Négociation locale dans la santé et les services sociaux - Au CSSS de Québec-Nord, l'entêtement patronal empêche la signature d'une entente, estime la FP-CSN



    Manifestation ce jeudi à midi devant le centre administratif, à Beauport

    QUEBEC, le 2 oct. /CNW Telbec/ - Alors que les trois autres centres de
services sociaux de la région ont complété la négociation de leur convention
collective locale avec la Fédération des professionnèles de la CSN, au CSSS de
Québec-Nord, aucune entente n'est possible en raison d'une totale fermeture de
l'employeur à négocier de bonne foi dans l'intérêt des services à la
population.
    Une manifestation des travailleuses et des travailleurs est d'ailleurs
prévue ce jeudi, entre midi et 13 heures, devant le centre administratif du
CSSS au Mont d'Youville, 2915 avenue du Bourg-Royal, pour dénoncer l'attitude
patronale et le refus de la direction de rencontrer le comité syndical de
négociation.
    Depuis un an, les 550 professionnels et techniciens de cet établissement
oeuvrant dans trois missions de soins et de services sociaux (CH, CLSC, CHSLD)
et 17 points de services, tentent de convenir de la première convention
collective locale depuis l'adoption de la loi 30 par le gouvernement Charest,
en décembre 2003. Selon Patrick Simms, président du Syndicat des
professionnèles des CLSC-CHSLD de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN), le
blocage de l'employeur est d'autant plus difficile à comprendre que les trois
autres CSSS de la région, avec qui négocie le syndicat au nom des
professionnels et des techniciens, ont tous réussi à signer des ententes.
    Avant l'adoption de la loi 30, les conditions de travail étaient
négociées nationalement avec le ministère de la Santé et des Services sociaux.
Mise en place au milieu des années 1960, la négociation centralisée avait
permis d'empêcher une disparité des conditions de travail et des services à la
population. La loi 30 vient introduire un certain nombre de contraintes qui
jouent contre les travailleuses et les travailleurs du réseau, dont
l'impossibilité de recourir à des moyens de pression pour soutenir leurs
revendications et l'imposition d'un délai maximum pour la négociation. Au
terme de cette période, un processus de médiation de 60 jours s'engage en
présence d'un médiateur-arbitre. Si aucune entente n'intervient à ce moment,
ce dernier doit choisir entre les offres de l'employeur et les demandes
syndicales le contenu de la convention locale sans qu'il en coûte plus cher
que la convention collective précédente.
    Selon le porte-parole syndical, c'est là que le bât blesse. "La
directrice générale de l'établissement, Mme Lucie Lacroix, n'a jamais eu la
réelle intention de négocier, a dénoncé Patrick Simms. Elle attend que les
délais passent pour imposer les conditions de travail d'une façon arbitraire.
Depuis la dernière rencontre de négociation, le 18 juin, toutes les séances
ont été reportées par la direction du CSSS de même que toutes les rencontres
en présence du médiateur-arbitre. Elle nous présente des reculs qui auraient
des impacts significatifs sur la qualité de vie au travail, l'exercice de nos
professions et les services à la population.
    "Dans notre secteur, plusieurs titres d'emplois souffrent d'une pénurie
de main-d'oeuvre, a poursuivi le président du syndicat. Il est évident que les
professionnèles et les techniciennes choisiront un CSSS qui offrent des
conditions de travail plus intéressantes et un endroit où ils se sentent
respectés. Et c'est bien de cela qu'il s'agit, puisqu'au CSSS de la
Vieille-Capitale, au CSSS du Grand littoral, et au CSSS de Charlevoix, les
négociations sont conclues."
    Au Centre hospitalier Robert-Giffard, si aucune entente n'est intervenue,
les discussions se poursuivent à un bon rythme au cours de la période de
médiation. Des rencontres se tiennent et les parties voient leur intérêt à
convenir d'une entente négociée plutôt que de voir un tiers imposer les
conditions de travail. Il en va du climat des relations de travail, de la
qualité de vie au travail et des services à la population.
    Pourquoi en est-il autrement au CSSS de Québec-Nord, questionne le
syndicat de la CSN, où l'employeur veut notamment imposer une mobilité
complète du personnel en retirant le droit du travailleur de pouvoir choisir
d'oeuvrer dans une spécialité donnée auprès d'une clientèle particulière, au
mépris de l'expertise acquise ? Pourquoi l'employeur tente-t-il de nier le
principe de l'ancienneté lors d'octroi de postes à l'intérieur d'un même titre
d'emploi, sinon que pour choisir, arbitrairement, le travailleur de son
choix ? Pourquoi refuse-t-il de reconnaître le principe de l'autonomie
professionnelle comme une garantie de la qualité des services dans l'exercice
des professions des intervenantes et des intervenants ? Pourquoi refuse-t-il
de considérer l'entente intervenue entre la FP-CSN et le gouvernement sur
l'utilisation des sommes prévues à la formation ?
    "Au cours des dernières années, nous avons subi les conséquences du 
sous-financement du réseau, ainsi que maintes réformes, causant entre autres
des surcharges de travail. De plus, malgré l'évolution des besoins dans la
population, plusieurs titres d'emploi connaissent une pénurie, de poursuivre
Patrick Simms. Les conditions de travail que nous réclamons visent à maintenir
nos conditions d'exercice pour éviter une dégradation des services. Nous ne
demandons pas la lune !"

    Les professionnèles et les techniciennes du CSSS de Québec-Nord, oeuvrent
comme psychologues, travailleurs sociaux, ergothérapeutes, physiothérapeutes,
techniciennes de laboratoire, techniciennes en radiologie, diététistes, etc.
Ils sont membres du Syndicat des professionnèles des CLSC-CHSLD de
Québec-Chaudière-Appalaches (FP-CSN) qui comptent plus de 1700 membres dans
ces titres d'emploi dans la région.




Renseignements :

Renseignements: Louis-Serge Houle, Service de l'information de la CSN,
(514) 792-0795; Source: Fédération des professionnèles de la CSN


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