L'investissement privé en télécommunication: un stimulus économique



    MONTREAL, le 28 mai /CNW Telbec/ - Les investissements privés constituent
un aspect essentiel de la relance économique et doivent être encouragés, selon
l'Institut économique de Montréal (IEDM). "Les investissements privés
totalisent plus de 270 milliards annuellement", dit Michel Kelly-Gagnon,
président de l'IEDM. "Ce montant est près de dix fois supérieur aux
investissements publics annoncés dans le plan de relance du budget fédéral."
    Une Note économique publiée aujourd'hui dévoile que le secteur des
télécommunications, notamment, profiterait d'une réduction des obstacles à
l'investissement. Le texte de cette étude est disponible gratuitement au
www.iedm.org.
    Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes
(CRTC) force les compagnies de téléphone à partager leurs réseaux de
télécommunication avec leurs concurrents, souligne l'étude. Cette politique
décourage l'investissement privé et, par conséquent, mine les efforts de
création d'emplois.
    "Le développement de réseaux de nouvelle génération exige d'énormes
investissements", souligne Michel Kelly-Gagnon. "Sans droits de propriété bien
protégés, une entreprise refusera d'y investir les millions nécessaires, car
elle sait que ses compétiteurs pourront en profiter contre son gré." Résultat:
des centaines d'emplois ne verront jamais le jour, ajoute-t-il.

    A l'encontre des meilleures pratiques économiques

    L'auteur de l'étude L'accès forcé aux réseaux, l'économiste Pierre
Lemieux, explique que la décision du CRTC s'oppose aux enseignements de la
théorie économique. En particulier au fameux "théorème de Coase", qui a valu à
Ronald Coase le Prix Nobel d'économie en 1991.
    Appliquée au secteur des télécommunications, le théorème de Coase affirme
qu'il est préférable de laisser les propriétaires de réseaux et les
entreprises de télécommunication négocier entre eux pour déterminer qui
contrôlera quoi, dit l'auteur. Les entreprises efficaces possédant un bon plan
d'affaires seront prêtes à payer plus cher pour la location de bande passante.
Quant au propriétaire du réseau, il louera volontiers une partie de celui-ci
s'il reçoit un prix supérieur à celui facturé à ses propres clients, explique
Pierre Lemieux, professeur associé au Département des sciences administratives
de l'Université du Québec en Outaouais.
    En plus de favoriser l'investissement privé, ces transactions libres
entraînent une meilleure utilisation des ressources, poursuit l'auteur, car
elles limitent l'accès du marché aux seules entreprises efficaces, donc
créatrices de richesse. "Les processus politiques et bureaucratiques, au
contraire, sont incapables de déterminer si l'entrée d'une nouvelle entreprise
- via la location d'éléments d'un réseau - est efficace ou non, dit-il. Seules
les transactions sur le marché peuvent le faire."
    De tels échanges ont déjà cours dans l'industrie des télécommunications,
fait remarquer Michel Kelly-Gagnon. "Plus de la moitié des recettes que les
grandes compagnies de téléphone tirent de leurs ventes de gros provient de
services qu'elles ne sont pas obligées d'offrir. Qui plus est, avant que le
gouvernement ne se mette aussi en tête d'imposer le partage des sites
d'antennes cellulaires, le tiers de ces équipements étaient déjà régulièrement
partagés."
    L'IEDM s'intéresse à la question des droits de propriété dans le secteur
des télécommunications. L'Institut publiera prochainement une étude
complémentaire à L'accès forcé aux réseaux de télécommunications, mettant
cette fois en lumière la Neutralité de réseaux, une proposition de politique
publique visant à imposer aux propriétaires de réseaux de télécommunication
des directives quant à l'utilisation et la tarification de leurs réseaux.

    L'Institut économique de Montréal est un organisme de recherche et
d'éducation indépendant, non partisan et sans but lucratif. Par ses études et
ses conférences, l'IEDM alimente les débats sur les politiques publiques au
Québec et au Canada en proposant des réformes créatrices de richesse et
fondées sur des mécanismes de marché.




Renseignements :

Renseignements: et demandes d'entrevues: André Valiquette, directeur des
communications, Institut économique de Montréal, (514) 273-0969 p. 2225,
Cell.: (514) 574-0969, avaliquette@iedm.org


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