Les règlements sur l'efficacité énergétique ont peu d'incidence sur les économies d'énergie, la protection de l'environnement ou la réduction de la dépendance envers le pétrole étranger, selon un nouveau rapport de marchés mondiaux CIBC



    Le paradoxe de l'efficacité énergétique: Les Américains engloutissent
    les économies qu'ils réalisent dans des produits énergivores toujours
    plus nombreux et plus gros

    NEW YORK, le 27 nov. /CNW/ - Banque CIBC (CM aux bourses de Toronto et de
New York) - Non seulement font-ils très peu pour réduire la consommation
d'énergie, les programmes et les règlements sur l'efficacité énergétique ont
souvent l'effet contraire, selon un nouveau rapport de Marchés mondiaux CIBC.
    "Bien que cela puisse sembler contradictoire, les améliorations de
l'efficacité énergétique entraînent une hausse de la consommation d'énergie
plutôt qu'une baisse", a expliqué Jeff Rubin, économiste en chef et stratège
en chef, Marchés mondiaux CIBC. Voilà qui constitue, selon M. Rubin, le
paradoxe de l'efficacité : l'amélioration de l'efficacité énergétique fait
réaliser des économies de coûts aux consommateurs, qui utilisent ces économies
pour acheter des produits énergivores toujours plus nombreux et plus gros.
    Comme le fait remarquer M. Rubin, il est de plus en plus évident que les
sources de pétrole conventionnelles s'épuisent et la question des gaz à effet
de serre est de plus en plus préoccupante. C'est pourquoi beaucoup ont cru que
les règlements sur l'efficacité énergétique constituaient la solution au
problème. Les gains sur le plan de l'efficacité jouent un rôle primordial dans
la plupart des stratégies gouvernementales visant à maîtriser la consommation
d'énergie, y compris dans une récente législation américaine (U.S. Energy
Act). Cependant, selon ce que révèlent les observations de M. Rubin, ces
programmes exacerbent plus le problème qu'ils ne contribuent à le résoudre.
    "Le problème, c'est que l'efficacité énergétique ne représente pas
l'objectif final. C'est plutôt la réduction de la consommation d'énergie qui
doit l'être, et ce, pour relever les défis posés par l'épuisement des sources
de pétrole conventionnelles et par les émissions de gaz à effet de serre", a
poursuivi M. Rubin. "Malgré les énormes progrès réalisés sur le plan de
l'efficacité énergétique, ce n'est tout simplement pas ce que l'on constate.
Au contraire, la consommation d'énergie va sans cesse croissant."
    Selon le rapport, bien que l'utilisation d'énergie par unité du PIB des
Etats-Unis ait chuté de presque 50 % depuis 1975, l'utilisation totale dans
l'économie américaine a bondi de plus de 40 % au cours de la même période. La
plupart des initiatives gouvernementales visant à promouvoir une meilleure
efficacité énergétique ont ciblé le secteur des transports et le secteur
résidentiel qui, ensemble, comptent pour la moitié de la quantité totale
d'énergie consommée par l'économie américaine.
    "Bien que, dans une large mesure, ces initiatives se soient avérées
fructueuses pour ce qui est de favoriser des hausses de l'efficacité
énergétique, lesquelles sont presque deux fois plus importantes que dans les
autres secteurs de l'économie, la quantité totale d'énergie utilisée dans le
secteur des transports et dans le secteur résidentiel a progressé plus
rapidement que dans le reste de l'économie", a indiqué M. Rubin. "En bref,
l'utilisation de l'énergie a augmenté plus rapidement dans les secteurs ayant
réalisé les gains les plus élevés sur le plan de l'efficacité énergétique."
    La situation est la même en ce qui a trait aux émissions de carbone, car
les émissions du secteur des transports et du secteur résidentiel ont bondi de
40 %, c'est-à-dire à un rythme deux fois plus important que dans le reste de
l'économie au cours de la dernière décennie.
    Selon le rapport, le secteur des transports constitue le meilleur exemple
du paradoxe de l'efficacité énergétique. Ce secteur compte pour presque 30 %
de la consommation finale d'énergie et pour 70 % de la consommation de pétrole
sous forme d'essence, de diésel et de carburant aviation. Ce secteur a été le
théâtre d'améliorations constantes et substantielles sur le plan de
l'efficacité énergétique depuis les chocs pétroliers de l'OPEP.
    Depuis 1980, le nombre moyen de milles au gallon a augmenté de presque 30
%, mais ces gains ne se sont pas traduits par des économies réelles pour ce
qui est de la quantité de pétrole consommée. Les automobilistes américains ont
englouti toutes ces améliorations de l'efficacité énergétique dans des
véhicules plus nombreux et plus gros. En 1970, l'automobile américaine moyenne
parcourait 9 500 milles par année, alors qu'elle en fait plus de 12 000
aujourd'hui.
    "Même si, dans un premier temps, la recherche d'une diminution de la
consommation de carburant en Amérique du Nord a mené au remplacement des
grosses voitures utilisant un moteur huit cylindres très énergivores par des
sous-compactes munies d'un moteur quatre cylindres, l'amélioration constante
des économies de carburant a fini par inciter les Américains à conduire des
véhicules de plus en plus gros", a souligné M. Rubin.
    "Le nombre de véhicules utilitaires légers, ce qui comprend les VUS, les
fourgonnettes et les camionnettes, a bondi de 45 % entre 1995 et 2005, ce qui
représente une progression neuf fois plus rapide que celle des voitures de
tourisme. En fait, les véhicules utilitaires légers ont compté pour plus de 80
% du nombre total des nouvelles immatriculations depuis le début des années
1980, ce qui leur confère sans aucun doute le statut de véhicule préféré de la
famille américaine moyenne. Les véhicules utilitaires légers consomment en
moyenne 25 % plus d'essence qu'une automobile standard."
    Cependant, les observations de M. Rubin ne s'arrêtent pas là. Les
améliorations en matière d'économie de carburant ont permis à plus de gens de
conduire un véhicule. Aujourd'hui, il y a 130 millions de véhicules de plus
sur les routes de l'Amérique qu'en 1970. Au cours de la dernière décennie, le
nombre d'automobiles sur les routes américaines a progressé deux fois plus
rapidement que le nombre de ménages. L'accroissement du rendement du carburant
a réduit les coûts d'utilisation d'un véhicule, ce qui a incité de plus en
plus de ménages américains à en posséder plus d'un.
    Ces corrélations entre augmentation de l'efficacité et hausse de
l'utilisation que l'on peut constater dans le secteur des transports sont
aussi très évidentes dans le secteur résidentiel, qui représente environ 20 %
de la quantité d'énergie totale consommée par l'économie américaine. Les
améliorations sur le plan de l'isolation thermique et de l'efficacité des gros
appareils, comme les générateurs d'air chaud et les systèmes de climatisation,
ont permis de réaliser d'importants gains d'efficacité énergétique au cours
des trois dernières décennies. A l'heure actuelle, aux Etats-Unis,
pratiquement tous les gros appareils électroménagers doivent répondre à des
normes minimales d'efficacité énergétique.
    Cependant, ces gains d'efficacité ont également été engloutis dans
d'importantes augmentations de l'utilisation, plus particulièrement en
relation avec les systèmes de climatisation et de chauffage. L'efficacité
énergétique des systèmes de climatisation a progressé de 17 % depuis 1990
mais, au cours de la même période, le nombre de climatiseurs a bondi de 36 %.
La principale raison qui explique que l'utilisation ait augmenté tellement
plus rapidement que l'efficacité est la tendance constante à l'agrandissement
des résidences américaines et, de ce fait, à l'augmentation des besoins en
chauffage et en climatisation. Depuis 1950, la taille de la résidence
américaine moyenne est passée de 1 000 pieds carrés à près de 2 500 pieds
carrés. Cette vogue des maisons de plus en plus grandes se poursuit
d'ailleurs. De nos jours, près du tiers des nouvelles maisons aux Etats-Unis
couvrent une surface de plus de 2 500 pieds carrés.
    Au cours des 15 dernières années, l'efficacité énergétique des
réfrigérateurs a augmenté d'un peu moins de 10 %, mais le nombre de ces
appareils est en hausse de 20 %, car de plus en plus de résidences comptent un
deuxième réfrigérateur. Si on ajoute à ce phénomène le nombre sans cesse
croissant d'appareils électriques, comme les ordinateurs que l'on retrouve
aujourd'hui dans la plupart des résidences américaines, il apparaît très
clairement que la tendance est à l'augmentation et non à la réduction de
l'utilisation d'énergie par ménage.
    M. Rubin croit que notre monde qui fait face au double défi de
l'épuisement des sources de pétrole et des changements climatiques n'a jamais
eu autant besoin d'une augmentation de l'efficacité énergétique, mais il
estime que l'envergure des mesures actuelles ne permettra pas de parvenir à
cet objectif.
    "Pour que l'augmentation de l'efficacité puisse véritablement freiner
l'utilisation de l'énergie plutôt que son intensité, il faut empêcher les
consommateurs de tirer parti de ces initiatives pour accroître indéfiniment
leur consommateur d'énergie. Autrement, l'accroissement de l'utilisation
d'énergie sera l'unique résultat de nos meilleurs efforts visant une meilleure
efficacité énergétique."

    Vous pouvez consulter ce rapport intégral de Marchés mondiaux CIBC à :
    http://research.cibcwm.com/economic_public/download/snov07.pdf.

    Marchés mondiaux CIBC, division des services bancaires de gros et des
services aux entreprises de la Banque CIBC, offre une gamme complète de
produits de crédit intégré et de marchés des capitaux, de services bancaires
d'investissement et de services de banque d'affaires à des clients des marchés
financiers clés en Amérique du Nord et partout dans le monde. Nous proposons
également des solutions novatrices et des services consultatifs dans un vaste
éventail de secteurs et nous fournissons des études de premier ordre à notre
clientèle d'investisseurs constituée de sociétés, de gouvernements et
d'institutions.




Renseignements :

Renseignements: Jeff Rubin, économiste en chef et stratège en chef,
Marchés mondiaux CIBC, au (416) 594-7357, jeff.rubin@cibc.ca, ou avec Kevin
Dove, Communications et affaires publiques CIBC, au (416) 980-8835,
kevin.dove@cibc.ca


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