Les péages rapporteraient jusqu'à 1,6 milliard $ pour les infrastructures routières



    MONTREAL, le 3 mars /CNW Telbec/ - Des péages électroniques sur
l'ensemble des principales autoroutes du Québec rapporteraient jusqu'à
1,6 milliard $ par année. Une Note économique publiée par l'Institut
économique de Montréal (IEDM) examine quatre scénarios de mise en place de ce
mode de tarification. L'auteur de l'étude, l'économiste Mathieu Laberge,
explique que "le retour des péages permettrait notamment de garantir un
financement stable de l'entretien et de la réfection du réseau routier, de
minimiser les embouteillages et de freiner la croissance de l'endettement du
gouvernement".
    L'auteur suggère une approche "réseau" en vertu de laquelle toutes les
autoroutes ayant un volume de circulation suffisant seraient tarifées, plutôt
que d'instaurer des péages seulement sur les nouvelles infrastructures. Il
précise que les revenus tirés des péages devraient exclusivement servir à
l'entretien et à la réfection des infrastructures où ils ont été perçus,
puisque tout autre emploi constituerait une taxe déguisée et minerait la
légitimité des péages auprès des automobilistes.

    Multiplier les péages

    Ayant disparu depuis les années 1980, les péages seront de retour
prochainement avec le nouveau pont de l'autoroute 25 et le prolongement de la
30. C'est une bonne occasion d'évaluer la faisabilité d'étendre les péages sur
une plus grande partie du réseau routier. Les scénarios de péages examinés
sont les suivants : a) les ponts de l'île de Montréal, b) les autoroutes de la
région métropolitaine de Montréal, c) les autoroutes en périphérie des centres
urbains ou d) la totalité des autoroutes principales du Québec. Ce dernier
scénario est le plus intéressant, car en touchant la majeure partie des
automobilistes québécois, ce plan de péages permettrait de réduire les
subventions implicites aux automobilistes qui n'habitent pas à proximité des
grandes régions urbaines.
    Un aller-retour Montréal-Québec coûterait environ 30 $. Pour un
banlieusard qui traverse un pont matin et soir aux heures de pointe, le coût
quotidien serait de 4,80 $, pour un total annuel de 1200 $. Ces montants
reflètent la valeur du service reçu par les automobilistes, dont le coût est
habituellement "caché" dans l'endettement du gouvernement.

    Réduire les embouteillages sur les ponts montréalais

    Les ponts de l'île de Montréal généreraient à eux seuls des recettes de
449 millions $. Ce montant risque de dépasser largement les coûts de
l'entretien, de la dépréciation et de l'administration des ponts, puisque le
tarif n'est pas fixé uniquement en fonction des coûts, mais aussi afin de
réduire les embouteillages. Les surplus devraient être retournés aux
utilisateurs, par exemple sous forme de rabais sur les droits de permis et
d'immatriculation de la SAAQ. S'en servir pour financer le transport en commun
ou d'autres dépenses gouvernementales contreviendrait au principe de
l'utilisateur-payeur. On obligerait ainsi une catégorie de citoyens à assumer
le coût des déplacements d'autres personnes. Par ailleurs, on ne peut invoquer
la question de la pollution pour appuyer cette mesure, puisque la taxe sur
l'essence permet déjà de compenser les émissions de gaz à effet de serre des
automobilistes.

    Des PPP pour résister à la tentation

    Afin de partager les risques inhérents aux projets routiers avec le
secteur privé, de favoriser l'innovation et surtout pour éviter que l'Etat
soit tenté de piger dans les recettes des péages à d'autres fins que
l'entretien et la réfection des infrastructures, il serait souhaitable que les
nouveaux péages soient mis en place sous forme de partenariats public-privé.
Le retour des péages garantirait ainsi la résorption du déficit d'entretien
accumulé au cours des années.

    La Note économique intitulée Le retour des péages sur les autoroutes
québécoises a été préparée par Mathieu Laberge, économiste à l'IEDM et
titulaire d'une maîtrise en économétrie et économie internationale de
l'Université de Nottingham.

    Le texte intégral est disponible gratuitement à www.iedm.org

    L'Institut économique de Montréal (IEDM) est un organisme de recherche et
d'éducation économique indépendant, non partisan et sans but lucratif. Par ses
études et ses conférences, l'IEDM alimente les débats sur les politiques
publiques au Québec et au Canada en proposant des réformes créatrices de
richesse sur, notamment, des questions de fiscalité, de réglementation, de
santé et d'éducation. Il publie entre autres depuis 2000 le Bulletin des
écoles secondaires du Québec et il a remporté en 2004 l'un des Templeton
Freedom Award for Institute Excellence pour l'excellence de sa gestion et de
ses relations publiques.




Renseignements :

Renseignements: et demandes d'entrevues: André Valiquette, Directeur des
communications, Institut économique de Montréal, (514) 273-0969 p. 2225,
Cell.: (514) 574-0969, avaliquette@iedm.org


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