Pakistan - A quatre jours des élections, les programmes de la chaîne PTV restent largement favorables à Pervez Musharraf et à ses partisans



    MONTREAL, le 14 fév. /CNW Telbec/ - Entre le 3 et le 12 février 2008,
81 % des sujets politiques (reportages, interviews, analyses, etc.) dans les
quatre principaux bulletins d'informations de la chaîne d'Etat PTV ont été
consacrés au Président, au gouvernement fédéral ou au parti présidentiel
PML (Q). Si l'on observe uniquement les sujets qui traitent des partis
politiques et pas des activités du Président et de son gouvernement, le PML
(Q) bénéficie de 24,3 % du temps d'antenne, contre 6,7 % pour la formation
d'opposition PML (N) et 10,1 % pour le PPP de feue Benazir Bhutto. A lui seul,
le PML (Q) a été évoqué pendant 109 minutes et 38 secondes, tandis que le
total pour l'opposition est tout juste supérieur à 85 minutes pendant cette
même période.
    "Malgré les démentis officiels des autorités et de PTV à la première
série de résultats publiés par Reporters sans frontières, la tendance n'a pas
été inversée. Certes, le PPP et les autres partis d'opposition étaient un peu
plus présents sur la seule chaîne de télévision nationale, mais cela ne permet
en aucun cas d'affirmer que la couverture médiatique est équitable", a affirmé
l'organisation.
    "Nous demandons aux observateurs internationaux d'inclure l'absence
d'équité de PTV dans leurs conclusions sur le déroulement du processus
électoral au Pakistan", a ajouté Reporters sans frontières.
    La répartition du temps d'antenne dans les programmes d'informations
observés entre le 3 et le 12 février est la suivante : 11,8 % pour le chef de
l'Etat, 44,9 % pour le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux,
24,3 % pour le parti présidentiel PML (Q), 6,7 % pour la PML (N) de l'opposant
Nawaz Sharif, 10,1 % pour le PPP, 0,1 % pour les partis nationalistes
(notamment l'ANP), et enfin 2 % pour l'alliance fondamentaliste MMA. La
coalition APDM qui appelle au boycott des élections n'a obtenu aucun temps
d'antenne.
    La couverture accordée à l'ANP, parti nationaliste pachtoune, est
essentiellement due à un attentat-suicide qui a visé l'un de ses meetings, le
10 février.
    Le PPP a profité à partir du 7 février d'une amélioration notable du
temps d'antenne, en raison des cérémonies du Chehlum, organisées quarante
jours après l'assassinat de Benazir Bhutto. Lors de ses reportages, PTV a
inclus des critiques à l'encontre de l'actuelle direction du PPP, notamment de
Mumtaz Bhutto qui a pu dénoncer pendant deux minutes la "politisation de
l'assassinat de Benazir Bhutto". Entre le 7 et le 9 février, le PPP est aussi
bien couvert que le PML (Q), mais le lendemain, l'écart se creuse de nouveau :
le parti présidentiel obtient 13 minutes 20 secondes, tandis que le PPP est à
5 minutes 20 secondes.
    Il faut noter une légère amélioration par rapport à la première période
observée par l'organisation. Le temps d'antenne est passé de 84,9 % à 81 %
pour les partisans du chef de l'Etat.
    Reporters sans frontières a également remarqué que PTV relaie souvent les
critiques émises par les partisans du régime envers l'opposition. En revanche,
l'inverse n'est pas vraie. Ainsi, le 10 février, la chaîne a diffusé les
propos du politicien Chaudhry Perwaiz Elahi qui a prédit que le pays serait
divisé si le PPP arrivait au pouvoir.
    Les autorités ont affirmé que le monitoring de Reporters sans frontières
était "mensonger". Elles affirment que le gouvernement n'a rien à voir avec le
camp présidentiel. Pourtant, tous les observateurs confirment que la majorité
des ministres sont directement ou indirectement des soutiens politiques de
Pervez Musharraf ou du PML (Q). Ainsi le Premier ministre par intérim est
l'ancien président du Sénat, élu sous les couleurs du PML (Q). Et les
ministres de l'Information et de la Coordination interprovinciale sont des
dirigeants importants du parti au pouvoir. Un ministre dans le gouvernement
provincial du Baloutchistan est même candidat aux élections, en violation de
la loi électorale.
    Le 6 février, dans le programme "Khabar Nama", PTV a qualifié de
"fabriqué et faux" le premier communiqué de Reporters sans frontières. Mais
les résultats avaient été déformés. Reporters sans frontières n'a jamais
affirmé que 85 % du temps d'antenne avait été accordé au PML (Q), mais au camp
présidentiel incluant les activités de ce parti, le chef de l'Etat et le
gouvernement.
    Le 11 février, PTV a lancé un nouveau programme "Election hour" qui,
selon la chaîne, "donnera la parole à tous les partis". Mais il est à douter
que cela suffise pour équilibrer la répartition du temps d'antenne avant le
scrutin. Enfin, l'autorité de régulation des médias audiovisuels, PEMRA, a
récemment établi des règles pour les chaînes de télévision privées concernant
la couverture des événements le jour des élections. Aucune estimation ne devra
être diffusée avant que le responsable d'un bureau de vote n'annonce les
résultats officiels.
    Depuis le 28 janvier 2008, Reporters sans frontières réalise un
monitoring de la couverture par la chaîne d'Etat PTV de la campagne des
élections législatives du 18 février prochain.
    http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25433

    www.rsf.org




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Secrétaire générale, Reporters sans
frontières Canada, (514)521-4111, rsfcanada@rsf.org

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