L'indice Scotia des prix des produits de base se contracte de nouveau en décembre



    TORONTO, le 29 janv. /CNW/ - Pour le cinquième mois consécutif, l'indice
Scotia des prix des produits de base, qui permet d'analyser la tendance des
prix de 32 des principales exportations canadiennes, a fléchi de façon
significative en décembre, perdant 5,5 % d'un mois sur l'autre. L'indice
global a chuté de 39 % par rapport à son sommet cyclique de juillet et a
terminé 2008 en baisse de 16,9 % en glissement annuel.
    "Pour de nombreux indices, le passage de l'emballement à l'effondrement a
été le plus rapide depuis la création de l'indice Scotia des prix des produits
de base, en 1972", a souligné Patricia Mohr, vice-présidente d'Etudes
économiques Scotia et spécialiste du marché des produits de base. "Bien que
les prix des produits de base n'aient pas encore atteint un creux, le déclin
se fait moins rapidement et les ventes forcées et intempestives d'actifs par
des fonds semblent se calmer. De nombreux prix se rapprochent de la moyenne
mondiale des coûts déboursés, ce qui entraîne des réductions de production
importantes, le report de nouveaux projets et un resserrement de
l'approvisionnement."
    "En janvier, les prix du cuivre et du zinc ont connu un regain temporaire
alors que les fonds d'investissement augmentaient leur pondération pour ces
métaux afin de refléter le rééquilibrage et la repondération de l'indice des
produits de base AIG du Dow Jones et de l'indice S&P GSCI", a ajouté Mme Mohr.
"L'afflux record d'investisseurs vers les fonds indiciels aurifères cotés en
bourse a également eu un effet haussier sur les métaux précieux, les
investisseurs particuliers et institutionnels cherchant à se mettre à l'abri
de la volatilité des marchés des changes et des actions."
    Du côté des sous-indices, celui du pétrole et du gaz a une fois de plus
affiché le déclin le plus marqué de l'ensemble des produits de base en
décembre, dégringolant de 10,6 % d'un mois sur l'autre. L'indice des produits
forestiers s'est contracté de 5,4 % d'un mois sur l'autre, les prix des 2x4 en
pin-sapin-épinette reculant à des niveaux sans précédent depuis février 1986.
L'indice des métaux et des minéraux a encore reculé (-4 % d'un mois sur
l'autre), bien que les prix des métaux de base aient légèrement rebondi en
janvier. Enfin, l'indice des produits agricoles (-0,5 % en glissement mensuel)
s'est replié en décembre, bien que le déclin soit également en train de
s'atténuer.

    Pétrole et gaz

    Le prix du pétrole WTI, le principal prix de référence en Amérique du
Nord, n'a atteint en moyenne que 41,77 $ US le baril en décembre, plongeant à
un creux d'aussi peu que 33,87 $ US le 19 décembre. Les prix ont été volatils
en janvier, atteignant pas moins de 50 $ US au début du mois, alors que les
risques "géopolitiques" liés à la production ont refait leur apparition, pour
ensuite plonger à environ 33 $ US au milieu du mois, parallèlement à des
indicateurs économiques en dégradation et plutôt sombres. Cependant, l'annonce
voulant que les 11 de l'OPEP (hormis l'Irak) aient réduit leur offre d'un
montant appréciable, soit 1,55 million de barils par jour, en janvier et que
l'Arabie saoudite réduise sa production et ses livraisons en février, d'un
montant supérieur à ce qui avait été convenu, a eu pour effet de propulser de
nouveau les prix à 45-46 $ US au milieu du mois.
    Après avoir baissé de 0,3 % en 2008, la consommation mondiale de pétrole
reculera d'environ 1 % en 2009, diminuant de façon marquée aux Etats-Unis
jusqu'à la fin du troisième trimestre, pour se stabiliser vers la fin de
l'année. Toutefois, la production mondiale de pétrole risque également de
diminuer. Dans les pays qui ne sont pas membres de l'OPEP, la production de
pétrole a en fait baissé de 600 000 barils par jour en 2008 et augmentera peu
(voire pas du tout) en 2009. Bien que les stocks de pétrole des Etats-Unis et
des pays de l'OCDE demeurent élevés et qu'il faudra du temps avant que les
stocks actuels, plus que suffisants, ne commencent à diminuer, les réductions
de quotas de l'OPEP, conjugués à l'offre stagnante des pays non membres de
l'OPEP, devraient commencer à entamer les stocks d'ici le troisième trimestre
de 2009.
    "Un déclin marqué des dépenses en capital mondiales affectées à la mise
en valeur de nouveaux gisements est propice à une forte remontée des prix au
début de la prochaine décennie", a indiqué Mme Mohr. "L'Association canadienne
des producteurs pétroliers estime que les reports de projets d'exploitation
des sables bitumineux de l'Alberta réduiront à eux seuls les dépenses en
capital, les faisant passer de 20 G$ en 2008 à 11 G$ en 2009."
    Les prix du gaz naturel sur le Nymex sont actuellement très faibles, se
situant à seulement 4,48 $ US le million de BTU, soit bien en deçà des 7,99 $
US atteints un an auparavant. Les prix disponibles sur AECO-C n'atteignent que
4,35 $ US le millier de pieds cubes. Les prévisions quant au prix du gaz
naturel sur le Nymex ont été revues à la baisse, le fixant à 5,25 $ US le
million de BTU pour 2009, avec une légère remontée à 6,80 $ US en 2010. Voilà
qui concorde avec des prix du pétrole WTI atteignant en moyenne 50 $ US en
2009 et 65 $ US en 2010.
    "Les prix actuels du gaz naturel ne suffisent pas à entraîner une reprise
des activités de forage "classiques" en Alberta, en dépit de l'allégement
transitoire au titre des redevances liées aux ' nouveaux ' forages réalisés au
cours des cinq prochaines années", a souligné Mme Mohr. "Cependant, les
producteurs conserveront des programmes de forage importants dans les zones de
schiste et de sables compacts de Horn River et de Montney, concentrées dans le
nord-est de la Colombie-Britannique, en raison des excellents résultats de
forage obtenus et des attentes voulant que ces étendues puissent
éventuellement au bas mot tripler les réserves de gaz naturel du Canada,
lesquelles s'établissent actuellement à 60 billions de pieds cubes. Par
contre, les activités de forage dans l'Ouest canadien pourraient diminuer de
15 % en 2009, avant qu'une reprise modeste ne se fasse sentir de nouveau au
second semestre de 2010."

    Métaux et minéraux

    Selon Mme Mohr, la dégringolade rapide des prix des métaux de base, qui
étaient vigoureux au premier semestre de 2008, est sans précédent et reflète
en partie la liquidation forcée de fonds de couverture occupant des positions
sur le marché des produits de base à la suite de rachats de fonds et du
resserrement du crédit au quatrième trimestre de 2008.
    "Les prix du cuivre à la LME sont un bon exemple : d'un niveau record de
4,08 $ US la livre atteint le 3 juillet 2008, ils ont plongé à un creux aussi
bas que 1,26 $ US le 24 décembre, soit en deçà du 90e percentile des 'coûts
directs' mondiaux à environ 1,45 $ US, entraînant de nombreuses fermetures de
mines et de retards touchant des projets", a ajouté Mme Mohr.

    Produits forestiers

    Les prix des 2x4 en pin-sapin-épinette de l'Ouest ont reculé à 136 $ US
le millier de pieds-planche (kpmp) à la mi-janvier avec la poursuite de la
débâcle dans le secteur de la construction résidentielle aux Etats-Unis. Les
mises en chantier au sud de la frontière ne devraient représenter que 650 000
unités en 2009, avant de progresser légèrement à 850 000 unités en 2010 et de
retrouver des niveaux plus normaux entre 2011 et 2013. Des fermetures d'usine
sont à prévoir à court terme.
    "Au Canada, le budget fédéral 2009 donnera une impulsion bienvenue, bien
que modeste, à la demande de matériaux de construction grâce au crédit d'impôt
pour la rénovation domiciliaire, à un financement de 12 G$ pour les projets
d'infrastructure à l'échelle du Canada et aux fonds consacrés aux logements
sociaux", conclut Mme Mohr.

    Etudes économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie
des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie
mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de
change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie
ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et
gouvernementales.





Renseignements :

Renseignements: Patricia Mohr, Etudes économiques Scotia, (416)
866-4210, pat_mohr@scotiacapital.com; Paula Cufre, Relations publiques, Banque
Scotia, (416) 933-1093, paula_cufre@scotiacapital.com

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