Les services professionnels dans les écoles et les cégeps - La CSQ, la FPPE et la FPPC réclament un sérieux coup de barre pour répondre aux besoins des jeunes



    MONTREAL, le 19 nov. /CNW Telbec/ - Les professionnelles et
professionnels de l'éducation jouent un rôle essentiel en soutien aux
enseignantes et aux enseignants et en intervention directe auprès des élèves
et des étudiants pour assurer leur réussite, particulièrement celles et ceux
qui connaissent des difficultés. Pourtant, les services professionnels
continuent d'être le secteur où on investit le moins au primaire et au
secondaire, alors que les personnes qui y travaillent déplorent que leurs
professions soient parmi les moins valorisées.
    Profitant de la tenue de la Semaine des professionnelles et
professionnels de l'éducation, qui se déroule du 19 au 23 novembre 2007, les
présidents de La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Réjean Parent, de
la Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec
(FPPE-CSQ), M. Jean Falardeau, et de la Fédération du personnel professionnel
des collèges (FPPC-CSQ), M. Bernard Bérubé, lancent un cri d'alarme pour que
ces professions et ceux qui y oeuvrent soient reconnus à leur juste titre.
    Les trois leaders syndicaux ont profité aujourd'hui de la tenue d'une
conférence de presse conjointe à Montréal pour dénoncer la dégradation des
conditions de travail des professionnelles et professionnels tant au primaire
et au secondaire qu'au collégial, alors que les services professionnels
doivent toujours se contenter de la plus petite part des investissements
gouvernementaux en éducation et en enseignement supérieur.

    Des jeunes qui subissent les conséquences d'un manque de professionnels

    Le président de la CSQ, M. Réjean Parent, soutient qu'il est paradoxal
que le ministère de l'Education, du Loisir et du Sport souhaite intégrer
toujours plus d'élèves handicapés et en difficulté d'adaptation ou
d'apprentissage (EHDAA) dans les classes régulières, sans s'appuyer à fond sur
les professionnelles et les professionnels qui sont pourtant essentiels pour
assurer le succès d'une telle opération.
    "Les reportages diffusés récemment dans les médias montrant des exemples
de dictées d'élèves truffées de fautes d'orthographe, pour tirer un constat
général sur la qualité du français dans nos écoles, sans tenir compte du fait
qu'il s'agissait peut-être de jeunes dyslexiques, résument fort bien la
situation actuelle. Le drame est qu'un grand nombre de jeunes subissent
quotidiennement les conséquences d'un tel jugement hâtif, sans recevoir l'aide
dont ils auraient besoin, justement parce qu'il manque cruellement de
personnel professionnel dans nos écoles", déplore M. Réjean Parent.

    Une crise qui pourrait s'aggraver

    Le président de la FPPE-CSQ, M. Jean Falardeau, se dit inquiet de
constater que malgré les promesses du premier ministre Jean Charest lors de la
dernière campagne électorale, la situation est encore loin d'être idéale et
risque de s'aggraver au cours des prochaines années.
    "M. Charest a promis, le printemps dernier, d'investir 100 millions de
dollars pour l'embauche de 1 000 professionnels supplémentaires au cours de
son présent mandat. Nous ignorons si son engagement tient toujours, mais une
chose est certaine, s'il ne tient pas parole, nous nous dirigeons vers une
sérieuse crise dans nos écoles dont les élèves seront malheureusement les
victimes. En effet, si nous tenons compte du fait que le nombre de
professionnels est déjà insuffisant pour répondre aux besoins des élèves et si
nous prenons en considération que d'ici 2009-2011, environ
1 000 professionnels devraient partir pour la retraite, alors on constate que
la promesse du gouvernement Charest, si elle se réalise, ne fera que nous
ramener à la situation actuelle, sans plus", constate M. Falardeau.

    Des professions à revaloriser par des gestes concrets

    Le président de la FPPE-CSQ précise que la simple volonté politique ne
suffira certainement pas pour hausser le nombre de professionnels dans les
écoles et que des gestes concrets devront être posés pour revaloriser ces
professions.
    "Il ne faut pas être surpris des difficultés de recrutement dans
plusieurs catégories d'emplois, dont les psychologues, les psychoéducateurs,
les orthophonistes, puisque les conditions de travail difficiles sont, entre
autres, un élément important qui explique que plusieurs jeunes finissants
préfèrent aller travailler dans le secteur de la santé ou le secteur privé
plutôt que dans le secteur de l'éducation. Cela reflète l'état d'esprit
généralisé des professionnels dont la majorité dénonce leur manque de
considération et d'influence dans le secteur de l'éducation, le peu
d'autonomie dont ils disposent, la surcharge de travail qui se traduit souvent
par un état d'épuisement professionnel", élabore M. Jean Falardeau.

    Des professionnels peu reconnus dans les cégeps

    Pour sa part, le président de la FPPC-CSQ, M. Bernard Bérubé, soutient
que la situation des professionnels au collégial n'est guère mieux que celle
vécue par leurs collègues du primaire et du secondaire.
    "C'est clair que les professionnels dans les cégeps ne sont pas reconnus
à leur juste titre. Est-il normal qu'il n'existe toujours pas d'enveloppe
budgétaire spécifique aux professionnels qui sont inclus dans la même
enveloppe que les coûts de chauffage ? Cela en dit long sur la reconnaissance
qu'on a à l'égard des professionnels. Le nombre de professionnels est
nettement insuffisant et même si l'on procède à certaines embauches, on
condamne malheureusement les nouveaux venus à la précarisation en leur
accordant des emplois par projets, qui peuvent durer plusieurs années avant
qu'ils obtiennent leur permanence", dénonce M. Bérubé.

    Des listes d'attente qui s'allongent

    Le président de la FPPC-CSQ précise que le manque de professionnels pour
certaines catégories d'emplois, dont les psychologues, les conseillers
d'orientation et les aides pédagogiques individuels, entraîne des conséquences
sérieuses qui affectent la qualité des services aux étudiants.
    "Dans certains collèges, les listes d'attente pour voir un professionnel
sont devenues si longues que les étudiants n'ont pas droit à plus de deux
rencontres, bien qu'il soit évident que c'est nettement insuffisant pour
assurer un suivi sérieux. Il y a même des cas où la rencontre avec l'étudiant
ayant besoin d'aide ne doit pas excéder une vingtaine de minutes, comme si
l'on demandait au professionnel de faire un miracle. Le peu de respect qu'on a
à l'égard des professionnels se traduit par une surcharge de travail,
l'accumulation de dossiers sans le temps nécessaire pour bien les traiter, le
non-respect de la tâche, l'absence de planification et les commandes de
dernière minute demandées aux professionnels", rapporte M. Bernard Bérubé.

    La réussite des jeunes compromise

    Les présidents de la CSQ, de la FPPE-CSQ et de la FPPC-CSQ, MM. Réjean
Parent, Jean Falardeau et Bernard Bérubé, concluent en disant souhaiter que
tant le gouvernement du Québec que les directions des commissions scolaires et
des cégeps prennent conscience que les professionnels sont au coeur de la
réussite des élèves et des étudiants et qu'en maintenant la situation
actuelle, cette réussite est compromise pour plusieurs qui ne reçoivent pas
l'aide professionnelle dont ils ont besoin.

    Profil de la CSQ, de la FPPE-CSQ et de la FPPC-CSQ

    La CSQ représente quelque 155 000 membres, dont plus de 100 000 dans le
secteur public, la grande majorité dans le secteur de l'éducation. Elle est
présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services
de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des
communications. La FPPE-CSQ est constituée de 21 syndicats affiliés
représentant près de 6000 membres répartis dans la majorité des commissions
scolaires francophones, anglophones, Crie et Kativik du Québec. La FPPC-CSQ
représente la majorité des professionnelles et professionnels de cégeps du
Québec. Elle compte plus de 830 membres répartis dans 34 collèges. Elle
regroupe exclusivement des professionnelles et professionnels de cégeps.




Renseignements :

Renseignements: Claude Girard, Agent d'information CSQ, Cell.: (514)
237-4432


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