Les coûts élevés et le manque d'infrastructure nuisent à l'exploration et à l'exploitation minières dans le nord du Canada : Étude

Les coûts en capital pour les mines du Nord sont souvent deux fois plus élevés que pour les mines du Sud

OTTAWA, le 5 mai 2015 /CNW/ - Une nouvelle étude intitulée Corriger les inégalités révèle que les coûts d'exploration et de construction de nouvelles mines sont 2,5 fois plus élevés dans le nord du Canada, en grande partie en raison du manque d'infrastructures essentielles. Cette situation nuit beaucoup à l'exploration et à l'exploitation dans les régions nordiques et éloignées du Canada. 

L'étude a été réalisée par l'Association minière du Canada (AMC), l'Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (ACPE), l'Association des firmes d'ingénieurs-conseils du Canada, la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut et la Chambre des mines du Yukon. Dans le rapport, les termes « nord » et « nordique » comprennent les territoires canadiens ainsi que les régions nordiques et éloignées des provinces.

Les principales conclusions de l'étude comprennent deux volets. Premièrement, les coûts de l'exploration, de la construction et de l'exploitation des mines sont beaucoup plus importants dans les régions nordiques et éloignées des provinces et des territoires canadiens. Deuxièmement, ce surcoût est directement relié au manque d'infrastructures dans ces régions. Contrairement à leurs homologues dans le Sud, les entreprises qui exploitent des activités dans ces régions éloignées doivent investir dans des infrastructures coûteuses, mais essentielles comme des ports, des centrales, des routes d'hiver, des routes permanentes et des logements. Très souvent, la population est clairsemée ou il n'y a personne sur des centaines de kilomètres à partir du projet ou de la mine.

Les coûts en capital sont plus importants pour certains minéraux :

  • coûts 2,5 fois plus élevés pour les mines de métaux communs;
  • coûts environ deux fois plus importants pour les mines d'or;
  • coûts entre 15 et 20 % plus élevés pour les mines de diamants dans les territoires.

 

Les coûts d'exploration varient en fonction de la distance des infrastructures de transport, les projets les plus éloignés coûtant six fois plus cher que ceux moins éloignés.

L'industrie minière du Canada fait partie intégrante de l'économie du pays. En 2013, elle a contribué au produit intérieur brut canadien pour 54 milliards de dollars et a employé plus de 380 000 travailleurs d'un océan à l'autre. Dans les régions nordiques de toutes les provinces, le nombre d'emplois en lien direct avec l'industrie s'élevait à 16 000 et la production minière dépassait 3,4 milliards de dollars en 2011. Dans les territoires, des données récentes montrent que les mines représentent approximativement 15 % de l'ensemble des effectifs du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut. Pour profiter de ces avantages, les prochaines générations auront besoin que les gouvernements adoptent des mesures innovantes et intégrées pour créer un climat intéressant en matière d'investissement.

Malgré la direction actuelle prise par l'industrie minière canadienne, deux grands indicateurs suggèrent que la viabilité de l'industrie à long terme est compromise : les réserves de plusieurs métaux de base ont décliné de façon importante depuis les années 1980 et les volumes de production des principaux produits de base ont également baissé par rapport aux autres pays. La solution à ces problèmes se trouve dans l'augmentation des activités d'exploration afin de découvrir de nouveaux gisements pour pallier le déclin des réserves actuelles et dans la mise en production de ces nouveaux gisements. Les régions éloignées et nordiques du Canada ont toutes les cartes en main pour surmonter ces deux difficultés.

Récemment, les gouvernements ont commencé à mieux cibler le développement économique dans le Nord. En effet, dans son budget 2015, le gouvernement fédéral élargit la définition des frais d'exploration au Canada (FEC) pour inclure les dépenses de consultation de la collectivité, ce qui réduira les coûts d'exploration. Il y propose aussi l'augmentation de la limite d'emprunt du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest à 1,3 milliard et celle du gouvernement du Nunavut à 650 millions. L'objectif est de fournir aux territoires une plus grande souplesse pour examiner les possibilités d'investissement futur, notamment dans les infrastructures, afin de favoriser le développement des ressources et la croissance économique. Le Plan Nord du Québec est un autre important exemple de sensibilisation au développement des régions du Nord et la volonté du gouvernement québécois de prolonger la Route 167 jusqu'à la mine de diamants Renard représente le type de projet nécessaire à l'exploration et à l'exploitation de nouveaux gisements.

Cependant, l'étude révèle que des investissements stratégiques supplémentaires sont nécessaires pour surmonter le fardeau financier et attirer des investissements miniers étrangers dans la région. En l'absence d'investissements supplémentaires dans les infrastructures publiques, les auteurs recommandent une réforme de la politique fiscale pour les phases de production et d'exploration minières qui corrigera les inégalités vécues par les entreprises qui veulent travailler dans les régions éloignées et nordiques du Canada.

Recommandations en matière de politiques

  • Pour favoriser l'exploration minière, le groupe plaide en faveur d'un nouveau crédit d'impôt fédéral pour l'exploration minière (CIEM) de 25 % plutôt que de 15 % pour les projets dans les régions nordiques et éloignées du Canada, ainsi que d'encouragements financiers pour rendre les coûts de forage au stade exploratoire primaire plus économiquement acceptables.
  • Pour permettre aux sociétés minières de construire et d'exploiter des complexes miniers dans les régions nordiques et éloignées, le groupe recommande un crédit d'impôt à l'investissement de base de 10 %, en plus de : soit un crédit d'impôt à l'investissement de 15 % pour les infrastructures admissibles, soit une contribution à remboursement conditionnel de 25 % pour les investissements dans les infrastructures. Une certaine souplesse est nécessaire pour améliorer la viabilité économique des projets pour les entreprises dont la situation fiscale est limitée.
  • Parce que les besoins sont criants en matière d'infrastructure, le groupe recommande également l'établissement d'une banque d'investissement dans les infrastructures nordiques dans les territoires pour les projets d'infrastructure qui génèrent des avantages au public, mais qui ne répondent pas au critère d'« usage public » des programmes fédéraux existants.

 

CITATIONS :

« Il ressort clairement de cette étude que des investissements stratégiques et de bonnes politiques publiques sont nécessaires pour favoriser l'exploitation minière responsable dans les régions nordiques et éloignées du Canada et pour permettre aux gouvernements de réaliser leurs objectifs en matière de développement social et économique dans ces régions. Des investissements judicieux et un régime fiscal positif permettant de surmonter les obstacles particuliers à ces régions seront la meilleure façon d'attirer un plus grand nombre d'investissements miniers », selon Pierre Gratton, président et chef de la direction de l'Association minière du Canada.

« Jamais dans notre histoire il n'a été aussi difficile pour les petites sociétés d'exploration d'attirer des capitaux à risque. Au cours des dix dernières années, ces petites entreprises ont réalisé près de 90 % des découvertes minérales. Les projets dans le nord du Canada dont le profil des coûts est six fois plus élevé que celui d'un projet comparable dans le sud continueront de souffrir du manque d'investissement si personne n'intervient », explique Rod Thomas, président de l'Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs.

« Des investissements importants sont nécessaires pour créer des occasions de prospérité dans les régions nordiques et éloignées du Canada. Nous croyons que les recommandations comprises dans cette étude permettront aux secteurs tant privé que public de créer des occasions de prospérité dans les régions du Nord et partout au pays », explique John Gamble, président et chef de la direction de l'Association des firmes d'ingénieurs-conseils du Canada.

« Le Nord représente l'avenir minier du Canada et un plus grand nombre de mines est nécessaire pour assurer la prospérité économique future du pays. Cette étude démontre clairement que l'exploration et l'exploitation minières coûtent beaucoup plus cher dans le nord du pays que dans les localités moins éloignées du sud. Corriger les inégalités en matière d'exploration et d'exploitation minières par l'introduction d'incitations fiscales permettrait d'attirer les investissements nécessaires pour trouver et développer de nouveaux gisements et favoriserait l'indépendance économique des régions nordiques. Ce scénario serait profitable à tous », soutient Brooke Clements, président de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut.

« Pour maintenir la compétitivité du Yukon au sein de l'industrie minière internationale, nous devons abaisser les coûts d'exploitation pour les promoteurs de projets dans le Nord canadien. Le Yukon possède des gisements de classe mondiale : cet atout est bien connu des sociétés minières étrangères, qui sont prêtes à investir. Nous devons toutefois continuer d'investir et de construire des routes, des ponts et des centrales électriques pour soutenir la croissance et la viabilité à long terme de l'exploration et de l'exploitation minières », affirme Brad Thrall, président de la Chambre des mines du Yukon et directeur de l'exploitation d'Alexco Resource Corp.

Ressources :

 

À propos de l'Association minière du Canada
L'Association minière du Canada est l'organisme national qui représente l'industrie minière canadienne. Ses membres, qui sont responsables de la majeure partie de la production canadienne de métaux de base et précieux, d'uranium, de diamants, de charbon métallurgique, de pétrole extrait des sables bitumineux et de minéraux industriels, sont présents dans les secteurs de l'exploration minérale, de l'exploitation minière, de la fonte, de l'affinage et de la fabrication de produits semi-finis. Visitez le site www.mining.ca.  

À propos de l'Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs
L'Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (ACPE) est le porte-parole du secteur canadien de l'exploration et de l'exploitation minières. Elle compte plus de 9 000 particuliers et 1 250 sociétés parmi ses membres. Sa mission est de promouvoir une exploitation et une exploration minières responsables, durables et solides au Canada. L'ACPE est également connue mondialement pour son congrès annuel, qui est considéré comme l'événement par excellence pour les professionnels de l'industrie minière. Le congrès 2016 aura lieu au Palais des congrès du Toronto métropolitain du 6 au 9 mars. Visitez www.pdac.ca.

À propos de l'Association des firmes d'ingénieurs-conseils du Canada
L'Association des firmes d'ingénieurs-conseils du Canada (AFIC) représente près de 450 firmes offrant une vaste gamme de services d'ingénierie, scientifiques et autres services professionnels aux secteurs privé et public. L'AFIC est le porte-parole des ingénieurs-conseils en matière de réglementation, de politique publique et de pratiques commerciales. Visitez www.acec.ca.

À propos de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut
La Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, qui dessert les entreprises qui exercent leurs activités dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, est le porte-parole de l'industrie de l'exploration et de l'exploitation minières du nord du Canada depuis 1967. Sa mission est de promouvoir l'industrie et le Nord auprès des habitants des régions nordiques, des Canadiens et du monde entier. Elle se prononce sur les occasions, les problèmes et les préoccupations de l'industrie. Elle conseille les gouvernements, les investisseurs, les médias, les établissements d'enseignement et le public concernant les positions et les projets de l'industrie.

À propos de la Chambre des mines du Yukon
Fondée en 1943, la Chambre des mines du Yukon défend et promeut les intérêts du secteur de l'exploration minérale et de l'exploitation minière au Yukon au moyen d'initiatives et de politiques qui favorisent une industrie sécuritaire, viable économiquement et responsable sur les plans social et environnemental.

 

SOURCE Association minière du Canada (AMC)

Renseignements : Jessica Draker, Association minière du Canada, 613 233-9392, poste 225 ou jdraker@mining.ca; Steve Virtue, Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs, 416 362-1969 poste 225 ou svirtue@pdac.ca; Randi Goddard, Association des firmes d'ingénieurs-conseils du Canada, 613 236-0569 ou rgoddard@acec.ca; Tom Hoefer ou Elizabeth Kingston, Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, 867 873-5281 ou executivedirector@miningnorth.com ou 867 979-5291 ou generalmanagernu@miningnorth.com; Samson Hartland, Chambre des mines du Yukon, 867 667-2090 ou ed@yukonminers.ca

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