Lettre ouverte de la part d'économistes canadiens demande des actions concrètes pour répondre à la crise économique



    OTTAWA, le 8 oct. /CNW Telbec/ - Ottawa : Aujourd'hui, 85 économistes
diffusent une lettre ouverte critiquant le gouvernement fédéral pour son
inaction à la lumière de la crise financière mondiale qui s'accentue, de la
probabilité croissante d'une récession internationale, et des failles de
l'économie canadienne. Cette lettre conteste les affirmations du gouvernement
selon lesquelles les "fondements" du Canada sont solides en faisant la preuve
de la détérioration significative du performance économique du Canada depuis
deux ans.
    Malgré les affirmations récentes du gouvernement, il existe encore une
disparité significative entre la politique appropriée pour répondre aux
risques de récession et l'approche du laissez-faire que nous sert le premier
ministre.
    Dans cette lettre ouverte, on incite le gouvernement et ses institutions
à faire preuve de leadership et à jouer un rôle plus actif dans la
stabilisation des marchés financiers, la stimulation d'investissements réels,
et le maintien de l'emploi et des revenus à une période où le ralentissement
financier et économique ne fait que s'envenimer.

    Les signataires de cette lettre sont :

    Arthur Donner : Conseiller économique
    Marc Lee, président, Progressive Economics Forum
    Mike McCracken, président, Informetrica Ltd.
    Martha MacDonald, chaire du Département d'économie, Université St. Mary's
    Fiona MacPhail, chaire du Département d'économie, Université de
    Colombie-britannique du nord
    Lars Osberg, chaire, Département d'économie, Université Dalhousie, ancien
    président de l'Association canadienne d'économique
    Hon. Douglas Peters, ancien secrétaire d'Etat fédéral (Finances)
    Mario Seccareccia, Département d'économie, Université d'Ottawa
    Brenda Spotton, Département d'économie, Université York
    Rodrigue Tremblay, Professeur émérite en politiques économiques,
    Université de Montréal, ancien président de l'Association Canadienne de
    science économique et ancien Ministre québecois de l'Industrie.
    ...et 75 autres économistes. Pour consulter cette lettre ouverte et la
liste intégrale des signataires, rendez-vous à l'adresse :
    http://www.progressive-economics.ca/2008/10/07/open-letter/

    Personnes-ressources :
    Marc Lavoie (Gatineau) (819) 770-4306
    Mario Seccareccia (Ottawa) : 613-562-5800 ext 1691

    Cette lettre ouverte a été préparée par le Progressive Economic Forum, un
réseau d'économistes faisant la promotion de solutions progressistes à la
théorie et aux politiques économiques conservatrices.

    Lettre ouverte de la part d'économistes canadiens à propos de la crise
    économique actuelle et la réponse du gouvernement qui s'impose

    La crise financière mondiale qui s'aggrave, la chute des prix des
matières premières à l'échelle mondiale et le risque grandissant d'une
récession mondiale dévoilent des faiblesses inquiétantes de l'économie
canadienne. Le simple fait de nous en remettre à nos "bases solides" et
d'autres formes d'insouciance économique ne protégeront pas les Canadiens de
la tempête qui s'annonce.

    Les bases économiques canadiennes sont tout sauf solides

    La performance macroéconomique s'est considérablement affaibli depuis
l'entrée au pouvoir du gouvernement actuel au début de 2006. La croissance
économique s'est en grande partie arrêtée. La productivité est en baisse. La
récente expansion était surtout le résultat d'une hausse des prix des produits
de base et d'une bulle dans le secteur du logement, deux phénomènes qui tirent
à leur fin.
    Les marchés du travail ont faibli, et le volume d'emploi devrait diminuer
davantage au fur et à mesure que le ralentissement se fera sentir. Certains
secteurs sont déjà sévèrement touchés. Plus de 300 000 emplois en fabrication
ont été perdus. Malgré cela, moins de 40 % de travailleurs au chômage ont
droit aux prestations d'assurance-emploi.
    A l'exception du pétrole et des minéraux, nos exportations nettes ont
considérablement fléchi. Les revenus enregistrés des sociétés, des
gouvernements et de certains ménages ont été gonflés un certain temps en
raison des prix records des produits de base sur les marchés mondiaux. Mais
une dépendance excessive à l'égard de l'extraction des ressources naturelles
ne constitue pas une base durable pour nos progrès économiques futurs.
Entre-temps, en grande partie en conséquence de cette dépendance grandissante,
le Canada a manqué lamentablement de faire sa part pour ce qui est de l'effort
mondial de restreindre les émissions de gaz à effet de serre.
    Bien que les institutions financières canadiennes ne se soient pas autant
adonnées à des pratiques risquées que leurs homologues américains, la Banque
du Canada s'est déjà vue obliger de fournir des milliards de dollars en
liquidité à court terme. Les conditions du crédit au Canada apparaissent de
plus en plus incertaines, restreintes et coûteuses, ce qui mettra
inévitablement un frein aux dépenses et à l'activité éonomique dans les mois
qui viennent.
    Les ménages canadiens sont plus endettés que jamais, avec 1,25 $ de dette
pour chaque dollar de revenu disponible. Etant donné les manchettes
pessimistes, la chute des valeurs boursières et immobilières, et leurs
finances précaires, les Canadiens commencent à réduire leurs dépenses de
consommation.
    De nombreux Canadiens ont peu profité des périodes prospères : les taux
de pauvreté au Canada n'ont pas accusé une baisse significative et les
salaires réels ont à peine augmenté, bien que les bénéfices des sociétés aient
atteint des sommets records. Mais la possibilité d'une récession est
maintenant une menace qui pourrait toucher tout le monde - que nous ayons ou
non profité des périodes prospères.

    La crise exige une réponse vigoureuse de la part du gouvernement

    Dans l'ensemble, la politique économique canadienne au cours des
dernières années a été de réduire la portée du gouvernement (au moyen de
réductions d'impôt, de déréglementation et de privatisation), de sanctionner
une économie de plus en plus axée sur l'exploitation des ressources
naturelles, et de laisser passer la chance d'utiliser les recettes
grandissantes provenant des matières premières pour améliorer la productivité,
la prospérité et la stabilité à long terme. Certains politiciens souhaitent
réduire davantage l'étendue et l'influence du secteur public.
    Les conséquences spectaculaires de la crise financière observées au cours
des dernières semaines ont dissipé l'illusion selon laquelle les marchés
peuvent s'autoréglementer. Les coûts immenses de ce laisser-aller ont été
clairement démontrés. Le gouvernement et ses institutions doivent maintenant
faire preuve de leadership et jouer un rôle plus actif dans la stabilisation
des marchés financiers, la stimulation des investissements réels et le
maintien de l'emploi et des revenus.
    La baisse contagieuse observée en économie réelle et financière
entraînera probablement une diminution des dépenses et des niveaux d'emploi
dans de nombreux secteurs et régions de l'économie canadienne. Des mesures de
soutien du revenu, l'assurance-emploi en particulier, devraient être
renforcées. De plus, les projets d'infrastructure publics, dont ceux visant à
réduire les émissions de gaz à effet de serre au Canada et à accroître le
nombre de logements à prix abordable, devraient être améliorés pour maintenir
l'emploi et la production (alors que l'activité du secteur privé est en
baisse).
    Le budget fédéral est en équilibre précaire, et pourrait se solder par un
déficit (surtout si le PIB réel amorce sa chute). Le gouvernement actuel s'est
engagé à empêcher un tel déficit à tout prix, ce qui signifie qu'il y aura des
coupures considérables aux dépenses publiques au fur et à mesure que les
recettes du gouvernement fléchiront. Mais cette ligne de conduite ne fera
qu'empirer la récession économique et les pertes d'emploi. Il est bien plus
judicieux de maintenir les programmes publics pour appuyer l'emploi et les
revenus, même si ceci doit entraîner l'apparition d'un déficit conjoncturel.
    La Banque du Canada doit continuer d'appuyer l'industrie financière en
injectant des liquidités dans les marchés du crédit et elle devrait réduire
les taux d'intérêt pour encourager les emprunteurs. Mais le gouvernement doit
également envisager d'autres solutions (dont l'utilisation d'institutions
publiques, comme la Société canadienne d'hypothèques et de logement, la Banque
de développement du Canada, Exportation et développement Canada et d'autres
institutions) pour augmenter les emprunts accordés aux ménages et aux
commerces. En même temps, l'industrie financière doit être réglementée à
nouveau pour empêcher les excès spéculatifs inutiles qui ont entraîné la crise
actuelle.
    L'économie mondiale est sur le point d'être frappée par un cyclone
financier, qui pourrait peut-être même mener à la pire crise depuis la Grande
Dépression des années 1930. Le Canada ne peut s'attendre à rester encore très
longtemps dans l'oeil du cyclone, à l'abri de la tempête mondiale. L'histoire
économique nous montre que l'intervention gouvernementale est essentielle en
temps de crise : à la fois pour stabiliser les marchés et pour atténuer les
fléchissements de l'activité économique grâce à des mesures anticycliques.

    Signé par 85 économistes

    http://www.progressive-economics.ca/2008/10/07/open-letter/




Renseignements :

Renseignements: Anthony Salloum, Directeur de programme, L'Institut
Rideau, (613) 565-9449 poste 23, Cell. (613) 724-1070, télec. (613) 249-7091,
asalloum@rideauinstitute.ca

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