Les syndicats de l'hôtellerie CSN en recherche de mandats de grève - Les pourparlers doivent s'accélérer



    MONTREAL, le 3 juill. /CNW Telbec/ - Le président de la Fédération du
commerce CSN, Jean Lortie, prévient les hôteliers du Québec que les syndicats
du secteur sont déterminés à obtenir rapidement des règlements satisfaisants
de leurs conventions collectives et qu'ils sont prêts à exercer la grève si
nécessaire.
    Réunies en Estrie, hier, les directions des 41 syndicats CSN de
l'hôtellerie ont convenu unanimement de rechercher auprès de leurs membres, en
assemblée générale, le mandat d'exercer l'équivalent de 72 heures de grève,
localement, régionalement ou nationalement, en continu ou par blocs, et ce, au
moment jugé opportun. La CSN n'annoncera pas à l'avance les mouvements de
débrayage. Les hôteliers seront pris de court et c'est là l'effet recherché.
L'objectif que poursuit la CSN est une accélération considérable des
négociations dans tous les hôtels.

    Déception

    "Nous sommes très déçus de la façon dont se sont déroulées les
négociations cette semaine, déplore Jean Lortie. Nous attendions des
mouvements significatifs à deux tables en particulier, soit celles du Regency
Hyatt et du Sheraton Centre de Montréal. Le Hyatt n'a finalement rien déposé
de significatif après sept heures d'attente. De son côté le Sheraton a procédé
à un dépôt fort insuffisant, ne répondant même pas à la plupart des priorités
identifiées par les professionnel-les de l'hôtellerie".
    Dans les faits, les pourparlers sur certains enjeux primordiaux
progressent de façon beaucoup plus satisfaisante dans certains hôtels
intermédiaires en région que dans les hôtels majeurs de Montréal et de Québec.
Face à si peu de progrès, les syndicats CSN comprennent que les hôteliers ne
prennent pas au sérieux leur volonté d'en arriver rapidement à un règlement
global satisfaisant.

    Une question de respect

    On constate bien peu de progrès même dans des hôtels où nous en sommes à
une douzaine de séances de négociation. Certains procureurs patronaux
choisissent cette période charnière des négociations pour partir en vacances !
D'autres n'ont rien de plus à nous offrir que des séances tronquées, ou ils
annulent carrément des rencontres prévues depuis longtemps. Pour Jean Lortie,
cela envenime le climat de façon malsaine. "C'est très méprisant de la part
des directions hôtelières. Les membres que nous représentons sont outrés par
tant d'arrogance. Les employeurs doivent prendre leurs responsabilités et
s'assurer que leurs porte-parole travaillent avec toute la rigueur nécessaire
aux tables de négociation. Dans les circonstances actuelles, s'il doit y avoir
des conflits de travail dans nos hôtels, les hôteliers n'auront qu'eux-mêmes à
blâmer", tonne-t-il.

    Grève

    Aujourd'hui même, les syndicats du Reine-Elizabeth (1052 chambres) et du
Regency Hyatt (605 chambres) tiennent leurs assemblées générales afin que
leurs membres se prononcent, par scrutin secret, sur la création d'une banque
d'un minimum de 72 heures de grève. C'est dire que, dès demain, les activités
de ces deux hôtels importants pourraient être perturbées par la grève. Il
reviendra aux syndicats locaux de choisir le moment et la manière d'exercer
leur mandat de grève, en fonction de l'état des négociations avec leur
employeur. Tous les hôtels qui ont le droit de grève, soit la plupart des
hôtels des régions de Montréal, de l'Estrie et de la Montérégie, tiendront des
assemblées générales au cours des prochains jours. Ils pourront ensuite
déclencher la grève à tout moment, si tel est le souhait de leurs membres. On
peut donc s'attendre à une multiplication rapide des grèves dans les hôtels du
Québec si les négociations ne progressent pas de façon significative.
    Pour ce qui est de la région de Québec, la plupart des syndicats auront
le droit légal d'exercer la grève à compter du 1er août. D'ici là, les
professionnel-les de l'hôtellerie de la ville qui fête son 400e anniversaire
intensifieront leurs moyens de pression et de visibilité. Déjà quatre des huit
syndicats CSN de Québec ont obtenu des mandats en ce sens de leurs membres.
C'est le cas du Loews-Le Concorde, du Gouverneur de Sainte-Foy, de l'hôtel
Classique ainsi que du Manoir du Lac Delage. Les syndicats représentants les
salarié-es du Hilton, de l'hôtel Pur, du Clarion et de l'Auberge
Val-des-neiges réuniront leurs membres prochainement afin d'obtenir le mandat
d'augmenter la pression pour accélérer les pourparlers.

    Le choix des hôteliers : embrayage ou débrayage

    Jean Lortie rappelle que la grève est un moyen ultime de se faire
entendre. Les syndicats exercent divers moyens de pression et de visibilité
depuis plusieurs semaines dans les hôtels du Québec. "La grève peut être
évitée dans l'industrie. La balle est définitivement dans le camp des
hôteliers. Ils doivent poser des gestes significatifs aux tables de
négociation, répondre à nos propositions et cesser d'exiger des reculs. Dans
les assemblées générales, je perçois une grande colère chez nos membres devant
la lenteur des négociations. Ils veulent que ça bouge. Il est grand temps que
les hôteliers comprennent le message. S'ils ne nous entendent pas, nous
n'aurons d'autre choix que d'élever le ton".
    Une journée de grève dans ce secteur économique névralgique aurait un
impact considérable puisque les hôtels actuellement en négociation, dont les
plus importants au Québec, comptent au total pas moins de 11 500 chambres dans
les régions du Grand Montréal, de Québec, de l'Estrie, de la Montérégie et de
l'Outaouais.

    En attente de réponse

    Tous les syndicats CSN souhaitent recevoir rapidement des réponses
patronales à leurs propositions sur les enjeux identifiés localement par leurs
membres. Il s'agit par exemple, des ratios de personnel, des congés, des
uniformes et des outils de travail, des procédures d'arbitrage et de griefs,
des droits syndicaux, des frais de service, des primes ou encore de
l'organisation du travail. Dans plusieurs hôtels, les négociations piétinent
sur ces questions. Or, depuis des mois, les syndicats CSN répètent à leurs
employeurs que ces enjeux devront faire partie d'un règlement global : il
n'est pas question de laisser tomber ces demandes très importantes pour le
quotidien des travailleuses et des travailleurs. Ensuite, les syndicats
veulent des réponses aux revendications communes qui forment la plate-forme de
négociation à laquelle adhèrent les 41 syndicats.

    Ces demandes sont :

    Un total de huit jours de maladie remboursables s'ils ne sont pas
    utilisés ;
    Des mesures favorisant la conciliation famille-travail ;
    Une diminution de la charge de travail des préposées aux chambres ;
    Une augmentation de la part des employeurs aux régimes d'assurances ;
    Des solutions innovatrices aux problèmes de pénurie de main-d'oeuvre ;
    Une augmentation de 1 % des cotisations au régime de retraite et
    l'amélioration la méthode de calcul des gains ;
    Une bonification de la prime de départ à la retraite ;
    Des augmentations de salaire de 5 % pour chaque année d'un contrat de
    travail de trois ans.

    Nous, les professionnel-les de l'hôtellerie

    Le thème choisi pour cette septième ronde de négociation coordonnée dans
ce secteur est : Nous, les professionnel;-les de l'hôtellerie. Ce slogan
illustre le rôle indispensable que jouent les travailleuses et les
travailleurs dans l'industrie de l'hôtellerie et, à quel point, c'est d'abord
sur leurs épaules que repose la création de la richesse dans ce secteur. C'est
grâce à leur travail consciencieux et professionnel que les hôtels bâtissent
leur réputation et leur clientèle. Ce sont donc des professionnel-les qui
réclament des conditions de travail véritablement dignes de professionnel-les.

    La force du nombre

    Au total, la Fédération du commerce CSN compte 37 500 membres, dont 6 500
dans les hôtels du Québec. De ce nombre, environ 5500 font partie de la ronde
de négociation coordonnée 2008. La CSN compte aujourd'hui 300 000 membres dans
tous les secteurs d'activité. Pour connaître la liste complète des
établissements visés, consultez le site web : www.fc.csn.qc.ca/nego2008




Renseignements :

Renseignements: Jean-Pierre Larche, Service des communications de la
CSN, (514) 598-2264; Source: Confédération des syndicats nationaux


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