L'équilibre budgétaire, un objectif hors de portée pour le Québec sans de nouvelles restrictions des dépenses

Il manquera 800 M$ au Québec pour atteindre l'équilibre budgétaire en 2016, selon les projections

OTTAWA, le 2 juin 2014 /CNW/ - Selon le profil Portrait budgétaire du Québec : Un défi de taille publié aujourd'hui par le Conference Board du Canada, le gouvernement du Québec n'atteindra sans doute pas l'équilibre budgétaire en 2015-2016 sans mesures supplémentaires de restrictions des dépenses qui s'ajouteront à celles déjà prévues.

Alors que le nouveau gouvernement provincial s'apprête à déposer son premier budget cette semaine, l'analyse du Conference Board révèle que l'élimination du déficit signifie qu'il faudra limiter l'augmentation des coûts liés à la santé et diminuer les dépenses dans tous les secteurs sauf la santé et l'éducation.

« Dans l'ensemble, nos projections indiquent qu'il manquera environ 800 M$ au gouvernement pour pouvoir équilibrer le budget de l'exercice 2015-2016, et ce, même s'il réussit à atteindre les cibles de dépenses énoncées dans le budget de février, déclare l'économiste en chef adjoint, Pedro Antunes. On peut dire sans risque de se tromper que le Québec devra faire face à un défi budgétaire de taille. »

FAITS SAILLANTS


  • Les performances économiques du Québec continueront d'être inférieures à celles de nombreuses autres provinces canadiennes.
  • Au cours des deux prochaines années, les revenus seront vraisemblablement plus faibles que ceux prévus dans le précédent budget.
  • Les cibles de dépenses en santé seront difficiles à atteindre en l'absence de réformes du système qui permettront d'en améliorer l'efficacité et la productivité.

Si l'économie provinciale est confrontée à des défis majeurs, les perspectives de croissance pour les deux prochaines années sont au moins un peu plus réjouissantes. Cependant, avec une prévision de croissance annuelle moyenne d'à peine 2 % en 2014 et 2015, les performances économiques du Québec continueront d'être inférieures à celles de nombreuses autres provinces au Canada. Dernièrement, le Conference Board du Canada attribuait à la province, dans son analyse Les performances du Canada : Économie, la note « C » pour l'ensemble de ses résultats économiques en 2013.

Selon les dernières prévisions du Conference Board en matière de croissance économique, les revenus du Québec (moins les transferts provenant du gouvernement fédéral) seront vraisemblablement plus faibles au cours des deux prochaines années que les estimations du budget de février du gouvernement du Parti Québécois.

La croissance moyenne du produit intérieur brut nominal (qui constitue la mesure la plus générale de l'assiette fiscale provinciale) devrait s'établir à 3,5 % pour les deux prochaines années, pourcentage inférieur aux projections budgétaires qui l'évaluaient à 3,7 %. Cette estimation signifie que les recettes fiscales pour chacun des deux exercices à venir - 2014-2015 et 2015-2016 - seront inférieures de 500 M$.

Si le Québec a mieux réussi que la plupart des autres provinces à contrôler ses dépenses de soins de santé, la poursuite de cette tendance s'avérera, à l'avenir, encore plus difficile. Au Québec, les dépenses de santé par habitant sont les plus faibles de toutes les provinces; elles le sont encore plus si on tient compte de la population plus âgée du Québec.

Dans le budget de février, le gouvernement s'était engagé à limiter la croissance des dépenses de soins de santé à 3,8 % en 2013-2014 et à 3 % en 2014-2015. Toutefois, le Conference Board estime que, selon ses prévisions fondées sur la demande sous-jacente et le vieillissement de la population, les dépenses en santé devraient en fait croître, en moyenne, de 3,9 % au cours de la même période afin de prendre en compte l'inflation et les changements démographiques.

En l'absence d'une transformation du système de santé qui permettrait d'en améliorer l'efficacité et la productivité, les cibles de croissance des dépenses seront difficiles à atteindre sans devoir sacrifier la qualité des soins.

Le Conference Board et HEC Montréal se sont associés pour créer l'Institut du Québec afin d'étudier les défis qui attendent le Québec et de proposer des solutions et des recommandations en se fondant sur de nouvelles analyses. Dans sa première étude, Choc démographique et finances publiques : Pour un contrat social durable, l'Institut du Québec a recommandé que la province adopte des réformes visant à limiter la croissance des dépenses en santé.

Le gouvernement devra également procéder à des coupes importantes dans les dépenses de programmes qui ne concernent pas les soins de santé et l'éducation. Compte tenu des dépenses plus élevées que celles prévues au budget pour l'exercice 2013-2014, le Conference Board estime que le Québec devra réduire ses dépenses globales de 3,6 % en 2014-2015 afin d'atteindre les objectifs budgétaires. Cela signifie que les dépenses dans les catégories autres que la santé et l'éducation devront diminuer annuellement de 4,1 % en 2015-2016 et de 4,3 % en 2016-2017. Des restrictions des dépenses de cette ampleur permettraient au gouvernement d'équilibrer son budget d'ici 2016-2017. 

Le Webinaire sur les perspectives d'affaires au Québec le 19 juin, 2014 a 14:00H, EDT, est une séance de 60 minutes en compagnie de Pedro Antunes, directeur général, Prévisions et analyses et économiste en chef adjoint du Conference Board.

SOURCE : Le Conference Board du Canada

Renseignements :

Yvonne Squires, Relations avec les médias, tél. : 613-526-3090, poste 221
Courriel : corpcomm@conferenceboard.ca


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