Négociations coordonnées dans l'hôtellerie - Les salarié-es du Château-Champlain joignent le mouvement de débrayage - La CSN fait le point sur la réduction d'une chambre



    MONTREAL, le 6 août /CNW Telbec/ - Réunis en assemblée générale cet
après-midi, les membres du syndicat CSN représentant les 321 professionnel-les
de l'hôtellerie du Marriott Château-Champlain de Montréal ont voté dans une
proportion de 74 % en faveur d'une banque de 72 heures de grève.
    Le vote s'est tenu par scrutin secret. Les activités de cet hôtel de 611
chambres pourraient être perturbées à tout moment à compter de maintenant.

    Blocages

    Par ailleurs, la Fédération du commerce de la CSN tient à faire connaître
sa réaction à l'égard d'un communiqué de presse émis plus tôt aujourd'hui par
l'Association des hôteliers de Montréal. Au nom des hôteliers montréalais,
l'association semble fermer la porte à toute réduction de la charge de travail
des préposées aux chambres, un des enjeux importants de ces négociations pour
les professionnel-les de l'hôtellerie.
    Le 20 juillet, les syndicats CSN ont adopté une contre-proposition sur
l'ensemble de leur plate-forme de négociation. Elle a été déposée à toutes les
tables de négociation. Elle constitue une base de compromis satisfaisante pour
les deux parties. Elle repose sur une analyse rigoureuse de la santé
financière de l'industrie hôtelière au Québec et à Montréal en particulier. La
demande de réduction de la charge de travail des préposée comporte un coût, ce
que les syndicats reconnaissent d'emblée. Ils en ont tenu compte dans
l'élaboration de leur plate-forme, parce que c'est une priorité à leurs yeux.
    "Au lieu d'émettre des communiqués de presse dans lesquels ils gonflent
le coût réel de nos demandes et valorisent un statu quo qui a des impacts sur
la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs et sur la
qualité du service dans les établissements, les hôteliers devraient mettre
leurs énergies aux tables de négociation.", estime le président de la
Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie. Les syndicats CSN n'entendent
nullement laisser tomber une demande aussi primordiale et légitime. Ils
veulent négocier, trouver un terrain d'entente qui permettra aux préposées
d'améliorer leurs conditions de travail et de vie tout en assurant la santé à
long terme de l'industrie. Il n'y a aucune autre issue que la négociation.

    Communiqué trompeur

    Dans son communiqué, l'Association des hôteliers du Grand Montréal défend
une position de statu quo tout à fait incompatible avec les exigences propres
à un processus de négociation. Elle s'appuie notamment sur le fait que la
charge de travail des préposées aux chambres est plus lourde dans certaines
villes nord-américaines qu'elle ne l'est à Montréal. "Ce n'est pas parce que
les employé-es d'hôtels de Washington n'en font pas une priorité que ça ne
serait pas légitime pour les professionnel-les de l'hôtellerie du Québec de le
faire", souligne Jean Lortie.
    L'Association prétend également que la demande syndicale augmenterait les
coûts d'opération des hôtels de 8 %. Pourtant, dans un hôtel comme le
Reine-Elizabeth, le plus important au Québec, la demande syndicale initiale de
réduction d'une chambre en tout temps représente une augmentation de la masse
salariale d'environ 1, 2 %. C'est 1,10 dollar par chambre ! Ces calculs se
basent sur le taux d'occupation moyen de l'hôtel selon l'employeur soit 73 %.
Comment l'Association peut-elle sérieusement prétendre que cela met en péril
la compétitivité des hôtels ?

    Parole brisée

    La semaine dernière, une entente a été conclue dans un hôtel de Montréal.
L'employeur et le syndicat s'entendaient notamment sur la réduction de la
charge de travail des préposées aux chambres. L'entente ne s'est pas
matérialisée parce que des pressions ont été exercées par des procureurs
d'autres hôtels favorisant le statu quo. "Ce revirement a été reçu comme une
gifle par les salarié-es de l'établissement. Dans ces conditions, pas étonnant
que les moyens de pression s'intensifient", explique Jean Lortie.
    La plupart des directions hôtelières reconnaissent plus ou moins
ouvertement que la réduction de la charge de travail des préposées est
souhaitable et qu'un règlement négocié sur cette question est absolument
nécessaire pour ramener la situation à la normale dans les établissements
montréalais. Il faudra bien qu'elles donnent des mandats clairs en ce sens à
leurs porte-parole aux tables de négociation sans quoi, les syndicats CSN
continueront de faire pression. Soulignons que certains directeurs généraux
d'hôtels ont signifié très clairement à leurs vis-à-vis syndicaux leur
exaspération face aux stratégies des procureurs.

    Une nécessité

    La charge de travail des préposées n'a pas été revue depuis plusieurs
années. Au cours de cette période, plusieurs hôtels ont procédé à des
rénovations et à des réaménagements qui ont eu pour effet d'alourdir le
fardeau de travail. Par exemple, on constate :

    
    - de plus en plus de chambres à deux lits ;
    - une multiplication du nombre d'oreillers et de coussins ;
    - une diversification croissante des articles de bains ;
    - une offre plus généreuse des services dans les chambres ;
    - des couettes et des matelas de plus en plus pesants ;
    - ajout de poubelles de recyclage et de récupération ;
    - ajouts de grands miroirs ;
    - utilisation plus répandue du verre et de l'acier inoxydable, ce qui
      requiert un entretien plus exigeant.

    De plus, elles manquent souvent du matériel nécessaire pour bien accomplir
leur travail et il est parfois inadéquat, ce qui complique leur tâche.

    Entente-modèle

    Les syndicats CSN souhaitent des règlements semblables à celui intervenu à
l'hôtel PUR. Il s'agit d'un hôtel moderne dont les standards sont comparables
à ceux de nombreux hôtels montréalais actuellement en négociation. A leurs
yeux, il n'y a aucune raison pour que les professionnel-les de l'hôtellerie du
Grand Montréal ne bénéficient pas des mêmes conditions de travail. "Au PUR, à
l'Estrimont, aux Jardins de ville, il y a des employeurs qui ont dit, mon
monde, ils ont droit à des conditions de travail de professionnel-les. Il les
ont respectés et ont conclu de bons contrats de travail avec les syndicats. Il
n'y aura pas de grève au PUR, ni à l'Estrimont ni aux Jardins de ville.
Qu'attendent les autres hôteliers pour suivre cet exemple ?"

    L'entente-modèle du secteur de l'hôtellerie, intervenue à l'hôtel PUR de
Québec, il y a trois semaines comprend :

    - une réduction de la charge de travail des préposées aux chambres : la
      convention collective prévoit un maximum de 13 chambres au lieu de 14 ;
    - des mesures favorisant la conciliation entre famille et travail,
      notamment des mécanismes permettant aux salarié-es de réduire leur
      temps de travail - jusqu'à deux jours par semaine - pour s'occuper de
      leurs enfants ou de leurs proches ;
    - des dispositions limitant fortement les recours aux agences de
      personnel ;
    - le partage du coût des assurances, à raison de 60 % pour l'employeur et
      40 % pour la personne salariée, dès la première année de la convention
      collective ;
    - huit congés de maladie par année, remboursables s'ils ne sont pas
      utilisés ;
    - l'indexation de la prime de départ ;
    - un calcul des gains plus favorable pour les salarié-es - comprenant
      notamment les vacances et les pourboires - au regard du régime de
      retraite ;
    - une augmentation des contributions au régime de retraite de 1 % pour
      chacune des parties, au terme de la convention collective ;
    - des augmentations salariales de 3 % pour chacune des années d'un
      contrat de travail de trois ans.
    

    11 500 chambres

    Au total, la Fédération du commerce CSN compte 37 500 membres, dont 6500
dans les hôtels du Québec. De ce nombre, environ 5500 font partie de la ronde
de négociations coordonnées 2008, soit les membres des syndicats de 41 hôtels
totalisant 11 500 chambres. La CSN compte aujourd'hui 300 000 membres dans
tous les secteurs d'activité. Pour tout savoir sur les négociations
coordonnées de l'hôtellerie : www.fc.csn.qc.ca/nego2008.




Renseignements :

Renseignements: Jean-Pierre Larche, Service des communications de la
CSN, (514) 598-2264; Source: Confédération des syndicats nationaux


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