Les ouragans menacent la production de pétrole du golfe du Mexique - L'offre pourrait ne jamais retrouver son niveau d'avant le passage de Katrina, selon Marchés mondiaux CIBC



    Des tempêtes aussi fortes que celles de 2005 pourraient pousser le prix
    de l'essence à 1,75 $ le litre

    TORONTO, le 29 août /CNW/ - Banque CIBC (CM aux bourses de Toronto et de
New York) - Alors que la tempête tropicale Gustav fonce sur le golfe du
Mexique et que la plupart des organismes météorologiques anticipent une saison
des ouragans mouvementée, les automobilistes devraient s'attendre à payer
l'essence 1,75 $ le litre, car les tempêtes menacent d'interrompre la
production de pétrole dans la région, selon les prévisions contenues dans un
nouveau rapport de Marchés mondiaux CIBC.
    Les auteurs du rapport soulignent que la production de pétrole dans le
golfe du Mexique, région où de nombreux appareils de forage sont en activité
et qui est considérée comme la plus susceptible d'assurer une plus grande
autosuffisance énergétique à l'Amérique, sera de plus en plus menacée par de
graves tempêtes dont la fréquence et la force ne cessent de croître.
    "Seulement trois ans après que les ouragans Katrina et Rita eurent porté
un très grave coup à la production pétrolière et gazière du golfe du Mexique,
une tempête en voie de se transformer en ouragan risque de faire des ravages
potentiellement considérables dans une région qui est le centre énergétique de
l'Amérique", a indiqué Jeff Rubin, économiste en chef, Marchés mondiaux CIBC.
"De plus, les stocks de pétrole et d'essence étant beaucoup moins élevés qu'à
l'époque du passage de Katrina et Rita, les conséquences sur les prix
pourraient être encore pires cette fois-ci. Toute répétition de la saison des
ouragans de 2005 pourrait propulser le prix de l'essence à 1,75 $ le litre."
    Bien que M. Rubin reconnaisse que les perturbations touchant
l'approvisionnement et les hausses de prix que cela suppose seront
temporaires, il estime que les dégâts causés par les ouragans auront des
répercussions durables sur la croissance future de l'offre. "En raison de
retards de plusieurs années dans des projets prestigieux comme celui de
Thunder Horse de BP, la nouvelle production a crû à une fraction du taux
précédemment prévu pour la région et elle ne suffit pas du tout à compenser
les rapides taux d'épuisement, supérieurs à 10 %, qui sont caractéristiques
des gisements en mer."
    "Cette situation a eu comme conséquence directe un déclin, qui dure
depuis plusieurs années et qui est maintenant irréversible, de la production
pétrolière dans la région. Accusant déjà un recul de quelque 300 000 barils
par jour par rapport au sommet enregistré avant le passage de Katrina, la
production du golfe du Mexique risque probablement de subir une perte
supplémentaire de 200 000 barils au cours des cinq prochaines années. Au lieu
de s'accélérer et de dépasser les deux millions de barils par jour, comme en
rêvaient jadis les départements de l'Intérieur et de l'Energie des Etats-Unis,
la production du golfe du Mexique pourrait bien tomber aussi bas qu'un million
de barils par jour d'ici 2013, soit presque un tiers de moins que la quantité
de pétrole produit dans la région avant la saison des ouragans de 2005."
    Selon le rapport, même si les ouragans précédents ont endommagé le
matériel et causé des pertes de production, les dégâts ont augmenté ces
dernières années. Les cinq ouragans qui ont entraîné les pertes de production
les plus importantes ont tous eu lieu au cours des cinq dernières années, et
leurs répercussions durent de plus en plus longtemps. Trois mois après le
passage de Katrina et de Rita, près de 40 % de la production pétrolière du
golfe était toujours interrompue. Ensemble, Katrina et Rita ont endommagé 167
plateformes de forage en mer et 183 pipelines.
    "L'interruption de production causée par ces tempêtes, qui représente 100
millions de barils, est sans précédent, mais elle ne tient même pas compte des
délais à plus long terme, de trois à quatre ans, qui seront nécessaires avant
que de nouveaux gisements comme Thunder Horse entrent en production", a
précisé M. Rubin. "Ces ouragans ont également fait perdre aux Etats-Unis près
de 25 % de leur capacité de raffinage, les Etats du golfe du Mexique
représentant 40 % de cette capacité."
    Alors que l'incidence de Katrina faisait bondir le cours du pétrole de 10
%, qui a atteint un prix record de 70 $ le baril, les prix de l'essence aux
Etats-Unis ont monté en flèche, passant d'un peu plus de 2 $ le gallon à plus
de 3 $. Les marges de raffinage, c'est-à-dire la différence entre le coût d'un
baril de pétrole et la valeur des produits raffinés qu'on peut en tirer, comme
l'essence, ont rapidement atteint un ordre de 40 $ à 50 $ par baril, les
pannes causées par les tempêtes ayant mis à rude épreuve la capacité de
raffinage.
    M. Rubin a expliqué que ce phénomène a fait augmenter à lui seul de 0,75
$ ou plus le coût d'un gallon d'essence. Les marges de détail plus importantes
en raison des craintes liées à une pénurie du brut y ont ajouté 0,20 $ et la
hausse du prix du pétrole en tant que tel, un autre 0,20 $. L'offre étant plus
serrée et les stocks, plus faibles, M. Rubin ne croit pas qu'une perturbation
aussi importante de l'approvisionnement serait nécessaire aujourd'hui pour
entraîner un sursaut des prix à la pompe comparable à celui auquel nous avons
assisté en 2005.
    Les auteurs du rapport pensent que les Etats-Unis auront du mal à
compenser le déclin de la production dans le golfe du Mexique. Ils soulignent
que, même si on donne le feu vert à la mise en valeur de la Réserve faunique
nationale de l'Arctique (ANWR), selon les estimations du département de
l'Energie des Etats-Unis, le pétrole ne commencera pas à y couler avant 2018,
et on sait bien que les estimations initiales concernant l'Arctique comportent
leur lot de retards importants. De plus, il faudrait au moins dix ans après le
début de la production pour que celle-ci atteigne son maximum projeté de 780
000 barils par jour.
    "Personne ne sait encore si on verra couler le pétrole de l'ANWR ou d'un
autre gisement de l'Arctique, que ce soit au Canada, au Groenland ou en
Russie, d'ici 2018", a expliqué M. Rubin. "Mais peu importe les politiques qui
seront adoptées concernant l'ANWR, il ne fait aucun doute que cette région ne
pourra compenser un futur déclin de la production pétrolière dans le golfe du
Mexique et les 48 Etats continentaux au cours des cinq prochaines années."
    Pendant cette période, la production totale des Etats-Unis diminuera
probablement de presque 600 000 barils pour s'établir à 4,5 millions de barils
par jour, près de la moitié de cette baisse étant attribuable à d'autres
réductions de la production conventionnelle des 48 Etats continentaux.
    Le rapport énumère également les principaux défis auxquels les Etats-Unis
font face afin d'accroître les importations de nombreux fournisseurs clés.

    
    -  Les importations du Mexique, qui se chiffrent actuellement à près de
       1,25 million de barils par jour, risquent de disparaître complètement
       au cours des cinq prochaines années. L'énorme gisement de Cantarell,
       d'où provient près de 40 % de la production mexicaine, pourrait
       diminuer d'encore 800 000 barils par jour au cours de cette période.
       Les déclins de plus de 30 % de la production de ce gisement d'une
       année sur l'autre laissent entendre que le Mexique cessera bientôt
       d'être un exportateur net de pétrole dans les cinq prochaines années.

    -  La production du Venezuela, le deuxième fournisseur de brut en
       importance des Etats-Unis, avait déjà commencé à décliner avant que
       Hugo Chavez devienne président, et la baisse s'est accélérée sous son
       administration. Bien que le Venezuela possède des sables bitumineux,
       ses gisements se trouvent à une plus grande profondeur et coûtent plus
       cher à mettre en valeur que ceux du Canada. Par ailleurs,
       contrairement aux sables bitumineux canadiens dans lesquels des
       milliards de dollars sont directement investis, le fait que Chavez ait
       exproprié les sociétés pétrolières étrangères éloignera dans une large
       mesure les capitaux étrangers.

    -  La guerre civile qui couve dans le delta du Niger fait en sorte que la
       capacité de production du Nigeria, soit 2,5 millions de barils par
       jour, constitue une source d'approvisionnement encore moins sûre.

    -  Le Canada, le plus grand et le plus proche fournisseur des Etats-Unis,
       ne peut augmenter sa production qu'à partir des sables bitumineux.
       Bien que, selon les plans de l'industrie, la production, qui se situe
       à un peu plus d'un million de barils par jour, devrait doubler au
       cours de la prochaine décennie, les longs retards et les dépassements
       de coûts de plus en plus importants sont devenus la norme pour les
       projets de mise en valeur des sables bitumineux du Canada qui
       atteignent désormais des proportions gigantesques. De plus, la majeure
       partie de ce qui est exporté vers le marché des Etats-Unis nécessite
       un raffinage intense pour permettre la transformation du mazout en
       brut synthétique.
    

    "Il ne fait aucun doute que les cours actuels du pétrole feront en sorte
que la demande des Etats-Unis continuera de chuter", a ajouté M. Rubin. "La
question est de savoir si la destruction de la demande suivra le rythme de
celle de l'offre."
    Vous pouvez consulter le rapport intégral de Marchés mondiaux CIBC à :
http://research.cibcwm.com/economic_public/download/saug08.pdf.

    Marchés mondiaux CIBC, division des services bancaires de gros et des
services aux entreprises de la Banque CIBC, offre un éventail de produits de
crédit et de produits des marchés financiers intégrés, de services bancaires
d'investissement et de services de banque d'affaires à ses clients sur les
principaux marchés des capitaux en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde.
Nous proposons également des solutions novatrices et des services consultatifs
dans un vaste éventail de secteurs et nous fournissons des études de premier
ordre à notre clientèle d'investisseurs constituée de sociétés, de
gouvernements et d'institutions.





Renseignements :

Renseignements: Jeff Rubin, économiste en chef et stratège en chef,
Marchés mondiaux CIBC, (416) 594-7357, jeff.rubin@cibc.ca; ou Kevin Dove,
Communications et affaires publiques CIBC, (416) 980-8835, kevin.dove@cibc.ca


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