"Nous allons droit vers une impasse !"



    LONGUEUIL, QC, le 8 nov. /CNW Telbec/ - Voici le cri du coeur que lance
M. Christian Overbeek, président de la Fédération des producteurs de cultures
commerciales du Québec (FPCCQ), dans le débat actuel autour du phénomène des
biocarburants. Les producteurs de grains du Québec sentent en effet une
pression qui devient insupportable depuis quelques mois, alors qu'ils prennent
acte d'une série d'exigences de la société qui, en plus d'être difficilement
conciliables, risquent de les mener droit vers une impasse.
    M. Overbeek, comme tous les producteurs de grain québécois, se préoccupe
que "l'on nous dit d'une part que l'on ne veut plus de la filière des
biocarburants produits à partir des grains et, d'autre part, qu'il nous faut
obtenir une plus grande partie de nos revenus du marché pour moins recourir au
soutien de l'Etat. Il nous faudrait donc renoncer à des opportunités qui
atténueraient certains risques de marché et, à la fois, aux programmes
gouvernementaux qui oeuvrent aussi à la gestion des risques agricoles. Quelle
solution reste-t-il donc?"
    La FPCCQ appréhende qu'une panique médiatique mène actuellement les
citoyens à croire que le prix des grains aurait explosé à des niveaux
inacceptables et qu'il aurait entraîné une inflation galopante. "Comment
peut-on soutenir un tel point de vue alors que les producteurs de grains
vendent actuellement leurs produits à des prix équivalant à 75 % du coût de
production, ajoute M. Overbeek ? Soyons réalistes et honnêtes, le prix des
grains est encore trop bas et il en est de même pour une foule de produits
agricoles !" En ce qui concerne le risque appréhendé, et exagéré, d'une
pénurie éventuelle d'aliments, la FPCCQ est d'avis que si la population
mondiale donne réellement préséance à l'alimentation plutôt qu'à l'utilisation
inutile de l'énergie, alors elle n'aura pas à s'inquiéter de manquer de
denrées alimentaires.
    Dans le débat autour des risques d'inflation des prix des aliments
induits pas la hausse du prix des grains, on omet trop souvent de souligner la
part du prix de détail revenant réellement au producteur. Par exemple, s'il
est vrai que le prix payé au producteur de blé a augmenté de 50 % en deux ans,
cela n'aura eu un impact que de 0,05 $ à 0,07 $ sur le prix de détail d'un
pain à l'épicerie. "Ne vaut-il pas la peine de payer quelques sous de plus
pour un pain et enlever ainsi une pression énorme sur nos programmes
d'assurance stabilisation des revenus agricoles qui sont menacés par les
subventions internationales", questionne M. Overbeek ? Par ailleurs, à l'égard
de l'impact pour les pays en voie de développement, l'Organisation pour
l'agriculture et l'alimentation des Nations Unies (FAO) nous apporte un
éclairage des plus intéressants. Dans un rapport sur les marchés mondiaux des
produits alimentaires publié en 2004, la FAO souligne que les bas prix des
denrées alimentaires affectent en tout premier lieu les populations rurales
des pays en voie de développement qui sont tributaires de l'agriculture.(1)
    Pour la FPCCQ, nous faisons maintenant face au portrait général suivant.
Les producteurs ont de plus en plus le sentiment qu'ils seront dorénavant
contraints de commercialiser leurs grains dans des sections de marché bien
circonscrites, en renonçant à plusieurs des technologies accessibles à leurs
compétiteurs, mais dans une conjoncture de prix mondial affaissé par les
grasses subventions octroyées à leurs concurrents américains et européens.
Autrement dit, on semble vouloir apporter une solution locale à une
problématique mondiale. "Dans ce contexte, le producteur de grain du Québec ne
tiendra pas longtemps et nos concitoyens doivent savoir qu'il faudra plutôt
envisager d'importer les grains nécessaires à la chaîne agroalimentaire
québécoise, souligne M. Overbeek. On trouvera peut-être alors que ces
importations massives coûtent cependant bien cher à notre souveraineté
alimentaire et à la sauvegarde de notre patrimoine agricole, comme en matière
de production de gaz à effet de serre."
    Ce portrait d'ensemble reflète d'ailleurs les choix s'imposant à la
société québécoise que la FPCCQ a récemment exposé à la Commission sur
l'avenir de l'agriculture et l'agroalimentaire du Québec (CAAAQ). M. Overbeek
conclut d'ailleurs en rappelant que "le mémoire que la FPCCQ a déposé à la
CAAAQ lançait ce même appel à l'aide à nos concitoyens pour jeter les premiers
jalons d'un nouveau modèle agricole. Ce nouveau modèle doit se bâtir à partir
de certains des constats énumérés précédemment et reconnaître que tous ne
pourront pas maximiser leurs bénéfices économiques, sociaux et
environnementaux."

    La FPCCQ regroupe onze syndicats affiliés répartis dans toutes les
régions du Québec. Elle compte près de 11 000 membres qui cultivent,
principalement pour la commercialisation, plus de 900 000 hectares de
cultures. Ces cultures comptent essentiellement l'avoine, le blé, le canola,
le mais, l'orge et le soya. La FPCCQ est une fédération affiliée à l'Union des
producteurs agricoles.

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    (1) La situation des marchés des produits agricoles. FAO. 2004. 56 pages.




Renseignements :

Renseignements: M. Luc Belzile, agronome, Conseiller, recherche et
communication, (450) 679-0540, poste 8412, Cellulaire: (514) 702-1005,
lbelzile@fpccq.qc.ca

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FEDERATION DES PRODUCTEURS DE CULTURES COMMERCIALES DU QUEBEC (FPCCQ)

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