Lock-out au Journal de Québec - Nouvel échec des négociations, les négociateurs syndicaux proposent de régler le conflit par l'arbitrage



    QUEBEC, le 27 janv. /CNW Telbec/ - C'est à nouveau l'impasse au Journal
de Québec. Les pourparlers intensifs des deux dernières semaines n'ont pas
permis le dénouement de ce conflit. Rappelons que depuis le 15 janvier,
parties patronale et syndicales avaient repris les échanges dans le cadre
d'une démarche exploratoire avec l'aide de deux conciliateurs du ministère du
Travail. Aux comités de négociation de chaque partie, s'étaient ajoutés la
vice-présidente aux ressources humaines de Quebecor, Julie Tremblay, ainsi que
le directeur-adjoint du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ),
Michel Bibeault.

    Impasse dans les négociations

    Les représentants syndicaux n'ont pas voulu élaborer sur le détail des
discussions tenues entre les parties depuis le 15 janvier. Ils ont rappelé que
les conciliateurs au dossier ont établi comme cadre préalable aux discussions
que "les parties et chaque participant s'engage(aient) à ce que les propos,
propositions ou hypothèses soumis par l'une ou l'autre (des parties ne soient
pas) non plus invoqués en aucun temps ultérieurement dans quelque forum ou
plateforme que ce soit" .
    Tout en se disant déçu de la tournure des événements, le porte-parole des
252 syndiqués en conflit, Denis Bolduc, a résumé la situation en disant que
"des échanges qui se sont terminés hier, aucune solution au conflit n'a pu
être trouvée, Quebecor veut toujours le beurre et l'argent du beurre".

    L'arbitrage pour régler le conflit

    Denis Bolduc a ensuite indiqué que les dirigeants syndicaux vont proposer
à leurs membres de soumettre l'actuel litige à l'arbitrage. "Quand des
personnes civilisées n'arrivent pas à s'entendre, elles demandent à un tiers
de trancher, a-t-il déclaré. C'est la piste de solution que les trois comités
de négociation vont soumettre à leurs membres."
    En vertu du Code du travail, pour qu'un arbitre puisse trancher un tel
conflit, les parties syndicale et patronale doivent en faire la recommandation
au ministre du Travail. On se rappellera que le 12 décembre, le ministre David
Whissell avait déclaré que "dès que les deux parties m'en feront la demande,
sur-le-champ je nommerai un arbitre pour régler la convention collective" au
Journal de Québec. Reste à voir maintenant si, de son côté, Quebecor fera
cette demande.
    Michel Bibeault a quant à lui expliqué les difficultés rencontrées en ces
termes: "Depuis le début du conflit, Quebecor ne nous a jamais parlé de son
plan d'affaires pour justifier ses demandes. Quebecor voudrait qu'on les croie
sur parole. Le problème, c'est qu'ils se trompent régulièrement. Ce n'est pas
vrai que ces gens-là sont en possession tranquille de la vérité." Michel
Bibeault a poursuivi en rappelant que les employés avaient fait confiance à
leur employeur quand est venu le temps d'affronter la nouvelle concurrence du
Soleil. "Dans l'année qui a suivi, Quebecor a préparé son lock-out et mis ses
travailleurs à la rue. Ce n'était pas loin de la trahison."

    Rappel du conflit

    Le conflit de travail au Journal de Québec dure maintenant depuis plus de
neuf mois. En effet, les employés de bureau et de la rédaction du Journal de
Québec sont sous le coup d'un lock-out décrété par l'employeur le 22 avril.
Avant le déclenchement du lock-out, aucun des trois syndicats n'avait demandé
de mandat de grève à ses membres ni même exercé de moyens de pression. En
solidarité avec leurs collègues jetés sur le trottoir par la décision de
Quebecor/Sun Media, les employés de l'imprimerie ont voté la grève à 97 %.
    Depuis la fondation du Journal de Québec en 1967, aucun conflit de
travail n'avait eu lieu. Il y a un peu plus d'un an et demi, tous les employés
syndiqués du Journal avaient accepté de reconduire la convention collective
pour un an en partenariat avec l'employeur qui faisait face à un concurrent,
Le Soleil, qui passait au format tabloid pour mieux le concurrencer.
    Depuis le 24 avril, les employés en conflit publient et distribuent cinq
jours semaine le MédiaMatinQuébec, un quotidien gratuit, pour rappeler leur
cause à la population de Québec. Quebecor/Corporation Sun Media a entrepris
plusieurs recours judiciaires pour empêcher la publication du
MédiaMatinQuébec. Toutes ces démarches ont échoué.
    Malgré le conflit, le Journal de Québec continue d'être publié. Dans une
décision rendue le 23 août 2007, en application de l'article 109 du Code du
travail (dispositions anti-scabs), la Commission des relations du travail
(CRT) du Québec a ordonné à la direction du Journal de Québec de cesser de
recourir aux services de quatre personnes qui remplissaient les fonctions de
salariés en conflit. De nouvelles plaintes concernant l'utilisation de
travailleurs illégaux par Quebecor ont été déposées par les syndicats en
octobre et novembre. Au total, ces plaintes visent 17 personnes. Les audiences
de la CRT sur ces plaintes ont commencé le 14 janvier. Elles vont se
poursuivre le lundi 28 janvier. Le 5 février, le Journal de Québec et le
journaliste de Canoe Hubert Lapointe font face à des accusations criminelles
pour avoir, l'été dernier, divulgué le nom d'une victime d'agression sexuelle
malgré une ordonnance de non-publication. Hubert Lapointe est l'une des 17
personnes visées par les plaintes sur l'emploi de scabs.




Renseignements :

Renseignements: Denis Bolduc, porte-parole des syndiqués en conflit,
(418) 564-8772 ou Robert Bellerose, Information SCFP, cell. (514) 247-9266;
SOURCE: SYNDICAT CANADIEN DE LA FONCTION PUBLIQUE


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