Notes d'allocution de l'honorable Catherine McKenna, ministre de l'Environnement et du Changement climatique

Toronto Region Board of Trade

 L'Allocution prononcée fait foi

TORONTO, le 25 nov. 2016 /CNW/ -

[Introduction]

Je tiens tout d'abord à souligner que les terres sur lesquelles nous sommes aujourd'hui font partie du territoire traditionnel des Haudenosaunee (HO - Dehn-Oh-show-knee), des Métis et des Mississaugas de la Première Nation de New Credit.

Les peuples autochtones sont les premiers protecteurs de notre eau, de notre air et de nos terres, et nous devons collaborer avec eux pour protéger notre environnement.

Merci à tous et à toutes de votre chaleureux accueil. Je suis heureuse d'être de retour. La Chambre de commerce est depuis longtemps un pilier du milieu des affaires canadien et une pierre angulaire du succès de cette belle ville.  

Notre monde a bien changé depuis la création de la Chambre de commerce dans les années 1850, dans les rues poussiéreuses de Toronto. 

  • Premièrement, notre espérance de vie est d'en moyenne 40 ans plus élevée qu'elle ne l'était en 1850.
  • Pour traverser le pays, il nous faut seulement quelques heures plutôt que des semaines ou des mois. 
  • Et aujourd'hui, nous pouvons transporter toutes les bibliothèques du monde au creux de notre main.

Si vous voulez mon avis, nous avons plutôt bien réussi. Ensemble, nous avons surmonté de nombreuses difficultés - de la guerre à la récession, en passant par la maladie.

Ici, au Canada, notre curiosité, notre intelligence et notre détermination nous ont permis de créer des villes prospères et nous ont menés à des innovations que nos ancêtres n'auraient pu croire possibles.

Toutefois, aujourd'hui, après tant de progrès, nous nous retrouvons confrontés à un enjeu urgent. Un enjeu qui changera le cours de notre avenir si nous n'agissons pas dès maintenant- et qui aura une incidence sur la façon et l'endroit où nous vivons, sur notre qualité de vie et sur notre prospérité collective.

Plus tôt ce mois-ci, les Nations Unies ont publié un rapport. Il y est dit que 2016 est l'année la plus chaude jamais enregistrée. Avant cela, c'était 2015 qui avait été l'année la plus chaude. Et avant cela, c'était 2014. 

De mois en mois, d'année en année et de décennie en décennie, nous sommes témoins de preuves scientifiques accablantes que notre climat change - ainsi que des répercussions profondes de ces changements sur notre monde. Et le Canada n'est certainement pas à l'abri de ces changements.

  • En Alberta et dans l'Ouest, nous observons des feux de forêt d'une superficie et d'une durée sans précédent.
  • Nous subissons des sécheresses dans les Prairies et des inondations dans les provinces de l'Atlantique.
  • Le long de la côte de l'Île-du-Prince-Édouard, nous sommes témoins d'une érosion qui gruge littéralement la province.
  • Et dans l'Arctique, où l'augmentation des températures est deux fois plus importante que la moyenne mondiale, la couverture de glace s'amincit rapidement, mettant en péril des vies et des traditions.

Les répercussions des changements climatiques s'accompagnent d'un coût financier très élevé. Les demandes d'indemnisation au Canada associées aux phénomènes météorologiques violents totalisaient 373 millions de dollars par année de 1983 à 2004. Ce montant a triplé pour atteindre 1,2 milliard de dollars par année au cours de la dernière décennie.

Au pays et à l'étranger, les répercussions des changements climatiques causent des dommages irréversibles.

Il y a seulement quelques jours, j'étais à la conférence sur les changements climatiques des Nations Unies, à Marrakech, au Maroc. Là bas, j'ai écouté le ministre de l'Environnement des Îles Marshall nous parler d'un avenir incertain. Il nous a dit qu'une augmentation de seulement deux degrés de la température moyenne à l'échelle planétaire serait suffisante pour que l'océan engloutisse son pays.

Un dirigeant inuit canadien assis à côté de moi lui a répondu tristement :

« Alors la fonte de ma terre natale signifie la fin de votre terre natale ».

Ce moment a été marquant et nous a rappelé que la dure réalité des changements climatiques est palpable ici aussi : elle modifie déjà la façon de vivre des gens à l'échelle mondiale.

L'an passé seulement des représentants du Pentagone ont publié un rapport soulignant que les changements climatiques représentent une menace considérable pour la sécurité nationale. Partout dans le monde, les changements climatiques exacerberont certains problèmes comme la pauvreté, la dégradation de l'environnement et l'instabilité politique.

Nous sommes la première génération à ressentir les répercussions des changements climatiques. Et nous seront la dernière génération à pouvoir y mettre fin.

[Débouchées internationales]

Je ne suis toutefois pas venue ici pour vous parler uniquement des dangers auxquels nous sommes confrontés - bien que ces dangers sont réels et imminents. 

Je suis ici parce que ce défi mondial de notre époque s'accompagne aussi de possibilités - la possibilité d'assurer un avenir plus durable et prospère pour notre planète, nos enfants et nos petits-enfants.

À Paris l'an passé, 195 pays ont convenu d'instaurer l'Accord de Paris historique. Pour la première fois, ces pays se sont unis et ont convenu qu'il était nécessaire de réduire la pollution par le carbone et de maintenir les températures au deçà du seuil de 2 degré Celsius. Je suis très fière de la délégation canadienne, y compris le premier ministre, les ministres, les dirigeants autochtones, les entreprises, les environnementalistes, les dirigeants syndicaux et des jeunes de partout au pays. Nous sommes unis pour répondre aux besoins en matière de lutte contre les changements climatiques.

La semaine dernière au Maroc, les gouvernements du monde ont renforcé notre engagement ferme d'aller de l'avant. Toutefois, notre engagement à lutter contre les changements climatiques s'étend plus loin que les gouvernements nationaux.

Ce qui m'a le plus frappée à Marrakech était la présence de grandes institutions financières comme BlackRock et Goldman Sachs et des milliers d'autres entreprises. Ces entreprises comprennent les possibilités qui s'offriraient à nous grâce à ce virage historique vers une économie sobre en carbone.

Il est évident que l'Accord de Paris a envoyé un message clair aux marchés mondiaux. Le 21e siècle sera celui de la croissance propre.

Des entreprises canadiennes, comme Suncor, Transcanada, Enbridge, Atco et Transalta reconnaissent les occasions qu'offre une économie sobre en carbone.

Selon elles, la COP22 représente une occasion importante pour le Canada de faire preuve de leadership et de prendre part à la discussion mondiale sur la réduction des émissions et la protection de l'environnement, tout en améliorant sa compétitivité et son accès aux marchés mondiaux.

[Transition]

J'ai rapidement appris dans ce travail que l'enjeu des changements climatiques suscite de fortes émotions et opinions.

Certaines personnes souhaitent que le passage des combustibles fossiles aux biocombustibles se fasse du jour au lendemain, et le gouvernement ne pourra jamais agir assez rapidement.

D'autre prétendent que nous pouvons continuer à utiliser les combustibles fossiles jusqu'à ce qu'il n'en reste plus. Selon eux, les changements climatiques sont erronés.

[Vous n'avez qu'à consulter mon compte Twitter pour voir ces débats.]

Toutefois, j'ai appris que la majorité des Canadiens comprennent que le Canada et le reste du monde effectuent une transition vers des formes d'énergie propre.

Ils comprennent que la transition ne se fera pas du jour au lendemain.

Ils comprennent que le pétrole et le gaz naturel sont des ponts indispensables vers une économie sobre en carbone.

Ils veulent également s'assurer que leur famille et tous les Canadiens profitent de cette transition.

C'est pourquoi ils soutiennent l'action climatique pragmatique, flexible et intelligente que met en place notre gouvernement.

La transition vers un avenir plus propre est déjà en cours. Et elle ne contribue pas seulement à réduire la pollution par le carbone - elle favorise d'incroyables avancées scientifiques, crée les emplois de l'avenir et est à l'origine d'une révolution énergétique.

Cet été, ici à Toronto, j'ai eu une conversation avec le gouverneur de la Banque d'Angleterre, qui représente l'une des meilleures exportations du Canada. Il nous a rappelé que l'économie axée sur une croissance propre représente un marché futur se chiffrant en billions de dollars.

Pensez aux progrès dont nous avons été témoins au cours de la dernière année uniquement :

  • Près d'un tiers de billion de dollars a été investi dans l'énergie renouvelable à l'échelle internationale, soit près du double du montant investi dans les combustibles fossiles. 
  • L'électricité solaire s'est vendue au prix le plus bas jamais enregistré, au Chili, où son prix de vente est la moitié de celui de l'électricité issue du charbon. 
  • Le Costa Rica a battu le record du pays ayant utilisé uniquement de l'électricité renouvelable durant la plus longue période. Pendant 113 jours, l'alimentation provenait de sources hydroélectriques, solaires, éoliennes et d'autres sources renouvelables.
  • Depuis 2000, la production d'électricité solaire à l'échelle mondiale a doublé à sept reprises - et la production d'électricité éolienne a doublé à quatre reprises au cours de la même période.

La transition gagne en popularité. D'autres pays se positionnent comme chefs de file mondiaux en cette ère de croissance propre. La lutte contre les changements climatiques constitue désormais un avantage concurrentiel évident à l'échelle des entreprises, des collectivités et des nations.

La Chine, le plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde, effectue des changements générationnels dans sa façon d'acquérir et d'utiliser l'énergie.

Il y a seulement quelques semaines, la Chine a annoncé qu'elle prévoyait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 18 pour cent au cours des quatre prochaines années et plafonner ses émissions provenant du charbon d'ici 2020.

De plus, l'an prochain, la Chine fixera un prix sur la pollution par le carbone lorsqu'elle introduira un système de plafonnement et d'échange dans des industries importantes, notamment celles des secteurs de la production d'électrique, du fer et de l'acier, des produits chimiques et des matériaux de construction. Ce sera le plus grand marché du carbone au monde. Cela changera complètement la donne.

Les investissements dont la Chine aura besoin dans le secteur des technologies propres et de l'énergie renouvelable pour réaliser son plan sont considérables. Il s'agit d'une énorme occasion pour les entreprises canadiennes.

Voilà pourquoi, le mois prochain, je dirigerai une mission sur les technologies propres en Chine afin d'approfondir nos liens en matière d'énergie propre et d'aider les entreprises canadiennes à tirer parti des nouvelles possibilités.

Si nous prenons les bonnes décisions, si nous choisissons les bonnes politiques et les bons investissements, nous pourrons augmenter considérablement notre part du marché mondial des technologies propres.

Le Canada compte déjà plus de 750 entreprises de technologies propres. Bon nombre d'entre elles sont de petites ou moyennes entreprises. Cependant, plusieurs évolueront pour devenir de grandes puissances et des employeurs importants. Déjà, cette industrie emploie plus de Canadiens que les industries forestière, pharmaceutique ou des instruments médicaux.*

Prenons SkyPower Global, une entreprise de Toronto qui produit de l'énergie solaire dans plus de 30 pays partout dans le monde. Elle a de nouveaux projets qui pourraient alimenter des dizaines de millions de foyers.

Les entreprises comme SkyPower sont conscientes d'une vérité sur laquelle a récemment insisté le secrétaire d'État américain. D'après John Kerry : « L'énergie propre est non seulement la solution aux changements climatiques, mais aussi la meilleure occasion d'affaires que le monde ait connu ».

Nous savons que la transition vers une énergie propre est en train de se produire. C'est inévitable.

La proposition est donc claire : nous pouvons agir maintenant et tirer parti de cette occasion mondiale, ou nous résigner à être laissés pour compte.

Et je peux vous dire où se situent la plupart des Canadiens à ce sujet : ils pressent leurs gouvernements d'en faire davantage.

Selon un sondage récent, 82 pour cent des Canadiens souhaitent que le gouvernement fédéral appuie les provinces dans leurs efforts pour favoriser l'utilisation de l'électricité renouvelable.

Il y a quelques jours seulement, 60 dirigeants d'entreprises canadiennes, membres de l'initiative IntelliProspérité, ont écrit au premier ministre pour réclamer de poursuivre la lutte contre les changements climatiques. Ils ont indiqué :

« Les entreprises de technologies propres peuvent profiter d'un marché mondial en pleine effervescence qui devrait dépasser les deux mille milliards de dollars par année d'ici 2020, tandis que les entreprises manufacturières et du secteur des ressources peuvent gagner du terrain sur le plan de la concurrence en accentuant leur rendement en matière d'environnement et en utilisant l'énergie et les ressources de façon plus efficace. »

Tandis que nos entreprises du secteur de l'énergie propre connaissent un succès à l'échelle internationale, ce secteur prend de l'ampleur à l'échelle nationale.

Au Canada, de 2006 à 2014, cinq fois plus d'électricité a été produite à partir de l'énergie éolienne et solaire. Au cours des cinq dernières années uniquement, plus de 45 milliards de dollars ont été versés pour élaborer des projets d'énergie renouvelable partout au pays.

Chaque année, le secteur de l'énergie propre du Canada s'établit davantage et attire un nombre croissant d'investissements.

À Burnaby, en Colombie‑Britannique, General Fusion s'affaire à établir un processus qui permettrait de libérer le potentiel énergétique de la fusion. À Calgary, Carbon Engineering a créé une technologie innovatrice pour capturer le carbone dans l'air et produire des combustibles.

J'ai récemment visité une usine à Winnipeg où sont fabriqués des autobus électriques. Ces autobus sont incroyables. Ils fonctionnent bien, sont silencieux et ne produisent aucune émission. En outre, l'entreprise, qui s'appelle New Flyer, crée de bons emplois pour la classe moyenne. De nos jours, on peut voir des autobus et des véhicules électriques sillonner les routes du pays, et nous en verrons de plus en plus.

De nombreuses collectivités du Nord font également la transition à une énergie renouvelable et mettent de côté la combustion du carburant diesel pour générer de l'électricité.

Selon les données recueillies dans le cadre du projet de recherche sur l'énergie renouvelable dans les collectivités autochtones, il existe plus de 300 projets autochtones d'énergie propre dans plus de 190 collectivités au Canada.

La Première Nation des Dénés a installé, sur les rives du Grand lac des Esclaves, 144 panneaux solaires. Elle produit maintenant de l'électricité qu'elle revend aux services publics. On estime que son système permettra d'éliminer jusqu'à 11 000 litres de carburants diesel par année. Voilà un exemple de réussite local parmi tant d'autres au pays.

La transition vers le siècle de l'énergie propre est irréversible. Comme mon ami le secrétaire américain de l'Énergie le dit si bien au sujet de cette transition vers l'énergie propre : on n'arrête pas la vague de déferler sur la plage.

J'aimerais également ajouter que nous devons tout mettre en œuvre pour que le Canada soit dans la meilleure position possible pour recevoir cette vague.

[Un plan fabriqué au Canada]

Et c'est exactement ce que nous allons faire. Depuis son élection, l'an passé, notre gouvernement a fait des changements climatiques sa priorité.

En seulement une année, j'ai fait de grand progrès tant à l'étranger qu'au pays.

Si jamais vous vous trouvez à mes côtés lors d'un dîner, je pourrai vous faire une description en 90 minutes de nos réalisations, qui comprend même des photos vraiment fascinantes de panneaux solaires prises avec mon téléphone.

Cependant, afin de veiller à la bonne marche de notre économie et de vous permettre de retourner à votre travail, je m'en tiendrai à la vue d'ensemble.

Laissez-moi d'abord vous parler de nos réalisations internationales. Ensemble, ces mesures envoient un signal aux marchés mondiaux que les gouvernements font la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

  • Nous avons négocié, signé et ratifié l'Accord de Paris, un accord historique, qui ouvre la voie à une économie mondiale à faibles émissions de carbone.
  • Nous nous sommes engagés à doubler nos investissements dans les innovations propres dans le cadre de Mission Innovation, une initiative mondiale au titre de laquelle les gouvernements se sont engagés à doubler leurs investissements dans la recherche et le développement transformateurs d'énergies propres.
  • Nous avons aidé à la négociation d'un accord international visant à réduire la concentration d'hydrofluorocarbones (ou HFC) utilisés dans les réfrigérateurs et les climatiseurs. Ces gaz à effet de serre dévastateurs sont des milliers de fois plus puissants que le dioxyde de carbone.
  • Nous nous sommes joints à 66 autres pays pour plafonner les émissions provenant du secteur de l'aviation, ce qui aidera à réduire les émissions et favorisera l'innovation dans ce secteur.
  • Lors du Sommet des leaders nord-américains, nous nous sommes engagés avec les États‑Unis et le Mexique à réduire les émissions de méthane provenant du secteur pétrolier et gazier, une des plus importantes sources de méthane au monde, de 40 à 45 pour cent d'ici 2025.

Ces partenariats mondiaux sont importants. Lorsque nous travaillons de concert avec d'autres pays, nous renforçons notre capacité de résoudre des problèmes qu'aucun pays ne peut résoudre seul.

Toutefois, nous devons d'abord mettre de l'ordre dans notre propre pays.

Le premier ministre a clairement indiqué que le Canada sera l'un des chefs de file de la lutte contre les changements climatiques, et ce, afin de protéger notre environnement et de renforcer notre économie. Parce que les deux vont de pair.

Nous n'avons pas perdu de temps avant de prendre le pouls des Canadiens. Nos députés ont tenu près d'une centaine d'assemblées spéciales partout au pays auprès de milliers de participants. Nous avons entendu ce qu'avaient à dire les Canadiens, jeunes et moins jeunes, les entreprises, les organisations syndicales, les scientifiques, les environnementalistes et les Autochtones. Et des milliers d'autres personnes ont pris le temps de participer à nos séances de consultation en ligne.

Le premier ministre a rencontré les premiers ministres provinciaux et territoriaux pour faire avancer notre plan de lutte contre les changements climatiques. Et j'ai passé la dernière année à faire le tour du pays pour rencontrer mes homologues, afin de comprendre les possibilités et les défis que représente la lutte contre les changements climatiques pour chaque province et territoire.

Nous avons également discuté avec les entreprises de partout au pays, dans le cadre de tables rondes et de groupes de travail dans des secteurs précis, de l'énergie aux transports, en passant par le secteur du bâtiment. En outre, les groupes de travail ont produit des documents, qui sont aujourd'hui affichés sur notre site Internet. Ces documents décrivent comment, tous ensemble, les provinces, les territoires et les communautés autochtones travailleront à mettre en place une économie à faibles émissions de carbone qui réduit les émissions, stimule l'innovation et fait croître l'économie.

J'aimerais remercier personnellement tous les Canadiennes et Canadiens, de même que toutes les entreprises et organisations canadiennes, qui ont participé cette année. Nous avons besoin de vos solutions aux changements climatiques et des mesures que vous prenez pour lutter contre ce problème.

Nous vous avons écouté; il est maintenant temps de passer à l'action. Et nous avons fait plusieurs annonces qui illustrent bien notre approche pragmatique, qui offre aux provinces et aux territoires une certaine souplesse pour élaborer des solutions qui leur conviennent. Tout cela sans perdre de vue notre priorité, qui consiste à veiller à ce que les entreprises canadiennes demeurent concurrentielles.

Comme je l'ai indiqué plus tôt, les signaux du marché sont essentiels pour offrir aux entreprises la certitude que nous sommes sérieux dans notre transition vers un avenir à faibles émissions de carbone.

Voilà pourquoi nous avons élaboré un plan pour la tarification de la pollution au carbone au Canada. Déjà, 80 pour cent des Canadiens vivent dans une province qui a fixé un prix sur la pollution; et d'ici 2018, l'ensemble des provinces et des territoires auront placé un prix sur la pollution, et ce prix augmentera au fil des années.

Nous étions très heureux que la Nouvelle-Écosse et le Manitoba annoncent cette semaine qu'ils élaboreront leur propre plan de tarification de la pollution, qui sera harmonisé avec l'approche fédérale. Plus de 30 grandes entreprises canadiennes (issues aussi bien du secteur de l'énergie que de celui des biens de consommation, de même que les cinq grandes banques canadiennes) ont signé la coalition en matière de tarification du carbone de la Banque mondiale. Ces entreprises ont convenu que la tarification de la pollution constitue le moyen le plus efficace de réduire les émissions, de favoriser l'innovation et d'encourager l'efficacité énergétique au Canada.

Et notre gouvernement continuera de travailler avec les provinces et les entreprises pour s'assurer que les entreprises canadiennes demeurent concurrentielles sur le marché mondial et pour créer des emplois ici au pays.

Toutefois, nous devons envoyer d'autres signaux aux marchés. Voilà pourquoi le Canada s'est engagé à réduire progressivement les subventions accordées au secteur des combustibles fossiles. C'est également pourquoi nous avons hâte de prendre connaissance du rapport qui sera prochainement déposé par le groupe de travail sur la divulgation accrue de renseignements sur les risques financiers liés au climat, mis sur pied par le Conseil de stabilité financière et dirigé par Michael Bloomberg et Mark Carney. L'élaboration de lignes directrices sur la divulgation uniforme de renseignements sur les risques financiers liés au climat à l'intention des entreprises accroît la transparence pour les investisseurs, ce qui rend les marchés plus efficaces et les économies plus résilientes aux risques climatiques.

Un autre exemple de mesure importante prise par notre gouvernement pour s'attaquer aux changements climatiques est l'élimination progressive du charbon de notre parc électrique. Nous venons d'annoncer cette semaine que nous voulons que 90 pour cent de notre électricité provienne de sources d'énergie propre d'ici 2030. En plus de réduire grandement les émissions de gaz à effet de serre (soit l'équivalent de retirer 1,3 million de véhicules de nos routes), cette mesure préviendra plus de 1 000 décès prématurés et nous permettra d'économiser des milliards de dollars en soins de santé.

Pour soutenir la transition vers une énergie propre, nous nous sommes engagés à investir 21,9 milliards de dollars dans l'infrastructure verte et nous susciterons les investissements grâce à la nouvelle Banque de l'infrastructure du Canada qui financera les projets comme la production d'énergie propre et les interconnexions de transmission et des réseaux électriques modernes dans les provinces et les territoires.

Dominic Barton, président du conseil consultatif sur la croissance économique, considère qu'il s'agit d'un investissement historique. Pour expliquer son point de vue, il insiste sur un point : « Relier les provinces au moyen de réseaux d'électricité propre et moderne est une action nationale qui permettra au Canada d'attirer des investissements mondiaux importants dans le secteur de l'électricité et qui créera des emplois pour les Canadiens. » Les investissements que nous effectuons aujourd'hui formeront la pierre angulaire de notre économie de demain.

Cependant, nous savons que nous devons en faire plus. Nous savons que nous devons réduire les émissions de chaque secteur, qu'il s'agisse de l'industrie, des bâtiments, des transports ou de l'agriculture. J'aimerais maintenant vous donner un aperçu des autres mesures que notre gouvernement prendra en collaboration avec les provinces et les territoires.

[Bâtiments]

Commençons par les bâtiments, où nous passons la majeure partie de notre temps. Ceux-ci doivent être chauffés, isolés et éclairés, et, au Canada, ils rejettent 12 pour cent de toutes les émissions nationales. Améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments nous permettra de réaliser des économies encore plus grandes.

Dans le budget de cette année, nous avons engagé 500 millions de dollars pour appuyer les améliorations en matière d'efficacité énergétique dans les logements abordables du pays. Lorsque les bâtiments sont moins énergivores, on économise. C'est aussi simple que cela.

Nous devons continuer à investir dans les bâtiments. Nous pouvons aider les Canadiens à réaliser des économies sur leur facture d'énergie en établissant un code national qui garantit que les nouveaux bâtiments sont écoénergétiques, ou qu'ils produisent de l'énergie dans le cas d'une maison à consommation énergétique nette zéro. Nous pouvons aussi économiser en modernisant les bâtiments actuels de sorte qu'ils consomment moins d'électricité. Ces mesures nous aideront aussi à réduire la pollution par le carbone et à créer des milliers d'emplois bien rémunérés.

Le fonds pour une économie à faibles émissions de carbone nous donne la flexibilité de soutenir les efforts des provinces et des territoires qui souhaitent créer ou élargir des programmes visant à aider les propriétaires à accroître l'efficacité de leur maison.

Les perspectives concernant les bâtiments au Canada sont réjouissantes. Nous fabriquons bon nombre des matériaux de construction à partir de nos ressources naturelles, qui abondent. Conjugué à nos capacités en technologie de l'information, cet avantage est la formule gagnante vers des bâtiments plus propres, plus sains et moins coûteux à exploiter

[Transport]

Je ne sais pas si c'est le cas pour vous, mais je passe beaucoup de temps à me déplacer d'un bâtiment à un autre. La plupart d'entre nous quittons notre maison le matin pour conduire les enfants à l'école, puis nous rendre au travail.

Les déplacements sont d'une grande importance dans notre quotidien et pour notre économie. Ils peuvent aussi être une source de frustration quand nous sommes bloqués dans un bouchon de circulation - ou lorsque l'autobus n'arrive pas à temps. Il ne faut pas oublier non plus le fait que les transports sont responsables de 23 pour cent de nos émissions de gaz à effet de serre chaque année.

Comment allons-nous mettre sur pied un réseau de transport moderne?

Nous allons investir dans les infrastructures pour les véhicules hybrides et électriques, de sorte que les grandes villes et les agglomérations seront reliées par des bornes de recharge; les automobiles pourront ainsi traverser le pays grâce à de l'énergie propre. De plus, nous établirons des normes plus solides en ce qui concerne les voitures alimentées par des combustibles fossiles, pour améliorer leur rendement énergétique et permettre à la population d'économiser à la pompe.

Dans le cadre de l'énoncé économique de cet automne, notre gouvernement a aussi annoncé l'injection de 25 milliards de dollars afin d'améliorer l'infrastructure de transport. Le temps de déplacement sera ainsi réduit dans des villes partout au pays. Ces investissements augmenteront l'utilisation d'un mode de transport propre et permettront aux Canadiennes et aux Canadiens de perdre moins de temps dans la circulation et de passer plus de temps avec leurs amis et leurs proches.

[Annonce sur une norme sur les carburants propres]

J'inviterais maintenant ceux et celles qui somnolent durant un long discours à prêter attention quelques instants. J'ai le plaisir de faire une nouvelle annonce ici aujourd'hui.

Les Canadiennes et les Canadiens souhaitent avoir accès à des carburants abordables, sans danger et propres qui sauront répondre aux besoins énergétiques de leurs lieux de travail, de leur maison et de leurs voitures.

C'est pourquoi, en collaboration avec les provinces et l'industrie, nous élaborerons une Norme sur les carburants propres. Cette norme, établie selon une approche « conçue pour le Canada », fournira à l'industrie la flexibilité nécessaire quant à son mode d'innovation et permettra de réduire les émissions dans tout le réseau de production de carburant.

Bien conçue, cette norme stimulera la production canadienne de biocombustibles renouvelables du secteur agricole et favorisera l'utilisation de combustibles fossiles à faible teneur en carbone, comme le gaz naturel, lorsque cela est approprié. La Colombie-Britannique a déjà adopté une norme sur les carburants propres très efficace, qui a stimulé la création d'un secteur des carburants propres florissant.

[Adaptation]

Nous savons également que nous devons nous adapter aux effets des changements climatiques. Notre gouvernement investit pour protéger nos collectivités. Que ce soit pour protéger des zones côtières ou des milieux humides ou pour accroître la résilience des infrastructures, ces investissements permettront de protéger les biens matériels et de sauver des vies lors d'événements météorologiques extrêmes, comme des inondations ou des tempêtes.

Ensemble, toutes ces mesures réduiront de manière importante les émissions au Canada, nous rendront plus résilients aux répercussions des changements climatiques, tout en favorisant la croissance économique. Ces mesures créeront aussi des milliers d'emplois; elles renforceront notre classe moyenne et établiront le Canada comme chef de file international dans ce siècle de l'énergie propre.

La collaboration avec les provinces et les territoires est essentielle. Sur tous les fronts, les provinces et les territoires ont accompli un travail exceptionnel. Ces instances travaillent sans relâche pour réduire les émissions de carbone, favoriser l'innovation et créer des emplois bien rémunérés.

De plus, nous continuerons de travailler étroitement avec les communautés autochtones, dont plusieurs se trouvent sur la première ligne en matière de changements climatiques. En resserrant les liens avec les peuples autochtones, nous renforçons notre capacité à comprendre les problèmes environnementaux, mais aussi notre capacité à mieux comprendre les solutions possibles.

Le mois prochain, les premiers ministres des provinces et des territoires ainsi que les dirigeants autochtones se rencontreront à Ottawa pour discuter de notre « plan fabriqué au Canada », destiné à réduire la pollution par le carbone et à favoriser l'innovation. Cette importante réunion servira à créer un consensus partout au Canada et à guider notre pays durant ce siècle axé sur une croissance propre.

Pour résumer

Je crois en notre capacité de rivaliser avec le reste du monde, en notre capacité de tracer le chemin et d'avoir un rôle de leader.

Je crois dans la créativité de nos entrepreneurs et dans le génie de nos scientifiques.

Je crois que le même esprit libre qui nous a permis de nous démarquer comme chef de file dans le secteur pétrolier et gazier nous aidera à saisir les occasions que présentent les prochaines sources d'énergie de notre planète.

Je crois que les mesures prises pour lutter contre les changements climatiques nous rendront plus concurrentiels et non le contraire. Elles favoriseront la croissance de notre économie et nous permettront de créer des emplois. 

Nous voici à l'aube du siècle de la croissance propre et il commence par les choix que nous faisons aujourd'hui.

Alors faisons-le ensemble.

Voyez-le comme un cadeau pour le 150e anniversaire du pays que nous nous faisons, à nous, à nos enfants et à nos petits-enfants - de l'énergie propre, de l'air propre et un meilleur avenir pour notre planète et notre population.

Merci. Thank you.

 

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SOURCE Environnement et Changement climatique Canada

Renseignements : Caitlin Workman, Attachée de presse, Cabinet de la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, 819-938-9436; Relations avec les médias, Environnement et Changement climatique Canada, 819-938-3338 ou 1-844-836-7799 (sans frais)

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