Nouvelle stratégie de transfusion pour les enfants hospitalisés aux soins intensifs



    MONTREAL, le 19 avril /CNW Telbec/ - Dans son édition du 19 avril 2007,
The NEW ENGLAND JOURNAL of MEDICINE publie un article présentant les résultats
d'un essai clinique randomisé multicentrique sur les stratégies de transfusion
pour les enfants hospitalisés aux soins intensifs pédiatriques. Cette étude,
pilotée par le Dr Jacques Lacroix, intensiviste, chercheur au CHU
Sainte-Justine et professeur titulaire au département de pédiatrie de
l'Université de Montréal, a été réalisée auprès de 637 enfants hospitalisés
dans 19 unités de soins intensifs au Canada, en Angleterre, en Belgique et aux
Etats-Unis.

    Déterminer les besoins de transfusion chez les enfants

    Avant la réalisation de cette étude, appelée TRIPICU (Transfusion
Requirements for Patients in Pediatric Intensive Care Units), les spécialistes
des soins intensifs ne disposaient d'aucune donnée précise permettant de les
guider dans la prise de décision de transfuser un enfant présentant un état
critique. En effet, jusqu'à ce jour, le seuil d'hémoglobine optimal pour la
transfusion de culots globulaires chez les enfants hospitalisés en soins
intensifs demeurait inconnu.
    Une étude préalable réalisée chez des patients adultes suggérait qu'une
stratégie transfusionnelle restrictive pourrait assurer une meilleure
évolution qu'une stratégie libérale. Toutefois, cette étude avait été réalisée
avant l'instauration de nouvelles pratiques impliquant l'enlèvement des
leucocytes des culots globulaires avant l'entreposage.
    L'hypothèse retenue par le Dr Lacroix était qu'une stratégie restrictive
de transfusion serait aussi sécuritaire qu'une stratégie libérale chez des
enfants présentant un état critique mais qui étaient stabilisés. Les
responsables de l'étude ont donc enrôlé 637 enfants dont la concentration en
hémoglobine était en-dessous de 9,5g d'hémoglobine par décilitre (dl) durant
les 7 jours après leur admission aux soins intensifs. De ce nombre, 320 ont
été randomisés à l'intérieur d'un groupe dont le seuil transfusionnel était de
7g/dl (groupe de stratégie restrictive) et 317 à l'intérieur d'un groupe dont
le seuil était de 9,5g/dl (groupe de stratégie libérale). En moyenne, les taux
d'hémoglobine ont été maintenus 2,1 + - 0,2 g/dl plus bas dans le groupe
restrictif durant toute la durée de l'étude. Seuls des culots globulaires dans
lesquels les leucocytes avaient été enlevés avant l'entreposage ont été
utilisés.
    Dans le groupe de stratégie restrictive, les enfants ont reçu 44% moins
de transfusions que dans le groupe libéral. En fait, 174 des enfants du groupe
de stratégie restrictive n'ont reçu aucune transfusion comparativement à
7 patients dans le groupe de stratégie libérale. Le développement ou la
progression d'une défaillance de plusieurs organes est apparu chez 38 patients
dans le groupe restrictif et 39 patients dans le groupe libéral, soit 12% pour
chacun des groupes. Il y a eu 14 décès dans chaque groupe au cours des
28 jours suivant la randomisation. De plus, aucune différence n'a pu être
notée pour toutes les autres issues analysées lors de cette étude, incluant
les effets adverses.
    Le Dr Lacroix et son équipe ont pu ainsi démontrer qu'un seuil
transfusionnel de 7g/dl permet de diminuer le besoin de transfusion chez les
enfants présentant un état critique mais stable et cela sans augmenter les
possibilités d'effets adverses. Ces nouvelles données constituent les
premières évidences qui démontrent que l'on peut tolérer une anémie plus
importante chez certains patients stabilisés en soins intensifs pédiatriques
sans craindre une aggravation de leur état. De plus, ces résultats permettent
une utilisation plus rationnelle des culots globulaires et contribuent à
diminuer l'utilisation et donc l'exposition à des produits sanguins chez les
enfants en soins intensifs.
    Pour le Dr Jacques Lacroix "Les résultats de cette étude permettent
d'anticiper des modifications importantes des pratiques transfusionnelles
utilisées chez les enfants hospitalisés en soins intensifs pédiatriques et
présentant un état stable. Conformément au principe fondamental qui est à la
base de toute décision thérapeutique, cette étude permettra d'abord et avant
tout de ne pas nuire en transfusant inutilement et d'assurer une amélioration
des soins à des enfants hospitalisés aux soins intensifs."
    Ces travaux ont été réalisés grâce à des fonds des Instituts de recherche
en santé du Canada et du Fonds de la recherche en santé du Québec.

    A propos du CHU Sainte-Justine

    Le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine est le plus grand
centre mère-enfant au Canada. Il compte 450 lits, enregistre 19 000 admissions
annuellement et accueille 260 000 patients en clinique externe. Plus de
4 000 employés composent ses effectifs. Il est l'un des quatre plus importants
centres pédiatriques en Amérique. Le CHU Sainte-Justine est de loin le plus
grand centre de formation en pédiatrie au Québec et un leader au Canada. Il
accueille chaque année environ 4 000 étudiants. Le Centre de recherche de
Sainte-Justine reçoit annuellement près de 25 M $ en subventions. Le
rayonnement international du CHU Sainte Justine et de son centre de recherche
est considérable. Le CHU Sainte-Justine célébre son centenaire en 2007.




Renseignements :

Renseignements: Nicole Saint-Pierre, (514) 345-4931 poste 2555; Source:
CHU Sainte-Justine

Profil de l'entreprise

Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine

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