Les TI : préoccupation ou malaise pour les conseils d'administration québécois ?



    MONTREAL, le 22 nov. /CNW Telbec/ - Les entreprises québécoises
investissent chaque année des milliards de dollars en technologies de
l'information (TI). Les membres de leur conseil d'administration ont-ils leur
mot à dire dans ces décisions ? Comprennent-ils suffisamment les enjeux que
présentent les TI pour contribuer à la réussite des entreprises ?
Détiennent-ils l'expertise pour le faire ? La présence d'un expert en TI au
sein des C. A. favorise-t-elle la réussite des projets technologiques ? Pour
faire le point sur ces questions, le CEFRIO et SECOR Conseil ont réalisé, en
collaboration avec la firme de sondages SOM, la plus ambitieuse étude jamais
réalisée sur le sujet au Québec.
    Précisons d'abord que 500 membres de conseils d'administration
d'entreprises québécoises comptant plus de 50 employés ont été sondés dans le
cadre de l'enquête Gouvernance et TI au Québec : le rôle des administrateurs
de C. A. En parallèle, des entrevues approfondies ont aussi été menées par
SECOR Conseil auprès d'une vingtaine d'administrateurs qui siègent chacun au
conseil d'administration de trois ou quatre entreprises québécoises reconnues.
    Parmi les résultats les plus marquants : au Québec, les administrateurs
de C. A. sont non seulement peu appelés à se prononcer sur la gestion des
technologies mais les questions TI sont celles qu'ils abordent avec le moins
de confiance. Plus spécifiquement, l'enquête Gouvernance et TI révèle que la
moitié des C. A. (48 %) québécois discutent de technologies tout au plus deux
fois par année. Par ailleurs, alors que 68 % des membres de C. A. se disent
très à l'aise d'intervenir dans des décisions portant sur le positionnement
stratégique de l'entreprise; cette proportion chute à 49 % lorsqu'il est
question de projets et d'investissements technologiques.
    "Et tout porte à croire que ce ne soit pas une question générationnelle,
déclare Monique Charbonneau, présidente-directrice générale du CEFRIO. Selon
les tendances observées dans l'étude, la proportion d'administrateurs de 25 à
44 ans qui se disent très à l'aise pour parler de stratégie (66 %) ou de
finance (56%) s'avère plus élevée que celle des administrateurs du même âge
qui se sentent très à l'aise avec les dossiers technologiques (39 %)."
    Comment expliquer que de nombreux administrateurs éprouvent une certaine
difficulté à parler des TI ? "Selon les interviews que nous avons réalisés, le
problème tiendrait en partie au fait que la grille de compétences utilisée
pour recruter les membres des C. A. tient rarement compte du volet
"technologies de l'information", précise Jean-Pierre Sablé, associé, SECOR
Conseil."
    A ce chapitre, l'enquête précise aussi que seulement 40 % des C. A.
comptent parmi leurs membres un expert qui puisse les conseiller en matière de
TI. Et pourtant, l'étude montre que la présence d'un tel spécialiste au sein
de son conseil d'administration est un gage de réussite pour les projets
technologiques qu'une entreprise initie. Ainsi, 42 % des sociétés dont le C.
A. compte au moins un expert en TI considèrent que leurs projets TI se
déroulent très bien. Ce pourcentage fond à 25 % dans les entreprises où ce
n'est pas le cas.

    Les pouvoirs des C. A.

    En outre, l'enquête révèle que 52 % des C. A. ont un pouvoir décisionnel,
alors que 48 % sont seulement invités à soumettre des recommandations. En
fait, plus un conseil d'administration est convié à intervenir sur le plan des
TI, plus ses pouvoirs en la matière sont élevés. Et quels types de décisions
les C. A. prennent-ils en matière de TI ? Selon le sondage, 89 % des
administrateurs s'y prononcent sur les investissements technologiques de
l'organisation ; 73 % participent au choix d'une technologie, et 71 % étudient
le plan annuel des technologies de l'entreprise. Enfin, seulement 49 % sont
invités à participer au choix des sous-traitants.
    Quant aux raisons qui motivent les entreprises à investir dans les
technologies, 59 % des administrateurs croient qu'elles jouent un rôle très
important pour mieux répondre aux besoins des clients et des partenaires, 57 %
pour favoriser la productivité et 55 % pour améliorer le fonctionnement de
leurs opérations. Toutefois, la proportion d'administrateurs aux yeux desquels
les TI sont très utiles pour créer de la valeur (44 %) ou pour susciter
l'innovation (42 %) est nettement plus faible. Peu d'entreprises québécoises
semblent donc réaliser que les TI peuvent servir de levier pour créer de
nouveaux produits et services.

    Planification et sécurité

    Fait surprenant, le sondage révèle que le tiers (36 %) des entreprises
québécoises n'effectue aucune planification en ce qui a trait à leurs
investissements technologiques. Cette proportion varie toutefois en fonction
de la taille de l'organisation. Alors que 61 % des entreprises de 50 à
249 employés se sont dotées d'un plan de TI, le trois quarts des sociétés de
250 à 499 travailleurs et 82 % de celles de 500 personnes et plus ont fait de
même. Encore là, la présence d'un expert en TI au sein d'un conseil
d'administration semble favoriser la tenue d'exercices de planification
technologique. Ainsi, 78 % des entreprises qui comptent un tel spécialiste
parmi les membres de leur C. A. possèdent un plan spécifique d'investissement
en TI. Cette proportion chute à 54 % dans les entreprises où le C. A. est
dépourvu d'une telle ressource.
    D'autre part, bien que 61 % des administrateurs considèrent que les
entreprises qu'ils gèrent présentent une forte vulnérabilité sur le plan
technologique, seulement la moitié affirment que les questions de sécurité
informatique constituent une préoccupation très importante pour leur C. A. ;
seulement 66 % des entreprises ont réalisé un inventaire des informations
qu'elles devraient particulièrement chercher à protéger, et seulement 39 % ont
mis au point des pratiques de gestion de crise TI qui engagent la direction ou
le conseil d'administration. Toutefois, la situation est nettement différente
dans les entreprises de 500 employés et plus : 70 % d'entre elles se sentent
très préoccupées par les questions de sécurité informatique au conseil, 84 %
ont déterminé quelles informations il fallait protéger par-dessus tout, et
78 % se sont dotées de politiques en matière de gestion de crise.
    Enfin, l'enquête fait aussi le point sur l'utilisation personnelle que
les administrateurs font des TI. Ainsi, le courriel représente la technologie
avec laquelle ils sont les plus nombreux à se considérer très à l'aise (62 %).
Par contre, moins de la moitié (43 %) sont très à l'aise avec la navigation
Web ou encore l'utilisation de moteur de recherche. L'étude nous apprend
également que 76 % des C. A. utilisent les TI pour la réalisation de leurs
activités. Pour ces derniers, le courriel apparaît comme l'outil technologique
le plus commun (95 %). La circulation de l'information et des documents (93 %)
ainsi que le dépôt d'information et de documents (73 %) correspondent aux
principaux usages que les administrateurs québécois font des TI. Toutefois,
les technologies plus complexes, ou qui exigent des aptitudes technologiques
supplémentaires, comme les blogues ou encore le travail de groupe en ligne,
demeurent, marginalement utilisées au sein des C. A.
    A la lumière de ces résultats, plusieurs souhaits ont été émis par les
administrateurs interviewés par SECOR Conseil pour améliorer les pratiques au
sein des conseils d'administration québécois. Tout d'abord, revoir la liste
des compétences que les administrateurs devraient posséder. En outre, il
semble que la création d'un cours Technologies 101, jumelée à la réalisation
de présentations plus synthétiques, moins techniques et plus stratégiques par
les responsables des TI, représenteraient aussi un gain considérable.
    Notons en terminant que l'enquête Gouvernance et TI a été réalisée en
partenariat avec la Banque Nationale du Canada, BCF, avocats, agents de
brevets et marques, le CRIM, le Collège des administrateurs de société de
l'Université Laval, l'Institut Technologies de l'information et Sociétés
(ITIS) de l'Université Laval ainsi que la Société Plan de vol.

    SECOR Conseil est le plus important cabinet-conseil indépendant en
stratégie et organisation au Canada. Depuis plus de 30 ans, SECOR Conseil
accompagne les équipes dirigeantes d'entreprises dans la prise de décisions
stratégiques et dans leur mise en oeuvre. SECOR Conseil possède des bureaux à
Montréal, Québec, Toronto, Paris, et bientôt, New York.

    Le CEFRIO est un centre de liaison et de transfert qui regroupe près de
160 membres universitaires, industriels et gouvernementaux ainsi que
60 chercheurs associés et invités. Sa mission : aider les organisations à être
plus productives et à contribuer au bien-être des citoyens en utilisant les
technologies de l'information comme levier de transformation et d'innovation.
En partenariat, le CEFRIO réalise partout au Québec des projets de recherche,
d'expérimentation, d'enquêtes et de veille stratégique sur l'appropriation des
TI. Ces projets touchent l'ensemble des secteurs de l'économie québécoise tant
privé que public. Les activités du CEFRIO sont financées en majeure partie par
ses membres et par le gouvernement du Québec, son principal partenaire
financier.

    Information

    Pour plus de détails, procurez-vous :
    - Faits saillants de l'enquête : sur demande
    - Rapport abrégé : sur demande




Renseignements :

Renseignements: CEFRIO: Liette D'Amours, Directrice des communications,
(514) 840-1279, Télécopieur: (514) 840-1275, liette.damours@cefrio.qc.ca


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