Lock-out au Journal de Québec - Les trois syndicats du Journal de Québec ont demandé l'arbitrage de leur conflit au ministre du Travail



    QUEBEC, le 28 janv. /CNW Telbec/ - Les trois syndicats qui représentent
les employés du Journal de Québec ont fait parvenir en après-midi une demande
d'arbitrage au ministre du Travail David Whissell. Réunis en assemblée
générale en fin de journée hier (dimanche), c'est d'ailleurs à l'unanimité que
les 252 employés du Journal de Québec avaient résolu de faire cette demande au
ministre. La lettre expédiée au ministre est aussi publiée sur le fil de
presse CNW.
    Dans un communiqué émis dimanche en début de soirée, Quebecor a fait
savoir "qu'il n'est pas question pour la direction du Journal de demander
l'intervention d'un arbitre" sans toutefois véritablement expliquer son refus.
    Le Code du travail stipule à l'article 79 que, dans ce cas, "l'arbitre
est tenu de rendre sa sentence selon l'équité et la bonne conscience." Le
porte-parole des 252 syndiqués en conflit, Denis Bolduc, a déclaré que pour la
population de la ville de Québec comme pour ses membres, ce conflit a assez
duré. "Les syndiqués considèrent que si Quebecor a de bons arguments pour
défendre sa position, elle sera en mesure de la faire devant ce tiers
impartial. Pour Quebecor, a-t-il ajouté, ce serait une façon honorable et
civilisée de régler ce conflit."
    Le 12 décembre dernier, le ministre David Whissell a déclaré que "dès que
les deux parties m'en feront la demande, sur-le-champ je nommerai un arbitre
pour régler la convention collective" au Journal de Québec."

    Rappel du conflit

    Le conflit de travail au Journal de Québec dure maintenant depuis plus de
neuf mois. En effet, les employés de bureau et de la rédaction du Journal de
Québec sont sous le coup d'un lock-out décrété par l'employeur le 22 avril.
Avant le déclenchement du lock-out, aucun des trois syndicats n'avait demandé
de mandat de grève à ses membres ni même exercé de moyens de pression. En
solidarité avec leurs collègues jetés sur le trottoir par la décision de
Quebecor/Sun Media, les employés de l'imprimerie ont voté la grève à 97 %.
    Depuis la fondation du Journal de Québec en 1967, aucun conflit de
travail n'avait eu lieu. Il y a un peu plus d'un an et demi, tous les employés
syndiqués du Journal avaient accepté de reconduire la convention collective
pour un an en partenariat avec l'employeur qui faisait face à un concurrent,
Le Soleil, qui passait au format tabloid pour mieux le concurrencer.
    Depuis le 24 avril, les employés en conflit publient et distribuent cinq
jours semaine le MédiaMatinQuébec, un quotidien gratuit, pour rappeler leur
cause à la population de Québec. Quebecor/Corporation Sun Media a entrepris
plusieurs recours judiciaires pour empêcher la publication du
MédiaMatinQuébec. Toutes ces démarches ont échoué.
    Malgré le conflit, le Journal de Québec continue d'être publié. Dans une
décision rendue le 23 août 2007, en application de l'article 109 du Code du
travail (dispositions anti-scabs), la Commission des relations du travail
(CRT) du Québec a ordonné à la direction du Journal de Québec de cesser de
recourir aux services de quatre personnes qui remplissaient les fonctions de
salariés en conflit. De nouvelles plaintes concernant l'utilisation de
travailleurs illégaux par Quebecor ont été déposées par les syndicats en
octobre et novembre. Au total, ces plaintes visent 17 personnes. Les audiences
de la CRT sur ces plaintes ont commencé le 14 janvier. Elles se sont
poursuivies le lundi 28 janvier. Le 5 février, le Journal de Québec et le
journaliste de Canoe Hubert Lapointe font face à des accusations criminelles
pour avoir, l'été dernier, divulgué le nom d'une victime d'agression sexuelle
malgré une ordonnance de non-publication. Hubert Lapointe est l'une des
17 personnes visées par les plaintes sur l'emploi de scabs.




Renseignements :

Renseignements: Denis Bolduc, porte-parole des syndiqués en conflit,
(418) 564-8772; Robert Bellerose, Information SCFP, cell. (514) 247-9266;
Source: Syndicat canadien de la fonction publique


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