Mexique - Assassinats et disparitions de journalistes : Reporters sans frontières demande au procureur spécial un bilan précis des enquêtes



    MONTREAL, le 31 oct. /CNW Telbec/ -

    
    Monsieur Luis Martinez Fernandez del Ocampo
    Parquet spécial de suivi des délits commis contre les journalistes
    Procure général de la République, Mexico D.F.

    Monsieur le procureur,

    Le 18 juillet 2007, une audience à la Commission interaméricaine des
droits de l'homme (CIDH) de Washington, à l'initiative de neuf organisations
de défense des droits de l'homme et de la liberté de la presse - dont
Reporters sans frontières -, avait abouti à la prise d'engagements forts de la
part des représentants du gouvernement fédéral mexicain alors présents :

    - un renforcement des prérogatives du Parquet spécial de suivi des délits
      commis contre la presse (Fiscalia Especial para la Atencisn de Delitos
      cometidos contra periodista - FEADP), dont vous assumez la direction
      depuis février dernier ;
    - un traitement de ce type d'affaires au niveau fédéral ;
    - un compte-rendu régulier à la CIDH des avancées des enquêtes en cours ;
    - une association des organisations spécialisées au suivi des
      investigations ;
    D'autres engagements avaient été pris en faveur des médias communautaires
    et électroniques.

    Les récentes évolutions de la législation fédérale, allant dans le sens
d'une dépénalisation des délits de presse constituent, certes, des avancées
pour la liberté d'expression. La promesse, formulée au cours du mois d'octobre
par le Président Felipe Caldersn, de "fédéraliser" le traitement des attaques
contre les médias répond en partie aux engagements adoptés lors de l'audience
à la CIDH.
    Ces efforts ne sauraient pour autant faire oublier l'impunité scandaleuse
qui entoure les assassinats de trente-deux journalistes et la disparition de
sept autres depuis 2000. Le Mexique s'est même classé au second rang des pays
les plus dangereux du monde pour la presse après l'Irak pour l'année 2006, au
cours de laquelle neuf professionnels des médias ont été tués.
    L'enquête sur l'assassinat de Brad Will, jeune cameraman de l'agence de
presse alternative Indymedia, abattu le 27 octobre 2007 lors d'un important
conflit social et politique à Oaxaca, a révélé des dysfonctionnements à
différentes échelles de pouvoir. Selon la famille du journaliste, contactée
par Reporters sans frontières, la justice fédérale n'a fait que reprendre les
conclusions de l'enquête menée par la justice d'Oaxaca, assurant que la
victime a été tuée à bout portant par des militants de l'Assemblée populaire
des peuples d'Oaxaca (APPO), alors qu'aucune preuve, ni aucun témoignage
n'étayent sérieusement cette hypothèse. Les nombreux témoignages avaient
davantage mis en cause des policiers et des fonctionnaires locaux.
    Ce cas démontre la nécessité d'une reprise des enquêtes au niveau fédéral,
loin des pressions politiques de certains gouverneurs ou de leur entourage. A
ce titre, la "fédéralisation" du traitement pénal des attaques contre la
presse s'impose dans les plus brefs délais.
    D'autres affaires d'assassinats ou de disparitions ont mis en évidence la
difficulté plus fondamentale des autorités policières et judiciaires à frapper
au c&ur de la criminalité. Au moins la moitié des journalistes tués l'ont été
pour s'être intéressé d'un peu trop près aux plaies du narcotrafic, de la
contrebande ou de la corruption. Ainsi, Alfredo Jiménez Mota, du quotidien El
Imparcial d'Hermosillo, porté disparu depuis le 2 avril 2005. Ainsi, Razl Gibb
Guerrero, directeur du quotidien La Opinisn, abattu, le 8 avril de la même
année, dans l'Etat de Veracruz, affaire pour laquelle le principal suspect
arrêté, Martin Rojas, leader présumé d'une bande de trafiquants d'essence, n'a
jamais comparu. Ainsi, Enrique Perea Quintanilla, fondateur du mensuel
d'investigation Dos Caras, Una Verdad, retrouvé torturé et assassiné, le
9 août 2006 dans l'Etat de Chihuahua, Etat dont le gouvernement a rejeté, en
septembre dernier, une recommandation de la Commission nationale des droits de
l'homme (CNDH) après l'agression de trois journalistes.
    Avec les assassinats d'Amado Ramirez, de la chaîne Televisa, le 6 avril
dernier à Acapulco, et de Sazl Martinez Ortega, de la revue Interdiario et du
quotidien Cambio de Sonora, le 23 avril, auxquels s'ajoutent trois
disparitions en janvier et en mai, l'année 2007 a apporté son lot
supplémentaire de tragédies dans les rangs de la presse. Aucune de ces
affaires n'ont été résolues ni jugées.
    En cette veille du Jour des Morts, Reporters sans frontières tient à
s'associer à l'hommage des Mexicains à leurs journalistes. En vertu des
engagements pris devant la CIDH, l'organisation espère de votre part un bilan
précis du développement des enquêtes en cours et des gestes forts pour mettre
fin à l'impunité.
    En vous remerciant de l'attention que vous porterez à cette demande, je
vous prie d'agréer, Monsieur le procureur, l'expression de mes salutations
respectueuses.

    Robert Ménard
    Secrétaire général
    




Renseignements :

Renseignements: Emily Jacquard, Directrice générale, Reporters sans
frontières Canada , (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Telec.: (514)
521-7771, rsfcanada@rsf.org

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