Libérer le marché pour relancer le secteur forestier



    MONTREAL, le 20 nov. /CNW Telbec/ - En favorisant la création d'un marché
concurrentiel pour la matière ligneuse, on permettrait à l'industrie
forestière de se restructurer pour répondre plus efficacement à la compétition
internationale. Cette industrie pourrait ainsi jouer son rôle-clé dans le
développement du Québec sans avoir à recourir à des solutions à court terme
basées sur des subventions et des réglementations protectionnistes. Dans une
Note économique publiée par l'Institut économique de Montréal (IEDM), André
Duchesne, ancien président de l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec et
de l'Association des industries forestières du Québec, explique que "le retour
de la compétitivité passera nécessairement par une consolidation des volumes
de bois prélevés sur les terres publiques dans les usines les plus rentables,
lesquelles devront augmenter leur taille et leur productivité".
    Pour amortir l'impact d'une crise comme celle qui afflige le secteur
forestier, la réaction habituelle est de réclamer l'aide des gouvernements,
qui prend principalement la forme de dégrèvements d'impôts, d'aide à
l'investissement et de subventions plus ou moins déguisées conçues pour être
tolérées par les contribuables et par les concurrents étrangers dans le cadre
des ententes commerciales internationales. Cette approche n'a qu'une portée à
court terme et ne peut sortir de manière durable le secteur forestier du
marasme où il est enlisé.

    La création d'un marché concurrentiel des produits et services forestiers

    La Loi sur les forêts ne permet pas le transfert de bois d'une usine à
l'autre sans une autorisation expresse du ministre des Ressources naturelles
et de la Faune. Les décisions sont discrétionnaires. On valorise l'autarcie
régionale aux dépens de la rentabilité de l'industrie. De telles contraintes
freinent la réalisation des économies d'échelle et la hausse de productivité
que la consolidation des opérations est susceptible d'apporter. De plus, le
ministre est légalement et politiquement empêché de révoquer le contrat
d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF) d'une usine, même
fermée, tant que les délais prévus dans la Loi ne sont pas expirés et même
tant que subsiste un espoir de réouverture. Dans le contexte des réductions de
récolte décidées par le forestier en chef, la Loi pourrait être revue afin de
permettre au ministre de résilier immédiatement le CAAF des usines fermées.
    Selon la proposition élaborée par André Duchesne, les territoires
forestiers ainsi libérés pourraient faire l'objet d'un nouveau type de
contrat, sans lien avec une usine, qui autoriserait son titulaire, en
contrepartie d'un loyer annuel et du respect de conditions visant la pérennité
des ressources ligneuses et fauniques, à vendre celles-ci sur le marché.
    Ce nouveau type de contrat sur les terres publiques favoriserait le
développement d'une industrie de l'aménagement forestier distincte de
l'industrie forestière traditionnelle, pour laquelle cette activité ne
constitue qu'un coût à réduire le plus possible. Cette nouvelle approche
permettrait de responsabiliser les entreprises quant à l'aménagement intégré
de l'ensemble des ressources forestières. Elle amènerait aussi l'industrie à
utiliser les forces du marché pour aider à résorber le vieux conflit d'usage
entre les utilisateurs de matière ligneuse, les chasseurs, pêcheurs, campeurs,
villégiateurs, amants de la nature et tous les autres utilisateurs de la
forêt. En effet, en tentant d'optimiser ses revenus, le détenteur d'un tel
contrat serait ouvert à la demande pour chacun des usages tout autant qu'au
coût de fourniture de chacun des biens et services de la forêt. En raison des
fermetures déjà connues, on pourrait déjà créer un marché de plusieurs
millions de mètres cubes de matière ligneuse accessible à toute usine
existante ou nouvelle en mesure de payer la valeur concurrentielle de ce bois.
Les usines les plus profitables seraient les plus susceptibles d'utiliser cet
approvisionnement, puisque ce sont celles dont la marge de manoeuvre et les
possibilités de développement sont les plus grandes.

    Les difficultés de l'industrie forestière

    Rappelons qu'un ensemble de facteurs a progressivement rendu le secteur
forestier vulnérable et amené la fermeture d'une usine sur six au Québec, ce
qui implique la perte de plus de 10 000 emplois bien rémunérés :

    
    - L'appréciation du dollar canadien rend les produits du bois plus
      coûteux à l'exportation.
    - La hausse du prix de l'énergie rend plus coûteux le séchage du papier.
    - La taxe sur le capital des deux niveaux de gouvernement ne sera que
      très progressivement abolie.
    - Les interventions américaines dans le secteur du sciage ont coûté cher
      à l'industrie.
    - Le coût de la matière première est très élevé par rapport au marché
      mondial, et il continue de monter.
    

    La Note économique Comment résoudre la crise du secteur forestier? a été
préparée par André Duchesne, ing.f., ancien président de l'Ordre des
ingénieurs forestiers du Québec et ancien président et directeur général de
l'Association des industries forestières du Québec. Il a été récipiendaire du
prix Idée entrepreneuriale Georges Petty 2007 de l'IEDM.

    La Note est disponible à www.iedm.org

    L'IEDM est un institut indépendant, non partisan et sans but lucratif qui
participe aux débats sur les politiques publiques du Québec et du Canada en
proposant des solutions créatrices de richesse sur des questions de fiscalité,
de réglementation, de réforme du système de santé et d'éducation. Il publie
entre autres depuis 2000 le Bulletin des écoles secondaires du Québec et il a
remporté en 2004 l'un des Templeton Freedom Award for Institute Excellence
pour l'excellence de sa gestion et de ses relations publiques.




Renseignements :

Renseignements: et demandes d'entrevues: André Valiquette, Directeur des
communications, Institut économique de Montréal, (514) 273-0969 p. 2225,
Cell.: (514) 574-0969, avaliquette@iedm.org


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