Opération "Plomb durci": le contrôle de l'information est un objectif militaire - Des journalistes palestiniens pris entre les tirs israéliens et les menaces du Hamas



    MONTREAL, le 15 févr. /CNW Telbec/ - "Bien sûr, comparé aux centaines de
victimes, dont de nombreux civils, le bilan des atteintes à la liberté de la
presse durant l'opération "Plomb durci", à Gaza, peut paraître mince. Mais
l'information a été une autre victime de cette guerre. Le verrouillage de la
bande de Gaza, assumé pleinement par les autorités israéliennes, est
inacceptable et inquiétant. Au-delà de ce conflit, le contrôle de
l'information en temps de guerre est devenu un objectif militaire partout dans
le monde. C'est désormais la norme", a indiqué Reporters sans frontières, à
l'occasion de la parution d'un rapport sur les atteintes à la liberté de la
presse lors de l'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza, en
janvier 2009.
    "Le Hamas est également responsable de violations graves de la liberté de
la presse. Contrairement à ce que disent ses dirigeants, les journalistes ne
sont pas libres de critiquer le mouvement islamiste, de relayer les positions
des autres factions ou, tout simplement, d'énoncer des opinions divergentes.
La plupart des journalistes rencontrés par Reporters sans frontières à Gaza
partagent ce point de vue, mais aucun ne peut l'exprimer publiquement, tant le
risque de représailles est important", a souligné l'organisation, qui recense
28 journalistes arrêtés par les forces du Hamas depuis sa prise de contrôle de
Gaza en juin 2007 en raison de leurs opinions politiques.
    Reporters sans frontières s'est rendue en Israel et dans la bande de
Gaza, fin janvier, pour dresser un bilan des violations de la liberté de la
presse commises pendant le conflit. Après avoir enquêté sur place, Reporters
sans frontières estime ainsi à six le nombre de journalistes tués, dont deux
dans l'exercice de leurs fonctions. Le nombre de blessés s'élève à une
quinzaine. Et au moins trois bâtiments abritant des médias ont été touchés par
des tirs israéliens.
    Dans son rapport, Reporters sans frontières condamne fermement toutes les
attaques portées par l'armée israélienne contre des bâtiments abritant des
médias palestiniens ou étrangers et demande à l'armée et au gouvernement
israéliens de fournir rapidement des explications détaillées sur les frappes
qui ont touché ces infrastructures.
    "Les Nations unies doivent exiger de prendre part à ces investigations.
    Des organisations non gouvernementales doivent également y être
associées. Reporters sans frontières exprime, d'ores et déjà, son souhait d'y
contribuer en toute indépendance. Dans le passé, d'autres enquêtes menées par
l'armée israélienne sur la mort de journalistes ou le bombardement de médias
ont abouti à des résultats très criticables, exonérant au passage les soldats
de toute responsabilité", écrit l'organisation en conclusion de son rapport.
Reporters sans frontières estime que depuis le déclenchement de la seconde
Intifada en septembre 2000 le nombre de journalistes tués s'élève à 7 et à
plus de 100 le nombre de blessés.
    Concernant la fermeture de la bande de Gaza à la presse, Reporters sans
frontières maintient que cette décision a constitué une violation grave et
inacceptable de la liberté de la presse. Là encore, l'organisation encourage
fortement les Nations unies à adopter une résolution demandant instamment à
Israel de ne plus employer, à l'avenir, de telles méthodes coercitives de
contrôle sur l'information.
    L'organisation se propose de mettre en place, avec l'accord des autorités
israéliennes, le convoyage de matériel de presse vers la bande de Gaza.
Aujourd'hui, ce matériel fait cruellement défaut : les caméras, les cassettes,
les appareils photo, les bancs de montage, les générateurs ont été endommagés
ou détruits. Or, Israel contrôle l'ensemble des biens qui pénètrent dans la
bande de Gaza. Reporters sans frontières appelle l'Etat d'Israel à faire
preuve de discernement dans son contrôle des équipements entrant dans la bande
de Gaza. Le matériel indispensable à la presse devrait bénéficier des mêmes
conditions de traitement que les biens humanitaires.
    Téléchargez le rapport " Opération "Plomb durci" : le contrôle de
l'information est un objectif militaire":
    http://www.rsf.org/article.php3?id_article=30309




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières Canada, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4188; www.rsfcanada.org

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