive est dans la continuité des menaces reçues par ma famille, car nous
sommes des journalistes. Ces menaces sont effrayantes. Je ne peux empêcher ces
personnes de me pourchasser. Je demande au gouvernement de protéger ma
famille." D'autres journalistes du district de Hangu (région tribale de
Orakzai), touché par des violences sectaires, ont exprimé leur craintes face à
l'augmentation des menaces.
    Enfin, Noorul Hasan, journaliste de la chaîne de télévision Royal TV à
Peshawar, a été enlevé par des hommes masqués, le 8 février au soir, à
Mingora, dans la vallée de Swat. Il a été libéré le lendemain à Islamabad,
menotté et les yeux bandés. "On m'a enlevé pour me poser des questions sur mon
interview avec le porte-parole des taliban Muslim Khan. On m'a demandé de
donner le lieu où je l'ai interviewé et pourquoi j'interviewais de telles
personnes", a déclaré Noorul Hasan à ses collègues.
    Plusieurs journalistes de Mingora se plaignent de ne bénéficier d'aucune
mesure de sécurité de la part des autorités. Interrogé par Reporters sans
frontières, Mohammad Riaz, président de l'Union des journalistes de Khyber
(KUJ), a exprimé son inquiétude face à la recrudescence des menaces à
l'encontre des journalistes.




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4188, Télécopieur: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

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