"Les coûts de l'itinérance sont trop élevés pour continuer à perpétrer les politiques actuelles." - Benoit Labonté



    MONTREAL, le 1er oct. /CNW Telbec/ - "Les coûts humains, sociaux et
économiques de l'itinérance sont trop élevés pour continuer à perpétuer les
politiques actuelles." C'est ainsi que le maire de l'arrondissement de
Ville-Marie et chef de l'opposition officielle de la ville de Montréal a
conclu son témoignage, aujourd'hui, devant la commission des affaires sociales
de l'Assemblée nationale qui tient des auditions sur la question de
l'itinérance.
    Monsieur Labonté a d'abord élaboré sur l'aspect, devenu, essentiellement
urbain, de l'itinérance au Québec. L'itinérance, tel que nous l'observons
aujourd'hui, pourrait se définir comme étant la conséquence directe et
l'aboutissement concret de plusieurs facteurs socioéconomiques qui, agissant
ensemble, crée un état d'être spécifique chez un individu. Cet état d'être
pousse l'individu vers le cul-de-sac qu'est la rue, et le rend, partiellement
ou complètement, économiquement et socialement, isolé de la société. C'est cet
état qui rend un individu itinérant.
    Les problématiques sociales, telles que l'exclusion sociale, la
toxicomanie, la prostitution, la violence, les maladies mentales et la
pauvreté, ne sont pas des situations qui amplifient l'itinérance. Ce sont des
facteurs qui la créent.
    Les problématiques économiques, telles que la perte d'un emploi, la
précarité du marché du travail et le manque d'opportunités d'emploi, ne sont
pas des situations qui contribuent à l'itinérance. Ce sont également des
facteurs qui la créent.
    Le cheminement de chaque individu vers l'itinérance est de plus en plus
diversifié et directement relié aux facteurs socioéconomiques qui l'affectent.
    Par exemple, les facteurs qui poussent certaines femmes à la rue sont
plus souvent liés à la violence psychologique ou physique dont elles sont
victimes. En contrepartie, pour certains hommes, c'est la toxicomanie ou les
problèmes de jeu qui les dirigent vers ce cycle. Pour certains jeunes,
finalement, l'itinérance est le résultat du décrochage scolaire et de la
difficulté à se trouver un emploi.
    Nous ne prétendons pas qu'il n'existe plus de facteurs communs au
phénomène de l'itinérance - la pauvreté est certainement un dénominateur
commun pour toutes ces personnes -, mais de ne pas définir correctement et ne
pas tenir compte des facteurs propres qui poussent un individu dans la rue,
c'est faire preuve d'une négligence dont les effets sont potentiellement
dévastateurs.
    Dans cette perspective, l'itinérance prend rapidement de nouveaux
visages. Elle frappe de plus en plus les jeunes, les femmes et les peuples
autochtones. Même si ses causes sont présentes partout sur le territoire du
Québec, nous devons admettre que le phénomène de l'itinérance - à tout le
moins dans ses conséquences - est surtout devenu urbain et, plus encore, un
phénomène de grandes villes, notamment Montréal. Admettons aussi, qu'à
Montréal, le phénomène de l'itinérance est plus accentué au centre-ville
qu'ailleurs sur le territoire.
    Benoit Labonté a, ensuite, mis en cause les fonctionnements actuels face
à l'itinérance. Ce qui est réellement en jeu dans le contexte de l'itinérance,
c'est le principe de cohésion sociale. Sans une solide cohésion sociale à sa
base, aucune société ne peut espérer évoluer sainement et se développer de
façon durable. Le réseau de la santé du Québec, et, au tout premier chef, le
ministère qui en est responsable, s'est néanmoins lentement, mais sûrement,
déresponsabilisé d'une série d'enjeux de cohésion sociale qui porte en eux des
conséquences et des effets désastreux. Nous pouvons en citer un certain nombre
: la désinstitutionnalisation de malades ayant besoin de soins psychologiques
ou psychiatriques, le décrochage scolaire, l'appauvrissement de la classe
moyenne, des politiques incohérentes quant à l'accès au logement social ou
abordable, et j'en passe. L'idée, ici, n'est pas de trouver un bouc émissaire,
mais plutôt d'établir les faits tels qu'ils sont.
    D'autre part, comment se fait-il, qu'aujourd'hui encore, qu'un(e) jeune
en détresse de Rimouski, de Gaspé, de Saguenay ou de Val d'Or se retrouve
presque toujours à Montréal ? Comment se fait-il que cette migration soit
même, malheureusement, encouragée par certains acteurs sociaux gouvernementaux
en régions, ce qui coupe dramatiquement ces personnes de leur milieu ? Comment
se fait-il que des centres d'assistance ferment en région - comme ce fut le
cas encore récemment à Laval -, forçant ainsi nombre de personnes
nécessiteuses à se rabattre sur Montréal ? Comment se fait-il que ce soit à
Montréal, au centre-ville en particulier, qu'il semble si facile de trafiquer
de la drogue ? Comment se fait-il que, par exemple, le logement social assisté
soit une pratique si peu répandue au Québec ? A chacune de ces questions, nous
pouvons relier et mettre en évidence une législation québécoise inappropriée.
Et tout cela n'est pas relié seulement à une question d'argent ou au sort
inévitable des grandes villes. Cependant, c'est là le sort de grandes villes
qui ne disposent pas des tous les moyens pour agir. Ce qui est le cas pour
Montréal.
    Afin de trouver des pistes de solution, n'ayons pas crainte de voir
ailleurs: à Glasgow, en Ecosse; à Bâle, en Suisse; à Berlin, en Allemagne; à
New York même - si proche de nous -, les autorités urbaines jouissent du
soutien de leurs gouvernements, se concertent avec eux, travaillent ensemble.
A quand remonte une concertation, en profondeur - pas entre deux portes et
quatre fonctionnaires -, mais au plus haut niveau, entre le premier ministre
du Québec et le Maire de Montréal, sur l'itinérance ? Quand un ministre de la
Santé du Québec a-t-il pris vraiment le temps et la mesure de travailler avec
les intervenants présents sur le terrain, pas seulement avec les
professionnels dont certains sont, trop souvent, devenus des "jet setters" des
problèmes sociaux ?
    Un exemple, parmi d'autres: le 31 mai dernier, dans l'arrondissement de
Ville-Marie, nous avons tenu le Forum économique et social - coprésidé par
Madame Phyllis Lambert et Monsieur Serge Lareault -, qui a réuni au-delà de
150 personnes représentatives de tous les milieux. Le Forum a, notamment,
traité de solutions face à l'itinérance.
    J'invite cette commission à se concentrer en priorité - et dans l'action
- sur les causes et problématiques en amont du problème, à sortir des lieux
communs que nous connaissons tous depuis une décennie au moins. Pour arriver à
réduire l'itinérance de façon tangible - car nous savons tous que l'éradiquer
est chose malheureusement impossible -, c'est à l'ensemble de nos attitudes et
comportements qu'il faut s'attaquer : que ce soit la santé ou l'éducation,
l'habitation ou la famille, le service social ou le développement économique,
tous ces outils sont nécessaires et porteurs de solutions.
    "Enfin, a-t-il conclu, j'invite les élus à s'attaquer aux sept pistes de
solutions suivantes :

    
    1. revoir les paramètres de la désinstitutionnalisation du ministère de
       la Santé du Québec;
    2. maintenir les personnes en difficultés dans leur milieu;
    3. cesser la judiciarisation de l'itinérance;
    4. revoir les soutiens de l'état et des municipalités en fonction de
       l'ajout de travailleurs de la rue aux ressources existantes;
    5. impliquer le privé, commerçants et entreprises, dans la réinsertion
       des itinérants sur le marché du travail;
    6. décentraliser, hors des centres villes, les outils d'aide, de soutien
       et de réinsertion aux itinérants;
    7. mettre sur pied un véritable programme de logements assistés lesquels
       seraient, aussi, décentralisés à l'échelle du Québec."
    




Renseignements :

Renseignements: et source: Jacques-Alain Lavallée, Chargé de
communication, Arrondissement de Ville-Marie, (514) 868-5255, (514) 260-1384


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