Message de la fête du Travail: Les pensions gouvernementales doivent aussi faire partie de la reprise économique



    Par Ken Lewenza, président du Syndicat des TCA

    TORONTO, le 3 sept. /CNW/ - En cette fin de semaine de la fête du
Travail, la question que tous se poseront sera : la récession est-elle
terminée?
    Alors que les économistes, dont Mark Carney, de la Banque du Canada,
proclament que le pire est passé, les travailleurs d'un bout à l'autre du pays
sont, à juste titre, beaucoup plus sceptiques. La récession a été désastreuse
pour des centaines de milliers de familles partout au pays. Les répercussions
dureront des mois, voire des années.
    Depuis le début officiel de la récession en octobre, près d'un
demi-million d'emplois à plein temps ont été supprimés, sans compter les
dizaines de milliers d'autres emplois à temps partiel également perdus. Cette
année, la dette des ménages a atteint un sommet. Pour chaque dollar gagné, le
Canadien moyen devait 1,40 $. Les protections contre le chômage (y compris
l'AE) ont aussi atteint un creux sans précédent, après avoir été affaiblies
par des séries de réformes dans les années 80 et 90.
    La plupart de ces faits sont connus. La suite est moins claire.
    Des pays partout dans le monde ont reconnu que le gouvernement doit jouer
un rôle de premier plan pour soutenir les travailleurs durant les périodes de
ralentissement économique. Notre propre gouvernement s'est pratiquement
effondré après que le ministre des Finances fédéral, Jim Flaherty, a déclaré
que les facteurs économiques fondamentaux du Canada étaient "sains", lors
d'une mise à jour économique faite à la fin novembre. Plutôt que de tenter de
guider le Canada à travers une course à obstacles en pleine crise économique,
le gouvernement Harper a plutôt tenté d'annuler l'équité salariale des
travailleurs du secteur public, de faire amender la loi relative au
financement des partis politiques, sans oublier diverses autres manoeuvres
intéressées.
    Depuis le début de la récession, nous avons assisté à l'injection de
montants sans précédent dans des économies nationales dans l'espoir d'empêcher
leur effondrement. La nécessité de tels plans de stimulation est reconnue
(même par notre propre gouvernement conservateur, très à droite), mais les
fonds destinés à soutenir les projets d'infrastructure ne suffiront pas, à eux
seuls, à assurer le bon fonctionnement du pays.
    Maintenant, plus que jamais, nous devons nous mobiliser pour faire en
sorte que les gouvernements apportent les modifications depuis longtemps
nécessaires au chapitre des retraites, des indemnités de départ et de
l'assurance-emploi. Nous devons également être proactifs en matière de
consolidation de notre économie et de protection de notre environnement, en
investissant dans de bons emplois verts.
    La bonification des pensions gouvernementales par l'intermédiaire du
Régime de pensions du Canada et du Régime des rentes du Québec de manière à
offrir aux aînés un revenu plus décent permettrait non seulement aux
travailleurs vieillissants de conserver leur dignité une fois à la retraite,
mais également aux travailleurs plus jeunes de conserver leur emploi. Or, les
régimes de retraite anticipée négociés existants ont donné d'excellents
résultats à ce chapitre. Les prestations du RPC et du RRQ ne représentent que
25 % du revenu avant la retraite d'un travailleur. Les travailleurs de
l'ensemble du pays, qu'ils soient syndiqués ou non, doivent faire écho à notre
demande pour une bonification des retraites gouvernementales. Il faudrait
entre autres mettre en place un fonds de garantie des prestations de retraite
à l'échelon fédéral, similaire à celui qui existe en Ontario, qui garantirait
un niveau de prestations minimal pour les travailleurs qui perdent leur emploi
et leur régime de retraite à la suite de la faillite de leur employeur.
    Lors de la dernière récession, seuls deux chômeurs canadiens sur dix
n'étaient pas admissibles à l'assurance-emploi; aujourd'hui, ce nombre a
explosé et la moitié des chômeurs canadiens se retrouvent dans cette
situation. En raison de la multiplication du nombre d'emplois à temps partiel,
séquelle des récessions des années 80 et 90, il est difficile pour des
centaines de milliers de travailleurs d'accumuler suffisamment d'heures pour
toucher des prestations d'assurance-emploi. A cause de la précarité du marché
de l'emploi, des milliers de personnes qui perdent de nouveau leur emploi
après une courte période de travail ont moins de chances d'être admissibles à
des prestations d'assurance-emploi.
    Pour améliorer ce système, il faudrait modifier le nombre d'heures
exigibles, prolonger la période de prestations et accroître le montant des
prestations, en plus d'éliminer la période d'attente et les dispositions de
récupération des prestations de départ. Les partis politiques de toutes
allégeances doivent reconnaître la nécessité de ces réformes.
    Trop de travailleurs n'ont pas reçu les indemnités de départ et d'autres
montants auxquels ils avaient droit en vertu de la loi à la suite de la
faillite de leur employeur. Le fait que les travailleurs doivent attendre leur
tour, pour que les banques et d'autres créanciers puissent récupérer les
paiements non réglés, souvent sans rien laisser, constitue un simulacre de
justice. Les gouvernements de tous les territoires et provinces doivent mieux
protéger les travailleurs quand les employeurs déclarent faillite. Une
priorité consisterait à mettre en place des programmes de protection des
salariés afin que les travailleurs obtiennent leur juste part au moment du
dépôt de bilan et que les employeurs fautifs soient fermement tenus
responsables.
    Une occasion exceptionnelle s'offre maintenant au Canada qui lui
permettrait d'atteindre son double objectif, à savoir renforcer notre économie
et protéger notre environnement. Le dossier du Canada en matière de réduction
des gaz à effet de serre est catastrophique et d'autres efforts doivent être
déployés. A l'échelle internationale, le Canada doit s'engager à négocier un
traité ferme et équitable sur les émissions globales, de manière à éviter que
la communauté mondiale ne cause des changements climatiques irréversibles. A
l'échelle nationale, de nouveaux investissements publics dans les secteurs de
l'automobile, de la fabrication et de l'énergie propre, ainsi que
d'importantes mesures de soutien en matière de réorientation professionnelle
pour les chômeurs et les personnes défavorisées s'imposent si nous voulons
favoriser la prospérité et la stabilité économiques des collectivités.
    Ce programme est certes ambitieux, mais il est également réalisable et le
temps presse cruellement. Il ne suffit pas de régler à la hâte les problèmes
actuels. Nous devons rectifier le tir pour corriger les erreurs du passé et
bâtir en prévision de demain. S'il y a des élections une fois de plus cet
automne, les partis politiques seront bien avisés de faire avancer ces
questions, dans l'intérêt de l'ensemble de la population canadienne.




Renseignements :

Renseignements: Shannon Devine, communications des TCA, (416) 302-1699
(cell.)

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