Les étudiants dans le rouge ! - La FEUQ dresse un portrait des plus préoccupant de l'endettement étudiant et tire la sonnette d'alarme

MONTRÉAL, le 6 sept. 2011 /CNW Telbec/ - Alors que les étudiants universitaires ont entrepris leur première semaine de cours, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a dévoilé ce matin les résultats inquiétants de sa recherche L'endettement étudiant - États des lieux, déterminants et impacts. Elle a, de plus, émis une note d'information afin de sensibiliser la population sur cet enjeu. « Qu'on arrête de nous dire que les étudiants roulent sur l'or ! Près du deux tiers des étudiants s'endettent de manière importante pour pouvoir aller à l'université. Et la nouvelle hausse de 1 625 $ des frais de scolarité de Jean Charest ne fera qu'aggraver une situation déjà très préoccupante », indique Martine Desjardins, présidente de la FEUQ.

En effet, sur l'ensemble de la population étudiante à temps plein au premier cycle, 65 % s'endettent d'un montant moyen de 13 967 $, et un étudiant sur quatre accumule plus de 20 000 $ de dettes. De plus, 35 % des étudiants s'endettent auprès d'institutions financières d'un montant moyen de 8 043 $. La situation est encore plus inquiétante chez certains étudiants, ce qui les met à risque d'interrompre leurs études. Il s'agit des étudiants en provenance d'un milieu à faible revenu, des étudiants de première génération et des étudiants parents. « Ce que l'on constate, c'est que pour une partie de la population étudiante, qui n'est pas née avec une cuillère d'argent dans la bouche, la poursuite de leur projet d'études ne peut se faire sans un lourd endettement. Ce n'est pas la définition de la FEUQ d'une société juste qui donne à tous une égalité des chances », lance Mme Desjardins.

Autre constat important de cette recherche : l'existence possible d'une spirale de l'endettement. Les montants en jeu augmentent d'une façon proportionnelle entre eux dans toutes les combinaisons de cumul des sources observées,  c'est-à-dire que si le montant du prêt de l'Aide financière aux études augmente (AFE), le montant d'un prêt personnel augmente dans la même proportion.

L'Aide financière aux études déficiente !

Depuis de nombreuses années, tant la FEUQ que le Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études du ministère de l'Éducation demandent au gouvernement de réellement bonifier l'AFE car elle ne répond pas aux besoins des étudiants. L'étude publiée aujourd'hui en arrive au même constat. C'est 52 % des étudiants qui ont un prêt de l'AFE qui doivent se tourner vers d'autres sources d'endettement pour assumer les dépenses liées à leurs études. « Le gouvernement Charest a reçu 70 millions de plus lors du transfert fédéral l'an dernier pour les prêts et bourses et il les a détournés des étudiants les plus pauvres. C'est à croire que son objectif est d'augmenter la dette des étudiants du Québec et par le fait même de leurs familles ! », s'indigne la présidente de la FEUQ. Bien que la recherche critique certaines techniques de vente des produits financiers des banques, elle constate que pour bien des étudiants, le recours à une marge ou une carte de crédit est souvent la seule alternative pour poursuivre leur projet d'études.

Ce refus d'améliorer l'AFE est des plus paradoxal à la veille de l'étude du projet de loi 24 qui a pour but de réduire l'endettement des Québécois. Force est de constater que le gouvernement n'a prévu aucune mesure pour diminuer l'endettement des étudiants et de leurs familles. « Depuis son élection, Jean Charest n'a fait qu'aggraver l'endettement des étudiants. Notre étude démontre que la situation est critique pour les étudiants. Les générations futures n'ont pas à partir avec une longueur de retard ! », conclut Martine Desjardins.

La recherche et la note d'information sont disponibles sur le site de la FEUQ www.feuq.qc.ca et sur le site www.1625canepassepas.ca

Principales recommandations de la recherche

  • Que le gouvernement du Québec élabore et mette en place une stratégie de lutte contre l'endettement étudiant et mette en place :
    Le gel des frais de scolarité dès 2012 accompagné d'une meilleure règlementation des frais afférents ;
    Des bonifications aux prêts et bourses et aux bourses d'excellence des organismes subventionnaires ;
    Un meilleur encadrement des institutions financières ;
    Des mécanismes de communication pour améliorer les compétences financières des jeunes.
  • Que le plafond de prêts de l'Aide financière aux études ne soit pas augmenté.
  • Que l'allocation spéciale couvrant l'augmentation des frais de scolarité soit remise sous forme de bourse à tous les bénéficiaires sans exception, et qu'elle n'entraîne aucune hausse de l'endettement.
  • Que l'Aide financière aux études augmente le montant des dépenses admises pour les bénéficiaires de l'aide financière aux études, notamment par une bonification des montants des frais de subsistances et des frais de transport pour les étudiants qui n'ont pas accès au transport en commun. Des frais de transport pour les non-résidents et des frais d'Internet devraient aussi être inclus dans les dépenses admises.
  • Que le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport introduise un mécanisme automatique d'indexation annuelle de l'ensemble des dépenses admises dans le calcul de l'Aide financière aux études. Que cette indexation soit équivalente à l'Indice des prix à la consommation (IPC) pour l'année concernée.
  • Que les montants d'exemption pour le maintien de l'unité familiale soient établis à 45 000 $ et indexés par la suite.
  • Que le gouvernement du Québec interdise la fausse représentation en matière d'endettement étudiant selon laquelle le crédit peut permettre de passer à travers ses études universitaires à l'abri des tracas financiers et sur la rentabilité future des études.
  • Que le gouvernement du Québec impose aux institutions financières de clarifier les produits financiers offerts directement aux étudiants, entre autres en énonçant clairement les conséquences d'un changement de programme ou d'un abandon scolaire sur le remboursement de la dette.

Les recherches de la FEUQ ont pour but de brosser un portrait réel de la situation des étudiants. Basées sur de vastes enquêtes et des analyses poussées, ces recherches détruisent les nombreux mythes qui circulent sur les conditions de vie et d'études des étudiants des universités québécoises. À ce sujet, la prochaine recherche que publiera la Fédération portera sur le travail étudiant.

Depuis plus de 20 ans, la FEUQ représente les étudiantes et les étudiants universitaires du Québec. Composée de 15 associations membres et forte de plus de 125 000 membres, la FEUQ est le plus important groupe jeunesse au Québec. www.feuq.qc.ca

SOURCE FEDERATION ETUDIANTE UNIVERSITAIRE DU QUEBEC (FEUQ)

Renseignements :

Mathieu Le Blanc, attaché de presse FEUQ, bureau : (514) 396-3380, Cell. : (514) 609-3380 attpresse@feuq.qc.ca

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