L'Indice Scotia des prix des produits de base se replie en janvier

  • Rapport spécial : L'Indice Scotia des prix des produits de base fait l'objet d'une repondération afin de rendre compte de la prépondérance croissante du pétrole dans les exportations nettes du Canada.

TORONTO, le 28 févr. 2012 /CNW/ - L'indice des prix des produits de base de la Banque Scotia - remanié afin de refléter les coefficients de pondération relatifs aux exportations nettes de 2010 et recalculé sur la base 100 en janvier 2007 - a chuté de 1,7 % en glissement mensuel en janvier. Cependant, l'indice global est demeuré à 2,5 % au-dessus de son niveau d'il y a un an, en raison de la vigueur récente des cours du pétrole et de l'énorme prépondérance du pétrole brut et des produits pétroliers raffinés dans les exportations nettes de marchandises et de produits manufacturés à base de matières premières du Canada, lesquels comptent désormais pour près du tiers du total.

Néanmoins, l'indice du pétrole et du gaz a entraîné l'indice global à la baisse en janvier (recul de 2,9 % en glissement mensuel). Tant les prix du brut léger non sulfuré à Edmonton que ceux du brut lourd Western Canadian Select (WCS) à Hardisty, en Alberta, ont légèrement baissé. Les cours du pétrole brut dans l'Ouest canadien ont fortement reculé au début de février, car un arrêt imprévu dans une raffinerie de Whiting, en Indiana, a temporairement réduit la demande de brut canadien (les activités ont maintenant repris à la raffinerie).

« Dans certains pipelines, l'espace a été réparti pour les expéditions du mois de mars, ce qui s'explique en partie par le fait que la capacité des pipelines d'exportations vers les États-Unis et l'Asie n'est pas suffisante pour répondre à l'accroissement de la production pétrolière du Canada. Cette situation est également à l'origine de rabais exceptionnellement élevés sur le brut synthétique léger et le WCS par rapport au WTI », souligne Patricia Mohr, vice-présidente d'Études économiques Scotia et spécialiste du marché des produits de base à la Banque Scotia. « Les cours mondiaux du pétrole poursuivent leur ascension - le baril de Brent se vend actuellement 126 $ US et celui de pétrole WTI, 108 $ US - dans le contexte des tensions accrues concernant le programme nucléaire de l'Iran et de la perte probable d'une certaine partie du brut iranien destiné aux marchés mondiaux. Par conséquent, nous avons revu à la hausse les prix moyens prévus en 2012 pour le Brent et le WTI, qui se situent maintenant à 125 $ US et 110 $ US, respectivement. »

L'indice des métaux et des minéraux a également reculé (baisse de 1,8 % d'un mois sur l'autre) en janvier. Les prix des métaux communs se sont fortement redressés, les fonds d'investissement et de couverture ayant délaissé leurs positions courtes pour adopter des positions longues face aux indicateurs économiques qui ont dépassé les attentes aux États-Unis. Les prix du cuivre seront en moyenne plus élevés en février qu'en janvier - tout comme ceux du zinc, du nickel et de l'aluminium - bien que le cuivre se soit replié et fixé à 3,83 $ US la livre, ce qui est encore lucratif, à la fin du mois. Les cours de l'uranium au comptant demeurent à un creux, à 52 $ US la livre en moyenne en janvier et en février. Les prix de base des contrats à terme (avant alignement) ont chuté de 2 $ US et s'établissaient à 61 $ US à la fin du mois de janvier. Au cours d'un récent voyage en Chine, le premier ministre Harper a annoncé que le Canada et la Chine avaient mené à bien d'importantes négociations en vue d'un accord qui permettra d'accroître les exportations d'uranium canadien vers la Chine.

  • L'indice des prix des produits de base de la Banque Scotia a été remanié afin de rendre compte de l'évolution de l'économie de ressources naturelles du Canada

L'Indice Scotia des prix des produits de base qui est présenté aujourd'hui a été remanié et repondéré afin de rendre compte des changements radicaux qui touchent depuis quelque temps les exportations nettes du Canada. Depuis janvier 2012, l'indice se fonde sur les coefficients de pondération relatifs aux exportations nettes de 2010, les données ayant fait l'objet d'une nouvelle estimation jusqu'en 2007.

Premier indice conçu pour suivre l'évolution des prix des produits de base présentant un intérêt pour les Canadiens et les producteurs de ressources naturelles du Canada, l'Indice Scotia des prix des produits de base a été lancé en 1987. Les valeurs de l'indice ont été estimées jusqu'en 1972 afin de tenir compte de l'incidence de l'embargo pétrolier des pays arabes en 1973. L'indice n'a fait l'objet d'une repondération qu'une seule fois, en avril 1999, le poids de chaque composante ayant été alors fixé en fonction de sa valeur d'exportation pour la période de 1995 à 1997, à l'exception du pétrole brut et des produits pétroliers raffinés, du papier non couché sans pâte mécanique et du carton doublure pour lesquels les exportations nettes ont été utilisées.

« L'évolution du poids commercial dans le nouvel indice est spectaculaire. En effet, l'indice du pétrole et du gaz, qui comprend le pétrole brut et les produits pétroliers raffinés, le gaz naturel et les liquides du gaz naturel, compte maintenant pour 39,9 % de l'indice global, en hausse par rapport à 16,6 % précédemment », explique Mme Mohr. « En revanche, le poids des produits forestiers, soit les produits ligneux ainsi que la pâte, le papier et le carton, a fortement reculé, passant de 39,8 % auparavant à 14,7 %. »

« Les métaux et des minéraux continuent de faire bonne figure : leur pondération a légèrement augmenté (de 26,8 % à 30,1 %), ce qui s'explique en partie par la prise en compte de la progression rapide des exportations de minerai de fer en provenance du Labrador et du nord du Québec vers la Chine et l'Europe », ajoute Mme Mohr. « La pondération de l'indice des produits agricoles demeure relativement le même, à 15,3 % (elle était de 16,8 % précédemment), car le canola prend de l'importance, tandis que les agriculteurs et le secteur agro-industriel profitent de prix lucratifs. Les importants changements susmentionnés sont relativement récents - ils remontent à la période 2006-2007, mais ils sont devenus très prononcés dans la foulée de la récession qui a touché les États-Unis en 2008 et en 2009. »

Ces changements sont imputables à l'évolution structurelle des industries du secteur primaire au Canada, particulièrement en ce qui a trait aux éléments ci-dessous :

1)      Le Canada est devenu une économie dominée par le pétrole en raison de la croissance importante du secteur pétrolier dans l'Ouest canadien et à Terre-Neuve, croissance qui touche non seulement les sables bitumineux de l'Alberta, mais également les nouvelles zones pétrolières étanches, comme celle de Bakken dans le sud-est de la Saskatchewan. Le pétrole brut et les produits pétroliers raffinés représentant maintenant un énorme 28,5 % des exportations nettes de produits à base de matières premières du Canada, la construction d'une infrastructure pipelinière qui permet d'exploiter les marchés d'exportation, particulièrement les marchés en expansion de l'Asie, revêt une importance vitale pour l'économie canadienne.
2)      Le Canada demeure un grand pays minier. L'importante croissance industrielle en lien avec la potasse, le charbon cokéfiable, l'or et le nickel, de même que la prise en compte du minerai de fer, a entraîné une forte augmentation de la pondération des métaux et des minéraux dans l'indice. Le troisième producteur d'acier en importance de la Chine détient des participations dans trois entreprises minières de la fosse du Labrador, ce qui s'explique probablement par le minerai de grande qualité qu'on y trouve et par une volonté de diversifier les sources d'approvisionnement afin de ne pas dépendre des trois grandes sociétés minières qui accaparent actuellement plus de 80 % du trafic maritime mondial.
3)      Le ralentissement prolongé des mises en chantier aux États-Unis commence à avoir des conséquences néfastes sur le bois d'œuvre et les panneaux de particules orientées. En revanche, le poids du bois d'œuvre et des produits ligneux a chuté et se situe à seulement 4,0 % désormais (comparativement à plus de 10 % auparavant). Après avoir atteint un sommet de 2,27 millions d'unités sur une base annualisée en janvier 2006, le nombre de mises en chantier aux États-Unis a commencé à reculer de manière cyclique jusqu'en 2007 avant de plonger au cours de la récession de 2008-2009. Jusqu'ici, la reprise a été exceptionnellement lente (699 000 unités en janvier 2012), mais le nombre de mises en chantier aux États-Unis devrait rebondir d'ici le milieu de la décennie et revenir à des niveaux plus conformes à la demande démographique sous-jacente (de 1,4 à 1,5 million d'unités). Entre-temps, les mesures de promotion commerciale prises par l'industrie et le gouvernement en vue de diversifier les marchés pour le bois d'œuvre canadien, particulièrement vers la Chine, donnent de bons résultats. Le Canada, qui est devenu le principal fournisseur de bois d'œuvre de la Chine en 2010, profitera du très important programme de logement social mis en place par la Chine dans le cadre du 12plan quinquennal.

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

SOURCE Banque Scotia - Rapports Economiques

Renseignements :

Patricia Mohr, Études économiques Scotia, 416-866-4210, patricia.mohr@scotiabank.com;
Patty Stathokostas, Relations avec les médias, Banque Scotia, 416-866-3625, patty.stathokostas@scotiabank.com

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