Les mesures prises par l'Ontario lors de l'éclosion de listériose ont bien fonctionné, toutefois les rôles doivent être mieux définis



    
    Publication du rapport du médecin hygiéniste en chef sur l'éclosion de
    listériose en 2008
    

    TORONTO, le 17 avr. /CNW/ -

    NOUVELLES

    Quoique le système de santé publique de l'Ontario ait rapidement dépisté
l'éclosion de listériose, il reste encore beaucoup à faire pour définir les
rôles et responsabilités des membres aux échelons fédéral et provincial afin
de mieux gérer les éclosions d'origine alimentaire à l'avenir, affirme le
médecin hygiéniste en chef.
    Dans un rapport sur l'éclosion de listériose en 2008, le Dr David
Williams dit que les éclosions dans un contexte intergouvernemental sont plus
complexes à examiner que les flambées localisées. Elles requièrent des
stratégies différentes en matière d'épidémiologie et d'identification de
sources alimentaires. Ces dernières reposent davantage sur de nouvelles
technologies d'analyse en laboratoire complexes. De plus, elles requièrent
plus de partenaires et nécessitent une meilleure communication.
    Le médecin hygiéniste en chef affirme que quatre étapes fondamentales
sont nécessaires pour renforcer la capacité de l'Ontario et du Canada à réagir
aux éclosions d'origine alimentaire provinciales et intergouvernementales.

    
    1.  Meilleure définition des rôles et responsabilités lors de la prise en
        charge des éclosions
    

    La santé publique doit mener le bal lors de la prise en charge des
éclosions. Dans l'éventualité d'une éclosion à l'échelle provinciale, le
médecin hygiéniste en chef de la province doit former un comité de
coordination sur l'éclosion dont le mandat vise à lui fournir les
renseignements et conseils pour l'aider à gérer l'éclosion.
    Dans le cas d'une éclosion soupçonnée ou confirmée à l'échelle nationale
ou internationale, le médecin hygiéniste en chef canadien doit former un
comité national de coordination sur l'éclosion qui regrouperait tous les
médecins hygiénistes en chef des provinces et territoires.

    2.  Accroissement de la capacité des laboratoires

    L'Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé, récemment
créée, devrait élaborer un plan pour accroître la capacité des laboratoires de
santé publique en vue d'offrir un plus grand éventail d'analyses, de
surveiller les lignées bactériennes et autres organismes qui présentent une
menace pour la santé publique, et de renseigner les bureaux de santé publique
en matière de techniques d'échantillonnage.
    Le gouvernement fédéral devrait examiner l'approche stratégique actuelle
pour les analyses moléculaires poussées, pour résoudre des questions comme le
délai d'exécution acceptable pour les résultats de laboratoire (y compris
l'acheminement), la capacité de traiter des demandes d'analyses moléculaires
plus nombreuses et l'importance d'avoir des solutions de rechange appropriées
si le Laboratoire national de microbiologie devait ne pas être disponible.

    
    3.  Amélioration de la capacité de l'Ontario à dépister les éclosions
        d'origine alimentaire
    

    L'Ontario est maintenant mieux outillé pour dépister les éclosions
d'origine alimentaire non localisées grâce à la mise en oeuvre de systèmes
électroniques de prise en charge. Pour que le système de surveillance soit
exploité à pleine capacité, les bureaux de santé publique doivent fournir des
données complètes dans les délais prescrits et le système de santé publique
doit posséder du personnel compétent et d'autres ressources pour étudier toute
indication de la possibilité d'une éclosion.

    4.  Amélioration de la communication

    Une communication efficace, claire et opportune est essentielle pour
gérer une éclosion d'origine alimentaire et pour maintenir la confiance de la
population. Lors d'éclosions intergouvernementales, les partenaires doivent
travailler en étroite collaboration pour coordonner la communication.
    Le médecin hygiéniste en chef ou la personne désignée doit être le
porte-parole officiel durant une éclosion provinciale. De même, le médecin
hygiéniste en chef à l'échelon fédéral ou la personne désignée devrait être le
porte-parole officiel du gouvernement fédéral durant une éclosion nationale.

    CITATIONS

    "Des éclosions intergouvernementales, comme l'épisode de la listériose
l'an dernier, seront probablement de plus en plus fréquentes en raison de la
tendance à la fabrication et au traitement alimentaires à grande échelle", a
dit le Dr David Williams, médecin hygiéniste en chef de l'Ontario. "Bien que
le système de santé publique de l'Ontario ait rapidement dépisté l'éclosion,
il est nécessaire de mieux définir les rôles et la coordination afin de mieux
gérer toute éclosion future".

    
    FAITS EN BREF

    -   Une éclosion de listériose est apparue à l'été 2008 puis a disparu en
        décembre. Des cas ont été rapportés dans 7 provinces du Canada
        (l'Ontario a été le plus durement touché, et compte 41 des 56 cas et
        16 des 22 décès).

    -   La plupart des Ontariennes et des Ontariens qui sont tombés malades
        étaient des personnes âgées (l'âge moyen était de 78 ans) dont
        88 pour cent vivaient dans un foyer de soins de longue durée ou
        étaient hospitalisés avant le début de la maladie.

    POUR EN SAVOIR PLUS

    Lisez le rapport

    Renseignez-vous davantage sur les principaux résultats et recommandations
du rapport

    Cliquez pour en savoir plus au sujet de l'Opération Protection de la santé
(http://www.health.gov.on.ca/english/providers/project/ohp/ohp_mn.html)

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    Document d'information

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                       OPERATION PROTECTION DE LA SANTE

    L'Opération Protection de la santé, un plan d'action sur trois ans
présenté par le gouvernement de l'Ontario en 2004, a considérablement amélioré
le système de santé publique de la province. Parmi les réalisations
fondamentales se trouvent :

    Amélioration de la lutte contre les maladies infectieuses, ainsi que de
     la prévention et du dépistage

    Le gouvernement a entrepris un certain nombre de mesures pour protéger
davantage la population contre les infections et les maladies transmissibles.
Parmi ces mesures, on trouve :

    -   La mise en oeuvre du Système intégré d'information sur la santé
        publique (SIISP), qui recueille, transmet et analyse électroniquement
        les renseignements, ce qui permet aux bureaux de santé publique de
        dépister et de retracer tout cas inhabituel ou imprévu de maladie
        infectieuse. Le SIISP s'est avéré une ressource précieuse pour
        contribuer à faire le suivi de l'éclosion de listériose en 2008.
    -   La mise sur pied du Comité consultatif provincial des maladies
        infectieuses qui prodigue des conseils éclairés en matière de
        prévention, de surveillance et de mesures de contrôle.
    -   La création de 14 réseaux régionaux de lutte contre les infections
        partout dans la province pour coordonner la prévention des infections
        et le contrôle des activités ainsi que soutenir les pratiques
        normalisées dans les établissements de soins de santé.
    -   Le financement de 166 praticiens de la lutte contre les infections
        dans des hôpitaux et des bureaux de santé publique partout dans la
        province. Un praticien de la lutte contre les infections est un
        professionnel de la santé qui possède une formation et une expertise
        spécialisées en lutte contre les infections et qui collabore avec
        tous les services pour prévenir les infections nosocomiales grâce à
        la planification, à la mise en oeuvre et à l'évaluation des
pratiques
        actuelles.
    

    Création de l'Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé

    L'Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé est la
toute première agence de santé publique provinciale indépendante.
    L'agence offre une expertise et des conseils techniques aux travailleurs
de la santé sur le terrain, aux bureaux de santé publique et au gouvernement
en transformant les données de recherche et les renseignements en outils
pratiques. Elle contribue également à améliorer la capacité en matière
d'interventions d'urgence du système de santé publique.

    
    Amélioration et renouvellement des laboratoires de santé publique de
     l'Ontario
    

    Les laboratoires de santé publique de l'Ontario sont en cours de
modernisation, notamment grâce à l'acquisition d'un nouveau système
d'information de laboratoire. Au cours des deux dernières années, de nouveaux
membres du personnel médical et scientifique ont été recrutés nationalement et
internationalement, en vue de renforcer la capacité des laboratoires de santé
publique de l'Ontario alors que ces derniers s'harmonisent avec l'Agence
ontarienne de protection et de promotion de la santé.

    Augmentation du financement de la santé publique

    Le gouvernement a augmenté sa part de financement pour les programmes
obligatoires offerts par les 36 bureaux de santé publique afin de le faire
passer à 75 pour cent en 2007, comparé à 50 pour cent en 2004.

    
    Amélioration des mesures et des interventions d'urgence relatives à la
     santé
    

    Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée a créé l'Unité de
gestion des situations d'urgence (UGSU) pour diriger et soutenir les activités
de gestion des situations d'urgence du système de santé. L'UGSU est devenue un
centre de direction et d'expertise dans le secteur de la gestion des
situations d'urgence, dont la majorité du travail accompli en Ontario a servi
de modèle pour les autres collectivités publiques. L'UGSU a joué un rôle
déterminant dans la direction de la préparation à une pandémie dans le secteur
de la santé et dans l'élaboration de la norme relative aux situations
d'urgence de la santé publique dans le cadre des normes en matière de santé
publique de l'Ontario.

    
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                                                    Also available in English



    Document d'information

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     RAPPORT DU MEDECIN HYGIENISTE EN CHEF SUR LA GESTION DE L'ECLOSION
                       DE LISTERIOSE EN ONTARIO EN 2008

                 Sommaire des conclusions et recommandations
    

    1.  Dépistage de l'éclosion

    En 2005, l'Ontario a mis en oeuvre le Système intégré d'information sur
la santé publique (SIISP), un système Internet qu'utilisent tous les bureaux
de santé publique pour la surveillance des maladies infectieuses à déclaration
obligatoire, de même que pour la prise en charge et la gestion des
personnes-ressources. Chaque bureau de santé a l'obligation de saisir dans le
SIISP les renseignements sur tous les cas de maladies à déclaration
obligatoire sur son territoire de compétence. Le personnel du ministère de la
Santé et des Soins de longue durée analyse quotidiennement les données du
SIISP à l'aide d'un programme appelé EARS (Early Aberration Reporting System)
qui détecte les augmentations statistiques du nombre de cas au-dessus de la
norme.
    Les systèmes SIISP et EARS ont aidé à dépister l'éclosion de listériose à
l'échelle de la province. Les signaux d'alarme du programme EARS ont alerté le
personnel du nombre plus élevé de cas que d'habitude. Le personnel a donc pu
rapidement envisager la possibilité d'une éclosion plus importante. Sans le
SIISP, le lien entre le petit nombre de cas, au début, à l'échelle de la
province n'aurait peut-être pas été fait et l'éclosion n'aurait peut-être pas
été détectée avant qu'un grand nombre de personnes tombent malades.
    Le ministère a raffiné son processus d'enquête et d'intervention lorsque
le système EARS envoie des signaux d'alarme, mais il y a encore place à
l'amélioration dans l'évaluation de la sensibilité et de la spécificité du
système EARS pour détecter des éclosions.
    Même si le SIISP fonctionne bien, il y a parfois un décalage entre le
moment où un bureau de santé publique est averti d'un cas et celui où les
données sur ce cas sont saisies dans le SIISP. Dans certains cas, les bureaux
de santé ne saisissent pas assez de renseignements dès le départ pour que le
personnel du ministère puisse déceler des liens possibles.
    Au cours de l'enquête, le ministère a rappelé aux bureaux de santé de
saisir les cas de listériose dans le jour ouvrable suivant celui où ils sont
initialement informés par un établissement de santé ou un laboratoire, et de
fournir plus de renseignements sur chaque cas. Le ministère a donc été capable
de cerner un nombre de cas plus important que ce qui était soupçonné à
l'origine. Les renseignements relatifs à ces cas ont aidé à cerner l'éclosion
et à orienter l'enquête.
    La déclaration complète et en temps opportun est cruciale pour détecter
les éclosions. Le système serait plus efficace si tous les bureaux de santé
saisissaient chaque fois les cas rapidement et fournissaient des données de
surveillance complètes.

    Recommandations
    ---------------

    Afin de continuer à bâtir la capacité de la province en matière de
détection des éclosions à l'échelle de la province à l'avenir :

    
    1.1 Les bureaux de santé publique locaux devraient :

    -   saisir les cas de maladie à risque élevé, comme la listériose, dans
        le SIISP de façon opportune (c.-à-d. le même jour ouvrable);
    -   fournir des renseignements adéquats sur les cas afin d'appuyer
        l'analyse et l'enquête par la province.
    

    1.2 Le ministère devrait s'assurer que la Division de la santé publique
et les bureaux de santé locaux ont du personnel qualifié et d'autres
ressources afin de fournir des données en temps opportun, en plus d'enquêter
et de réagir à toute aberration identifiée dans les données de surveillance du
SIISP et d'autres systèmes électroniques.

    1.3 Le MSSLD devrait examiner la sensibilité et la spécificité des
signaux d'alarme de système EARS et élaborer un algorithme qui définit les
étapes pour évaluer les mesures de suivi qui doivent être adoptées à la suite
de tels signaux.

    2. Confirmation de l'éclosion

    Etant donné les symptômes non spécifiques de la listériose et le nombre
relativement petit de personnes qui deviennent malades en raison de la
listériose, les analyses de laboratoire sont essentielles pour aider à cerner
et à confirmer une éclosion.
    Le typage moléculaire était essentiel pour enquêter sur l'éclosion de
listériose survenue en 2008. Il a permis aux enquêteurs de comparer des
échantillons provenant d'humains et d'aliments, et de détecter la source
probable de l'éclosion.
    L'expertise en matière d'analyse de Listeria a été centralisée dans deux
laboratoires fédéraux : le Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg et
le Laboratoire de référence nationale pour Listeria à Ottawa. Au cours de
l'enquête sur l'éclosion de listériose survenue en 2008, tout le typage
moléculaire a été effectué par ces deux laboratoires fédéraux, qui avaient la
responsabilité de répondre aux demandes de l'ensemble du pays.
    Le typage moléculaire effectué par le Laboratoire national de
microbiologie pour les échantillons humains et par le Laboratoire de référence
pour Listeria pour les échantillons alimentaires a aidé à confirmer que les
cas à l'échelle du pays étaient reliés, et que la source de la contamination
était la charcuterie provenant de l'usine des Aliments Maple Leaf.
    Cette utilisation d'un seul laboratoire pour tout le typage moléculaire
ne sera peut-être plus suffisante comme le typage devient plus intégré dans le
menu d'analyses.
    Au début de l'éclosion de 2008, le typage moléculaire de Listeria
monocytogenes n'était pas disponible au Laboratoire central de santé publique
de l'Ontario, mais il l'est devenu depuis. Si le Laboratoire central de santé
publique de l'Ontario avait effectué le typage moléculaire dans son propre
laboratoire, le temps nécessaire pour acheminer les échantillons et demander
les analyses aurait pu être éliminé, et le temps nécessaire pour obtenir les
résultats des analyses aurait peut-être été diminué, d'au moins 2 ou 3 jours.
Le processus et les protocoles d'analyse exigeront encore du temps (c.-à-d.
environ 12 jours) et le Laboratoire central de santé publique devra encore
faire parvenir les résultats du typage moléculaire au Laboratoire national de
microbiologie afin de vérifier la concordance avec les résultats du typage
moléculaire des autres provinces. Le gouvernement fédéral devrait songer à la
nécessité d'avoir une capacité régionale accrue, puisque le typage moléculaire
n'est plus un outil de recherche, mais que son utilisation est plutôt devenue
normalisée. De plus, l'utilisation d'un seul laboratoire pour effectuer les
analyses poussées peut compromettre les délais en matière d'analyses dans
certaines régions du pays.
    Au moment de l'éclosion, les laboratoires de santé publique de l'Ontario
ne possédaient pas de système d'information de laboratoire totalement intégré.
L'Ontario aurait pu réagir plus rapidement aux éclosions si un système
d'information intégrant les données de surveillance et les données des
analyses de laboratoire en matière de santé publique avait été en place.

    Recommandations

    Depuis décembre 2008, la nouvelle Agence ontarienne de protection et de
promotion de la santé assume la responsabilité en matière d'exploitation des
laboratoires de santé publique de la province. Afin de remédier aux lacunes
décelées durant l'éclosion de listériose en 2008 et accroître la capacité de
la province d'enquêter sur les éclosions et de les confirmer.

    2.1 L'Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé devrait
s'assurer que ses partenaires connaissent les exigences en matière de collecte
et de présentation des spécimens, ce qui entraînera un traitement en temps
plus opportun des analyses et de la communication des données de laboratoires
à tous les partenaires.

    2.2 L'Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé devrait
s'assurer que le système de laboratoire de l'Ontario a la capacité en tout
temps d'effectuer les analyses nécessaires pour dépister les éclosions de
maladie d'origine alimentaire et d'intervenir, ce qui diminue sa dépendance
envers les organismes fédéraux. Des protocoles d'analyses prédéterminés
devraient être établis pour les éclosions qui exigent le soutien du
laboratoire d'un organisme fédéral.

    2.3 L'Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé devrait
élaborer un système coordonné pour contrôler les souches de bactéries et
d'autres organismes identifiés comme des priorités de santé publique dans les
échantillons humains, alimentaires et environnementaux, notamment en
conservant une base de données sur les modèles de souches qui pourra faciliter
les enquêtes lors de futures éclosions.

    
    2.4 L'Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé a créé
un groupe de travail avec notamment des représentants des partenaires fédéraux
afin :

    -   de cerner toutes les possibilités d'amélioration des délais
        d'analyses dans la province;
    -   d'élaborer un plan pour accroître la capacité des laboratoires de
        l'Ontario et diminuer leur dépendance envers les organismes fédéraux;
    -   de définir les rôles et responsabilités des laboratoires pour les
        analyses d'échantillons lors d'une éclosion de maladie d'origine
        alimentaire;
    -   de présenter ses conclusions au médecin hygiéniste en chef avec des
        recommandations.

    2.5 Le gouvernement fédéral devrait :

    -   examiner l'approche stratégique actuelle pour les analyses
        moléculaires poussées, pour résoudre des questions comme le délai
        d'exécution acceptable pour les résultats de laboratoire (y compris
        l'acheminement), la capacité de traiter des demandes d'analyses
        moléculaires plus nombreuses et l'importance d'avoir des solutions de
        rechange appropriées si le Laboratoire national de microbiologie
        devait ne pas être disponible.
    

    3. Gestion de l'éclosion

    Les renseignements constituent les atouts les plus importants lors d'une
enquête épidémiologique. Au cours de l'enquête, l'Agence canadienne
d'inspection des aliments (ACIA), l'organisme fédéral responsable des rappels
d'aliments, était le seul intermédiaire entre les Aliments Maple Leaf et les
fonctionnaires de la santé publique responsables de l'enquête épidémiologique.
Les inspecteurs de la santé publique de Toronto ont pu entrer dans l'usine
seulement trois semaines après que l'ACIA a identifié les Aliments Maple Leaf
comme étant le fabricant des aliments dont l'analyse avait révélé la présence
de Listeria.
    Bien que le ministère de la Santé et des Soins de longue durée ait
demandé des renseignements complets à l'ACIA concernant la distribution des
produits touchés par l'éclosion, ces renseignements n'ont jamais été reçus.
Par conséquent, les fonctionnaires de la santé publique n'ont pas été informés
avant le 14 août que des produits contaminés avaient peut-être été distribués
à des restaurants et ce n'est que le 17 août qu'ils ont su que des produits
contaminés avaient peut-être été distribués à certains magasins de détail et
rayons charcuterie. Au cours de l'enquête, ils n'ont pas pu obtenir de
renseignements complets sur le nombre d'établissements en Ontario qui avaient
reçu des produits concernés par l'éclosion et leur emplacement. Si les
autorités de santé publique avaient eu un accès opportun à ces renseignements,
elles auraient peut-être pu adopter des mesures personnalisées supplémentaires
afin de réduire l'exposition possible du grand public. Le manque de
renseignements concernant la distribution nationale des produits touchés a
également retardé l'enquête épidémiologique à l'échelle nationale.
    Aucun rappel d'aliments obligatoire n'a été émis par l'ACIA, bien que les
Aliments Maple Leaf aient procédé à un rappel volontaire qui a commencé par
deux produits et s'est ensuite élargi à plus de 220 produits fabriqués dans la
même usine.
    Deux semaines après la déclaration de l'éclosion, l'ACIA a accru la
portée (le nombre de produits) et l'étendue (le nombre de points de vente) des
avis de dangers pour la santé. Chaque jour, on annonçait que de nouveaux
produits constituaient un risque.
    La liste de produits et le nombre de magasins toujours croissants
donnaient l'impression que l'intervention n'était pas bien organisée et
contribuaient à l'impression de malaise et de confusion du public. Cela a
compliqué la planification et l'organisation pour les bureaux de santé
publique de leurs efforts pour contrôler l'efficacité des rappels de produits.
    La gestion des rappels d'aliments soulignait les défis en matière de
prise en charge et de coordination d'une éclosion qui nécessite la
participation du fédéral, du provincial et de partenaires locaux,
particulièrement lorsque les rôles et responsabilités ne sont pas clairs.
    Etant donné la fabrication et la transformation à grande échelle des
aliments et la complexité des réseaux de distribution alimentaire, l'Ontario
et le Canada vont probablement voir un plus grand nombre d'éclosions de
maladies d'origine alimentaire non localisées. Les processus et les structures
actuellement en place en matière d'enquête épidémiologique et de prise en
charge des éclosions ne sont pas adéquats pour appuyer une intervention
coordonnée entre les différents territoires de compétence et niveaux de
gouvernement. Les rôles et responsabilités à l'échelon fédéral, provincial et
local ne sont pas clairement définis.
    Les partenaires ne savaient pas avec certitude quelles responsabilités
demeuraient du ressort de l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) et de
l'administrateur en chef de la santé publique fédéral, et lesquelles
relevaient du médecin hygiéniste en chef de l'Ontario. On ne savait pas non
plus si l'organisme fédéral responsable était l'ASPC ou l'ACIA, ni dans quelle
mesure les médecins hygiénistes ou le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario
pouvaient agir seuls afin de protéger le public.

    Recommandations
    ---------------

    Afin d'accroître la capacité de l'ensemble des provinces et des
territoires en matière de prise en charge d'éclosions de maladies d'origine
alimentaire provinciales ou territoriales :

    
    3.1 Dans l'éventualité d'une éclosion provinciale ou territoriale
soupçonnée ou déclarée, le médecin hygiéniste en chef de la province ou du
territoire devrait établir et présider un comité de coordination provincial ou
territorial sur l'éclosion qui lui fournira des renseignements et des conseils
sur la gestion de l'éclosion. Le cadre de référence du comité de coordination
sur l'éclosion devrait explicitement exiger :

    -   un mandat de protéger la santé publique comme priorité absolue;
    -   la participation de tous les organismes provinciaux et fédéraux
        responsables de l'inspection des aliments, de la réglementation et de
        la santé publique, y compris les laboratoires;
    -   que tous les organismes de la province ou du territoire soient sous
        la responsabilité du comité de coordination sur l'éclosion;
    -   la divulgation complète de l'ensemble des données et des
        renseignements provenant de tous les organismes participants;
    -   que le médecin hygiéniste en chef de la province ou du territoire
        soit le porte-parole du comité de coordination sur l'éclosion;
    -   que le travail du comité de coordination sur l'éclosion soit cohérent
        et, s'il y a lieu, intégré avec les plans d'intervention d'urgence
        existants de la province ou du territoire, le PRITOA révisé et les
        autres plans d'intervention en cas d'éclosion de la province ou du
        territoire.

    Afin d'accroître la capacité de prendre en charge une éclosion de maladie
d'origine alimentaire à l'échelle nationale ou internationale :

    3.2 Dans l'éventualité d'une éclosion soupçonnée ou déclarée à l'échelle
nationale ou internationale, l'administrateur en chef de la santé publique
fédéral devrait établir et présider un comité de coordination national sur
l'éclosion. Le cadre de référence du comité de coordination national sur
l'éclosion devrait explicitement exiger :

    -   un mandat de protéger la santé publique comme priorité absolue;
    -   la participation des présidents des comités de coordination sur
        l'éclosion provinciaux, de même que tous les organismes provinciaux
        et fédéraux responsables de l'inspection des aliments, de la
        réglementation et de la santé publique, y compris les laboratoires;
    -   que l'administrateur en chef de la santé publique fédéral soit le
        porte-parole du comité de coordination national sur l'éclosion;
    -   que l'existence du comité de coordination national sur l'éclosion ne
        compromette pas le mandat, le rôle et la primauté des comités de
        coordination de l'éclosion provinciaux et territoriaux dans la prise
        en charge des éclosions.
    

    Afin d'accroître la capacité de l'Ontario à prendre en charge les
éclosions provinciales :

    3.3 Le Protocole de résolution des incidences de toxico-infections
d'origine alimentaire (PRITOA) et le Protocole d'entente concernant les
enquêtes sur les éclosions d'intoxication et les risques sanitaires d'origine
alimentaire en Ontario (le protocole d'entente de l'Ontario) devraient être
examinés à l'échelon provincial et fédéral afin de s'assurer que leurs
documents tiennent compte des pratiques de fabrication à grande échelle et que
les protocoles et les processus établissent des rôles et des responsabilités
clairs et garantissent une intervention en temps opportun, efficace et
coordonnée en cas d'éclosion de maladie d'origine alimentaire. Ils devraient
par la suite être exécutés.

    3.4 Le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario devrait élaborer des
lignes directrices particulières pour la province en matière de prise en
charge des éclosions de maladies d'origine alimentaire et de rappels
d'aliments initiés par la province, de saisies d'aliments et d'autres
activités qui peuvent être nécessaires aux termes de la Loi sur la protection
et la promotion de la santé. Le document d'orientation devrait :

    
    -   renforcer le pouvoir légal de l'Ontario de prendre en charge une
        éclosion provinciale et de protéger la santé publique même si cela
        signifie agir indépendamment des autres partenaires provinciaux et
        fédéraux (c.-à-d. lorsque la preuve que la santé publique nécessite
        d'agir ne respecte pas les critères de l'ACIA pour l'émission d'un
        rappel d'aliments);
    -   utiliser les protocoles qui existent dans les plans d'intervention
        d'urgence du ministère de la Santé et des Soins de longue durée et de
        la Division de la santé publique comme fondement pour les lignes
        directrices en matière de prise en charge des éclosions;
    -   fixer les critères pour qu'une éclosion locale devienne une éclosion
        prise en charge par la province;
    -   établir un cadre de travail et une structure pour la prise en charge
        d'une éclosion à l'échelle de la province qui sont cohérents avec les
        protocoles provinciaux et les accords avec les bureaux de santé
        locaux;

    -   identifier les critères et les déclencheurs qui seront utilisés
        afin :
        -  de donner des ordres pour traiter les risques pour la santé reliés
           à des éclosions de maladie d'origine alimentaire;
        -  de déclarer une éclosion provinciale possible ou probable;
        -  d'encourager un rappel d'aliments par le fédéral ou par
           l'industrie elle-même;
        -  de mettre en oeuvre un plan de communications publiques.
    -   fournir des lignes directrices pour enquêter sur la listériose et sur
        d'autres maladies d'origine alimentaire à déclaration obligatoire,
        notamment des protocoles et des méthodes d'échantillonnage à utiliser
        lors d'éclosions provinciales;
    -   contenir des lignes directrices sur la délivrance et l'exécution
        d'ordres pour retenir, éliminer ou retourner des aliments suspects à
        une usine, de même que des processus pour contrôler l'efficacité d'un
        rappel d'aliments;
    -   établir les exigences pour l'examen et la mise à jour réguliers des
        documents d'orientation.
    

    3.5 Le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario devrait encourager la
formation et les simulations d'exercice sur maquette pour tous les
partenaires, afin de tester les protocoles et les processus de prise en charge
d'une éclosion pangouvernementale.

    3.6 Tous les bureaux de santé publique de l'Ontario devraient avoir en
tout temps la capacité de contrôler les communications reliées à l'éclosion,
notamment les avis de rappel d'aliments, en plus d'élaborer des systèmes
d'appel qui garantissent que tous les avis reçus en dehors des heures
d'ouverture sont lus dans les deux heures suivant leur émission.

    4. Communications

    Durant l'éclosion, chaque organisme et chaque niveau de gouvernement
géraient les communications publiques de leurs territoires de compétence
respectifs. Les bureaux de santé publique fournissaient des renseignements à
leurs médias locaux. Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée
gérait les communications avec les médias et la population de l'Ontario.
L'ASPC et l'ACIA étaient responsables des communications à l'échelle
nationale. Les communications n'étaient pas bien coordonnées entre ces
différents niveaux de gouvernement.
    Ce manque de coordination contribuait à la confusion du public et donnait
l'impression que l'éclosion n'était pas prise en charge adéquatement, ce qui
nuisait à la confiance du public envers le système de santé publique.
    Le manque de coordination était en partie causé par les différents
niveaux de preuve exigés par différents partenaires pour déclencher des
mesures, mais également au fait que le bureau de l'administrateur en chef de
la santé publique à l'ASPC ne semblait pas posséder le mandat clair d'agir
comme dirigeant lors d'une éclosion de maladie d'origine alimentaire
pangouvernementale.

    Recommandations
    ---------------

    Afin d'accroître la capacité de communiquer lors d'une éclosion :

    4.1 Tous les organismes concernés par la prise en charge d'une éclosion
de maladie d'origine alimentaire devraient adopter le cycle informationnel de
24 heures qui est une composante de tous les plans d'intervention d'urgence de
l'Ontario.

    4.2 Les communications aux professionnels de la santé devraient être
opportunes et efficaces afin de s'assurer que les gens reçoivent un diagnostic
et sont traités rapidement et efficacement.

    4.3 Le médecin hygiéniste en chef ou son remplaçant désigné devrait être
le porte-parole officiel qui s'adresse aux médias dans le cas d'une éclosion
provinciale, et adopter le cycle informationnel de 24 heures lorsqu'il
s'adresse aux médias.

    4.4 L'administrateur en chef de la santé publique fédéral ou son
remplaçant désigné devrait être le porte-parole officiel qui s'adresse aux
médias lors d'une éclosion nationale.

    4.5 Afin d'améliorer l'exactitude des reportages, le MSSLD et l'Agence
ontarienne de protection et de promotion de la santé devraient informer les
médias des méthodes d'analyse utilisées lors d'une éclosion de maladie
d'origine alimentaire et de la manière dont les données sont interprétées.

    4.6 Le MSSLD devrait élaborer des feuilles de renseignements normalisées
qui peuvent être adaptées et distribuées dans l'éventualité d'une éclosion de
maladie d'origine alimentaire. Le personnel des communications devrait
intervenir dès le début de l'intervention dans le cadre d'une éclosion afin
que les problèmes de communication puissent être résolus rapidement. De plus,
le MSSLD devrait établir un processus d'approbation rationalisé pour les
communications durant une éclosion.

    
    -------------------------------------------------------------------------
                                                    Also available in English
    





Renseignements :

Renseignements: Mark Nesbitt, (416) 314-6197

Profil de l'entreprise

Ministère de la Santé et des Soins de Longue Durée de l'Ontario

Renseignements sur cet organisme


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