Message à l'occasion de la fête du Travail : le régime minceur a assez duré



    Par Buzz Hargrove, président national des TCA

    TORONTO, le 28 août /CNW/ - Alors que mon mandat de président du syndicat
des Travailleurs canadiens de l'automobile tire à sa fin (je quitterai mes
fonctions dans quelques semaines), je m'inquiète de la quantité de mauvaises
nouvelles qui circulent dans le domaine de l'économie, au Canada et ailleurs
dans le monde.
    Nous assistons à un détournement des ressources par nos gouvernements
pour alimenter des guerres en Afghanistan, en Irak et, plus récemment, en
Géorgie, ce qui amène les citoyens à se questionner sur les priorités de leurs
élus. Le prix de l'essence et des denrées alimentaires a monté en flèche, au
point où certains produits de première nécessité sont désormais hors de portée
pour beaucoup trop de gens. En outre, nous faisons face à une crise des
capitaux qui sévit dans le monde entier et qui a fait en sorte que des
millions de personnes ont perdu leur emploi, leur maison et leurs économies,
ainsi qu'au transfert des activités de nombreuses entreprises du secteur de la
fabrication vers des pays en voie de développement. L'ensemble de ces facteurs
ne laisse aucun doute quant au fait que ces enjeux découlent d'une mutation
dans l'économie, voire d'un changement dans nos structures sociales.
    Le contexte dans lequel évoluent les travailleurs aujourd'hui ne
constitue pas seulement un autre cycle d'expansion et de ralentissement comme
ceux que nous avons connus au cours des dernières décennies. Les importants
déficits dans les infrastructures et les compressions dans les programmes
sociaux sont le résultat de réductions d'impôts aberrantes qui, avec le temps,
se sont avérées avantageuses pour le milieu des affaires. L'iniquité des
revenus et la persistance de la pauvreté sont intimement liées à l'absence de
politiques industrielles importantes visant à promouvoir des emplois solides
et permettant de faire vivre une famille. Par ailleurs, la réorientation de
notre économie vers l'extraction de ressources hautement polluantes plutôt que
vers la fabrication à valeur ajoutée est le résultat d'une gestion économique
déficiente et de politiques commerciales malavisées.
    Notre économie traverse une période critique. L'approche de la fin de
semaine de la fête du Travail (en plus des élections aux Etats-Unis cet
automne et de la probabilité que des élections fédérales soient déclenchées
chez nous au cours des prochaines semaines), constitue l'occasion tout
indiquée de réfléchir à l'état dans lequel se trouve notre pays à l'heure
actuelle et d'exiger davantage de nos élus, qui jusqu'à présent nous ont
entraînés sur une voie dangereuse.
    Le défi qui se présente à nous, bien qu'insurmontable en apparence, doit
être vu par les travailleurs comme l'occasion idéale de s'interroger sur les
choix économiques et politiques qui sont faits en leur nom.
    En tant que personnes actives sur le marché du travail, nous devons
insister sur l'importance de recentrer notre économie sur les intérêts des
Canadiens (de tous les Canadiens). L'ensemble des citoyens, que ce soit ceux
qui s'occupent des personnes âgées dans les centres de soins de longue durée
ou ceux qui travaillent dans le secteur de la fabrication (domaine des plus
productifs mais connaissant un déclin rapide au pays), ont tout intérêt à
avoir une plus grande voix au chapitre quant au paysage économique du Canada.
    Or, de toute évidence, les citoyens ont déjà commencé à s'approprier ce
droit de parole. Au printemps, la population s'est élevée contre la vente de
la division aérospatiale de MacDonald, Dettwiler and Associates (MDA) à
Alliant Techsystems, fabricant d'armes américain. La vente mettait en péril un
exemple probant d'innovation canadienne, financé au moyen des deniers publics
et donc par les contribuables canadiens. Les citoyens n'auraient pas toléré
qu'une telle opération soit menée à terme, et la vente a été interrompue.
    De nombreux Canadiens exigent que leurs impôts soient gérés
intelligemment, c'est-à-dire qu'ils servent à appuyer des projets de
développement régional et à soutenir les efforts que consacre le gouvernement
à utiliser les fonds publics pour acquérir des produits canadiens.
    De même, les Canadiens protestent contre les promesses trompeuses des
gouvernements de droite et des pontifes qui affirment que les politiques de
libre échange, de déréglementation et de privatisation seront synonymes de
prospérité et d'augmentation du niveau de vie au pays. Or, ces politiques ont
déjà aggravé la situation de millions de travailleurs.
    Aux Etats-Unis, ce vent de changement s'incarne dans la popularité de
Barack Obama, candidat démocrate à la présidence. Au Canada, nous pouvons
canaliser cette énergie de manière à atteindre nos propres objectifs, qu'il
s'agisse de remédier à des inégalités de plus en plus importantes ou de
ramener nos troupes au pays.
    Des changements sont au programme, cela ne fait aucun doute. En ce sens,
les travailleurs ont un rôle important à jouer. A l'occasion de la fête du
Travail, il est important que les syndicats prennent de nouveau l'engagement
d'être ces moteurs de changement et qu'ils passent de la parole aux actes au
nom des Canadiens.
    Au cours de mes 16 années à la présidence du syndicat des TCA, j'ai été
témoin d'une foule de changements. Notre syndicat a pris de l'ampleur, passant
de 170 000 membres en 1992 à plus de 250 000 aujourd'hui. Le syndicat des TCA
représente désormais les travailleurs de tous les secteurs de l'économie, ce
qui, collectivement, nous rend plus forts.
    Les travailleurs savent que lorsqu'ils se rassemblent pour former un
syndicat, ils bénéficient de beaucoup plus de pouvoir que sur une base
individuelle. Ils ont notamment le pouvoir de rendre nos milieux de travail
plus sécuritaires et plus sains ainsi que de renforcer nos collectivités par
de meilleurs soins de santé publics, des écoles mieux financées, des échanges
commerciaux équitables et la pérennité de l'environnement, entre autres.
    Grâce à sa diversité, notre syndicat s'est trouvé renforcé et a élargi
son champ d'action, ce dont je suis immensément fier.
    Les membres de notre syndicat, avec leurs expériences diversifiées et
leur vision progressiste d'un Canada plus fort et plus égalitaire, sont bien
placés pour faire avancer la lutte en faveur du changement, pour se faire les
porte-parole de tous les Canadiens et pour renforcer chez tous les citoyens la
conviction qu'ensemble, en cette période critique, nous pouvons faire en sorte
que le Canada soit promis à un brillant avenir.





Renseignements :

Renseignements: Shannon Devine, communications, Syndicat des TCA, (416)
302-1699 (cell.); ou Angelo DiCaro, (416) 606-6311 (cell.)

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