Lock-out au Journal de Québec - "Un conflit créé de toutes pièces par Quebecor !"



    QUEBEC, le 22 avril /CNW/ - Ce matin, à 9 heures, la direction de
Corporation Sun Media (Quebecor) a décrété un lock-out à l'endroit de ses
employés du Journal de Québec, le quotidien numéro un de la Capitale. Le
lock-out touche les employés de la rédaction, journalistes et photographes,
ainsi que tous les employés de bureau. Il survient alors qu'aucun des
syndicats n'avait même demandé de mandat de grève à ses membres.
    S'exprimant au nom des trois syndicats en négociation au Journal,
Denis Bolduc insiste pour dire que "absolument rien" ne peut justifier ce coup
de force. "Quebecor imprime de l'argent avec le Journal de Québec. Les profits
annuels sont colossaux. Le Journal est numéro un, son tirage est en constante
progression et son personnel est réduit par rapport à son compétiteur
Le Soleil. Mais Quebecor n'en a jamais assez. Le porte-parole syndical ajoute
que "Quebecor va porter toute la responsabilité du geste qu'il vient de poser,
en rupture totale avec 40 ans de relations harmonieuses avec ses employés."
    Par ailleurs, Denis Bolduc estime que "le lock-out au Journal de Québec
est un conflit créé de toutes pièces par Quebecor et savamment planifié dans
un bureau à Montréal. Avec le déclenchement du lock-out, Quebecor vient de
faire la démonstration que tous les gestes posés depuis l'automne ne visaient
que la création d'un conflit."
    Pour appuyer ses dires, les syndicats rappellent plusieurs faits
troublants :
    

    - l'embauche de 14 cadres supplémentaires en septembre;
    - l'envoi en novembre d'un courriel par une cadre de Quebecor pour
      recruter des journalistes "prêts à s'exiler à Toronto pour la durée du
      conflit";
    - le fait que Quebecor s'est départi des services d'Anne-Marie Cadieux,
      l'auteure de ce courriel embarrassant;
    - la mise en place d'une salle de presse au troisième étage du Toronto
      Sun;
    - la formation spéciale donnée aux cadres du Journal entre autres sur le
      logiciel de mise en page Quark;
    - la mise en place d'un service d'annonces classées à Kanata en Ontario;
    - l'ajout depuis l'hiver de caméras dans les bureaux du Journal de
      Québec;
    - le remplacement des serrures et le changement du système de contrôle
      d'accès à l'édifice de l'avenue Béchard;
    - la publicité de la compagnie Sécurité Kolossal qui cherchait pas moins
      de 200 agents de sécurité en prévision d'un conflit de travail à
      Québec, annonce parue le 15 décembre dans le Journal. Coincidence? En
      janvier, cette même compagnie est chargée de l'installation des
      nouvelles caméras au Journal. Depuis le 12 avril, ce sont les agents de
      cette même firme qui sont postés à l'entrée de l'édifice du Journal.)
    - la suspension, le 23 janvier, par la direction du Journal de cinq
      employés affectés à l'informatique. Tout en restant vague sur les
      motifs de ces suspensions, le lendemain, la partie patronale ajoutait à
      ses demandes la sous-traitance complète du service informatique. (Ces
      suspensions sont par la suite devenues des congédiements et ont été
      contestés par griefs.)

    Denis Bolduc souligne enfin que "le lock-out est d'autant plus brutal que
les syndiqués du Journal ne menaçaient pas de faire la grève, (qu')ils ne
l'ont jamais faite dans le passé et (qu') aucune journée de travail n'a été
perdue depuis l'ouverture en 1967."
    Pour mémoire, signalons que, l'an dernier, les 280 syndiqués du Journal
avaient accepté le prolongement d'un an de leur convention collective pour
affronter la concurrence du Soleil qui adoptait à ce moment le format tabloid.
    Les quelque 280 salariés travaillant au Journal de Québec, une division de
Corporation Sun Media, sont représentés par quatre syndicats (Bureau,
Imprimerie, Rédaction, et Représentants publicitaires), tous affiliés au
Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ). Seul le syndicat des
représentants publicitaires en est venu à une entente avec l'employeur,
entente adoptée par une courte majorité de 54,5 %. Tirant à 104 000
exemplaires en semaine et à 127 000 le samedi, le Journal de Québec est le
premier quotidien de la Capitale nationale.

    En plus des employés du Journal de Québec, le SCFP compte 7000 membres
dans les communications au Québec et est présent dans plusieurs autres
secteurs, notamment la santé et les services sociaux, les universités,
l'éducation, les transports urbain et aérien, les sociétés d'Etat et
organismes publics québécois, l'hydroélectricité et les municipalités. Avec
près de 100 000 membres, le SCFP reste le plus important affilié de la FTQ
qui, elle-même, est la plus imposante centrale syndicale au Québec avec
500 000 membres.

           Ce communiqué et d'autres infos sur le site scfp.qc.ca
    




Renseignements :

Renseignements: Denis Bolduc, porte-parole syndical, cell: (418)
564-8772; Robert Bellerose, Information SCFP, cell: (514) 247-9266; Source:
Syndicat Canadien de la Fonction Publique (FTQ)


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