Les économistes du Mouvement Desjardins estiment que la récession américaine devrait être évitée en 2008



    Pour la première moitié de l'année, les assouplissements monétaires
    seront le mot d'ordre pendant que le Québec et l'Ontario continueront à
    souffrir de la force du dollar

    LEVIS, QC, le 27 déc. /CNW Telbec/ - Les économistes du Mouvement des
caisses Desjardins, le plus important groupe financier intégré de nature
coopérative au Canada, estiment que la récession américaine devrait être
évitée en 2008. Pendant ce temps, le Québec et l'Ontario composeront tant bien
que mal avec un dollar fort qui continuera à perturber la croissance
économique.
    Les économistes de Desjardins rappellent qu'un vent de panique a soufflé
sur les marchés financiers de la planète au cours de l'été et de l'automne
2007. Conséquence de l'accentuation des défauts de paiement sur le marché du
crédit hypothécaire à risque, les investisseurs ont perdu confiance dans le
papier commercial adossé à des actifs (PCAA) et une réappréciation des risques
s'est soudainement effectuée. Un manque de liquidités s'est alors produit sur
les marchés financiers.
    Le resserrement des conditions de crédit de la part des institutions
financières qui s'en est suivi dans le monde et surtout aux Etats-Unis affecte
l'économie réelle de la même manière qu'une hausse des taux d'intérêt. Pour
contrer cet effet, les autorités monétaires ont été forcées de relâcher leurs
taux directeurs pour ramener les conditions de crédit à un niveau plus
accommodant. "On veut à tout prix éviter une récession aux Etats-Unis qui
aurait des répercussions peu souhaitables sur l'économie de plusieurs autres
pays, notamment du Canada", a déclaré le vice-président et économiste en chef
de Desjardins, M. François Dupuis.

    Au Québec, le ralentissement sera limité malgré les difficultés du
    secteur extérieur

    Est-il nécessaire de rappeler que ce sont le Québec et l'Ontario qui
souffrent davantage de la force du huard? Le secteur manufacturier canadien,
concentré dans ces deux provinces, doit absorber un choc brutal, ce qui
suscite beaucoup de questions concernant la viabilité à moyen terme de
certaines industries.
    La demande intérieure de ces deux provinces demeure cependant
suffisamment solide pour contrebalancer en partie les difficultés du secteur
extérieur. Le PIB réel du Québec croîtra de 1,7 % en 2008 et de 2,3 % en 2009
(1,9 % en 2007). Pour l'Ontario, les prévisions respectives sont de 1,8 % et
2,5 % (2,1 % en 2007). Les provinces de l'Ouest bénéficient toujours de la
présence du pétrole et des investissements relatifs aux Jeux olympiques.
    En dépit des difficultés du commerce extérieur, le ralentissement de
l'économie québécoise devrait être de faible amplitude en 2008. Plusieurs
points d'appui permettront à la demande intérieure de maintenir un bon rythme
de croisière. "Les investissements en infrastructure publique, les baisses
d'impôts annoncées au fédéral et au provincial ainsi que la baisse de la taxe
sur les produits et services (TPS) sont des atouts qui permettront d'atténuer
le ralentissement économique", souligne pour sa part M. Yves St-Maurice,
directeur et économiste en chef adjoint au Mouvement Desjardins.

    Le huard reste le point chaud au Canada

    La hausse vertigineuse du huard au-delà de la parité avec le billet vert
a semé beaucoup d'émoi et soulevé des inquiétudes pour l'économie canadienne.
Combinés à des conditions de crédit plus difficiles pour les consommateurs et
les entreprises, les impacts négatifs d'un dollar aussi fort sur le secteur
extérieur et sur les entreprises manufacturières canadiennes ont encouragé la
Banque du Canada à abaisser les taux directeurs de 25 points de base le
4 décembre dernier. "Même si l'économie se montre toujours assez solide, il
fallait relâcher la ceinture pour contrecarrer de manière préventive les
conditions plus difficiles pour l'obtention de crédit. Nos prévisions de
croissance du PIB s'établissent à 2,4 % pour 2008, comparativement à 2,6 % en
2007. Le retour vers le plein potentiel de production est prévu pour 2009,
pour une croissance de 3 %", a ajouté M. St-Maurice.
    Malgré tout, la demande intérieure canadienne se porte plutôt bien et
tout n'est pas noir, au contraire. Les consommateurs restent confiants, les
profits des entreprises sont solides, des diminutions d'impôts et de taxes
entreront en vigueur en début d'année. Le marché du travail demeure vigoureux,
assurant une croissance des revenus. Les effets positifs d'une devise forte
devraient se traduire par une baisse du prix de plusieurs biens. "Sujet à une
certaine volatilité en fonction du prix du pétrole, des matières premières et
de l'écart des taux d'intérêt avec les Etats-Unis, le huard devrait
s'affaiblir au début de 2008 pour ensuite remonter vers la parité pour le
reste de notre période de prévisions", observe M. Dupuis. Le prix du pétrole
(WTI) pourrait reculer aussi bas que 70 $ américains le baril en première
moitié de 2008, mais reprendre une tendance haussière par la suite, aussitôt
que les craintes de récession aux Etats-Unis se dissiperont.

    A l'affût des signes de récession aux Etats-Unis

    Il y a actuellement une conjugaison de mauvaises nouvelles qui avivent
les craintes de récession aux Etats-Unis. Dans ces conditions, les prévisions
de croissance du PIB réel aux Etats-Unis, selon les économistes de Desjardins,
s'élèvent à 2,0 % pour 2008 (2,2 % en 2007). "Nos voisins devraient toutefois
éviter la récession, même si les risques demeurent toujours à près de 40 %,
estime M. Dupuis. Ils le devront en bonne partie à la faiblesse de leur dollar
qui favorise leur secteur extérieur en stimulant les exportations et en
ralentissant le rythme de croissance des importations. En 2009, la tempête
sera derrière eux et l'économie reprendra du tonus avec une croissance de
2,6 %, soit tout près de son potentiel".
    Face à des risques élevés de récession, la Réserve fédérale américaine
n'hésitera pas à relâcher les taux. On s'attend à une baisse de 25 points de
base du taux cible des fonds fédéraux au cours des trois prochaines réunions
de la Fed. En mai prochain, ce taux devrait avoir atteint le niveau de 3,50 %.
Il se stabilisera par la suite jusqu'à la fin de 2008. Quant à la Banque du
Canada, elle suivra le mouvement, mais elle se limitera à deux baisses. Les
taux directeurs au Canada devraient donc s'établir à 3,75 % en mars prochain.

    La volatilité des marchés boursiers et des devises demeureront
    importantes

    Les marchés boursiers sont demeurés extrêmement volatils au cours des
derniers mois alors que le rebond des indices en septembre et en octobre a
fait place à une nouvelle correction avec le retour en force des inquiétudes
liées à la crise du subprime. L'an prochain, les Bourses risquent encore
d'évoluer en dents de scie et leur croissance pourrait être limitée par les
conséquences de la crise et par le ralentissement économique. Malgré tout, les
principaux indices nord-américains devraient progresser autour de 5 % à 10 %
au cours des deux prochaines années.
    Au niveau des devises, la chute du billet vert s'est poursuivie cet
automne, entraînant les devises européennes et le huard à la hausse.
Toutefois, les perceptions des investisseurs à l'égard des économies
britannique et canadienne se sont détériorées depuis, et seul l'euro a réussi
à consolider son avance. Le contexte demeure favorable à une consolidation de
l'euro dans une fourchette entre 1,45 $ US et 1,50 $ US. Le yen a profité de
la réappréciation du risque pour remonter, mais les gains potentiels restent
limités en raison de la faiblesse structurelle de l'économie nipponne.

    Les pays émergents au secours de l'économie mondiale

    Selon les économistes de Desjardins, la croissance de l'économie mondiale
est bien appuyée sur celle des pays émergents comme la Chine ou l'Inde.
Contrairement aux pays industrialisés qui doivent se soumettre à une période
de réévaluation des risques, les autorités chinoises tentent délibérément de
restreindre le crédit par tous les moyens pour éviter une surchauffe. Malgré
ces efforts, la deuxième économie mondiale devrait poursuivre une progression
supérieure à 10 % de son PIB réel au cours des deux prochaines années.
    L'économie du Japon gardera son rythme de croisière avec une croissance
prévue de 1,8 % en 2008 et de 2,0 % en 2009 (2,0 % en 2007). L'Europe sera
affectée par les facilités de crédit plus restreintes et une devise un peu
trop vigoureuse. Un maigre 2 % de croissance est donc attendu pour 2008 et
2009 (2,6 % en 2007). Même son de cloche pour le Royaume-Uni. "Malgré toute la
faiblesse des économies industrialisées, les pays en développement viendront
en aide à la croissance mondiale en la soutenant à 4,7 % en 2008, en léger
recul seulement par rapport à 2007", conclut M. St-Maurice.

    A propos de Desjardins

    Plus important groupe financier intégré de nature coopérative au Canada,
avec un actif de 147 milliards de dollars au 30 septembre 2007, le Mouvement
des caisses Desjardins regroupe un réseau de caisses, credit unions et centres
financiers aux entreprises au Québec et en Ontario, de même qu'une vingtaine
de sociétés filiales en assurances de personnes et de dommages, en valeurs
mobilières, en capital de risque et en gestion d'actifs, dont plusieurs sont
actives à l'échelle du pays. S'appuyant sur la compétence de ses
40 000 employés et l'engagement de 6 800 dirigeants élus, Desjardins met à la
disposition de ses 5,8 millions de membres et ses clients, particuliers et
entreprises, une gamme complète de produits et services financiers. Son réseau
de distribution physique est complété par des modes d'accès virtuel à la fine
pointe de la technologie.

    Nos communiqués de presse sont offerts en format RSS à l'adresse :
    http://www.desjardins.com/fr/rss/




Renseignements :

Renseignements: (à l'intention des journalistes uniquement): Nathalie
Genest, Conseillère Information et Relations de presse, Mouvement Desjardins,
(514) 281-7275, 1-866-866-7000, poste 7275, nathalie.genest@desjardins.com;
François Dupuis, Vice-président et économiste en chef, Mouvement Desjardins,
(514) 281-7000, poste 2336, 1-866-866-7000, poste 2336; Yves St-Maurice,
Directeur et économiste en chef adjoint, Mouvement Desjardins, (514) 281-7000,
poste 2336, 1-866-866-7000, poste 2336


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