Médecins québécois pour le régime public - Soins de santé: Service public ou marché?



    Pour qui travailleront les médecins?

    MONTREAL, le 14 mai /CNW Telbec/ - Un colloque organisé par le
regroupement Médecins québécois pour le régime public (MQRP) réunit
aujourd'hui près de 150 personnes à l'hôpital Notre-Dame : des médecins
résidents et étudiants en médecine, des gestionnaires, ainsi que des
représentants du milieu syndical et communautaire.
    "Ce que les Québécois vivent depuis des années avec l'accès inégal aux
services de radiologie n'est qu'un avant-goût de ce que le gouvernement nous
prépare avec la marchandisation de tous les secteurs de notre système public
de santé" a déclaré Dre Saideh Khadir, présidente de MQRP. "Non seulement ne
faut-il pas reproduire le fiasco de la radiologie, mais il faut en effet
fermer cette brèche importante dans notre système en coayantuvrant
immédiatement, par le système public, tous les services de radiologie sans
exception. Il est de l'essence même du régime public de santé que tous les
services médicalement requis soient couverts et qu'ils le soient dans des
délais raisonnables" a-t-elle soutenue pour défendre les revendications de
MQRP.
    La première conférencière a lancé le débat à partir de la question "Pour
qui travailleront les médecins?". Me Marie-Claude Prémont, professeure à
l'Ecole nationale d'administration publique (ENAP) et analyste bien connue des
systèmes de santé, analyse les changements structuraux du système de santé
québécois, mis en place ou réclamés par divers acteurs tel que Claude
Castonguay, qui ont un impact sur la pratique médicale. "Les changements
adoptés et proposés affectent directement la pratique médicale" a-t-elle
affirmé. "Les intérêts d'une frange du corps médical pourraient s'opposer aux
intérêts de la très grande majorité des médecins". Elle a également donné son
avis sur le nouveau projet de loi 34 concernant les centres médicaux
spécialisé (CMS) et les laboratoires d'imagerie médicale.
    Elle a été suivie par Dre Jacky Davis, coprésidente de l'organisation
National Health Service Consultants Association et membre du conseil de la
British Medical Association (BMA), qui présente une analyse très documentée de
l'évolution du système de santé du Royaume-Uni depuis 1991 et les conséquences
de sa privatisation grandissante. Dre Davis est engagée dans une vaste
campagne Keep our NHS Public. "We support a publicly-funded and
publicly-delivered health care system that fosters collaboration rather than a
market-based model that demand competition." a-t-elle déclaré.
    Me Prémont, Dre Davis et Dre Louise Authier se sont ensuite demandées si,
du point de vue d'un médecin de famille, ces changements sont bénéfiques pour
les patients.
    L'après-midi était consacré à la présentation d'initiatives canadiennes
et québécoises vers une autre avenue, centrée sur la gestion publique et
l'amélioration des services pour tous. Dr Alan Hudson, responsable en Ontario
d'un vaste programme public d'amélioration de l'accès aux services et de
réduction des temps d'attente, a exposé les résultats positifs obtenus pour
l'ensemble de la population ontarienne suite à l'application de ce programme.
    Pour Danielle Martin, présidente de Canadian Doctors for Medicare (CDM)
et médecin de famille à Toronto, "il est temps de sortir du faux débat dans
lequel les promoteurs de la commercialisation des soins de santé ont plongé
tout le pays". Elle a parlé des offensives contre le système public de santé
au Canada, mais aussi des gains obtenus par le public dans différentes
provinces, par exemple de la couverture élargie des frais accessoires au
Manitoba.
    Dans sa conférence intitulée "Une intervention systématique pour
améliorer le fonctionnement des salles d'opération au Québec", le Dr Pierre
Fiset, président de la Société canadienne des anesthésiologistes et membre du
comité conjoint FMSQ/MSSS sur l'amélioration du fonctionnement des blocs
opératoires a discuté des constats d'une enquête terrain menée dans plusieurs
hôpitaux et des changements à opérer qui pourraient accroître considérablement
le volume des chirurgies.
    L'allocution du Dr Carl Taillon, directeur général adjoint aux Affaires
médicales et universitaires du CHUQ, a porté sur l'organisation complexe d'un
hôpital universitaire avec la nécessaire implication des médecins dans la
gestion hospitalière.
    Le Dr Marc Zaffran, bien connu sous le nom de plume Martin Winckler,
affirme que "le modèle français de système de santé est dans la réalité un
système inéquitable (...). Il serait extrêmement dommageable pour le système
de santé québécois d'emprunter les mêmes voies qui, de fait, accentuent les
inégalités déjà flagrantes de l'accès aux soins sur tout le territoire
français". Son analyse a remis les pendules à l'heure quant aux idées
véhiculées par les défenseurs du privé qui se réfèrent souvent à l'exemple de
la France.
    Enfin, le colloque s'est terminé par une allocution de Dre Saideh Khadir,
présidente de MQRP, qui a présenté les priorités d'action de MQRP. "Le
gouvernement doit assurer la couverture publique et gratuite de tous les
services médicalement requis, qu'ils soient offerts en centre hospitalier ou
non", a-t-elle réaffirmé. Elle a dénoncé l'exclusion de l'assurance publique
de certains examens radiologiques diagnostiques majeurs lorsqu'ils sont
effectués en clinique privée. Elle s'est aussi attaquée aux frais accessoires
chargés aux patients pour des soins à l'occasion des services médicalement
requis. "Comme médecins traitants, nous n'avons d'autre option que de placer
nos patients devant le choix difficile d'attendre des semaines avant de subir
l'examen à l'hôpital ou de débourser de leur poche des montants de l'ordre de
plusieurs centaines de dollars afin d'avoir un accès plus rapide aux examens
et par le fait même aux traitements", a-t-elle ajouté.
    Dre Khadir a également invité les participants à faire partie d'une
coalition élargie qui se met en place pour dénoncer la construction des
Centres hospitaliers en mode PPP : "MQRP demande au gouvernement de débuter
immédiatement la construction du CHUM et du CUSM en mode conventionnel et
d'éviter à tout prix d'hypothéquer nos hôpitaux pour trente-cinq ans avec des
contrats rigides et inadaptés aux besoins changeants des hôpitaux et des
patients".

    Médecins québécois pour le régime public (MQRP) est un regroupement
volontaire de médecins voués à la défense et à l'amélioration du système
public de santé accessible à tous, sans distinction de moyens, par la voie
d'un financement et d'une prestation des soins publics. Constitué en 2005
suite au jugement Chaoulli de la Cour suprême, MQRP considère que des
améliorations au système de santé s'imposent, mais qu'elles peuvent et doivent
se faire dans le cadre du régime public pour être à l'avantage de toute la
population. L'organisation compte actuellement près de 500 médecins de toutes
catégories dans diverses régions du Québec. Ses activités sont aussi ouvertes
aux personnes et organisation amies qui contribuent de diverses manières à ses
travaux.




Renseignements :

Renseignements: Pour des entrevues avec les conférenciers: Charlotte
Dussault, (514) 585-3879; Raymonde Danis, (514) 638-6659, info@mqrp.qc.ca;
Programme du colloque et présentations des conférenciers:
www.mqrp,qc.ca/colloque.php

Profil de l'entreprise

Médecins québécois pour le régime public (MQRP)

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