L'embauche de 1 800 infirmières n'aurait pas d'impact majeur sur les listes d'attentes



    Le CIRANO dévoile les résultats d'une importante étude sur la pénurie
    d'infirmières au Québec

    MONTREAL, le 19 janv. /CNW Telbec/ - Le Centre interuniversitaire de
recherche en analyse des organisations (CIRANO) a rendu publique aujourd'hui
une étude qui dresse un portrait du contexte de pratique et de la pénurie
d'infirmières au Québec.
    Selon Claude Montmarquette, vice-président du groupe Politiques publiques
au CIRANO : "Plusieurs indices nous laissaient croire que le contexte de
pratique des infirmières était plus favorable qu'on ne le laissait entendre et
que la pénurie était surestimée. Nous avons cru nécessaire de réaliser une
étude pour tester ces hypothèses."

    Des constats frappants

    
    1. La pénurie calculée par le MSSS ne tient compte que des besoins en
       effectifs pour réduire les heures supplémentaires. Les calculs du
       ministère ne correspondent donc pas aux besoins en effectifs
       infirmiers pour répondre à la demande pour les soins de santé.
       L'embauche de 1 807 infirmières, qui correspond au niveau de la
       pénurie initiale calculée par le MSSS au 31 mars 2007, n'aurait donc
       pas eu d'effet majeur sur les listes d'attente et sur les soins donnés
       aux patients.
    2. Il a été impossible de déterminer l'ampleur réelle de la pénurie qui
       permettrait de mettre fin aux délais d'attente jugés déraisonnables
       pour les soins de santé.

    Selon Mathieu Laberge, directeur de projet au CIRANO : "Malgré les heures
supplémentaires, les listes d'attentes demeurent importantes. Il faut donc
revoir de fond en comble la méthode de calcul de la pénurie pour qu'elle
tienne compte des besoins réels en soins de santé et non seulement de la
quantité d'heures supplémentaire effectuées. Tant que cela ne sera pas fait,
nous ne pourrons pas avoir un portrait transparent de la pénurie."

    3. Etant donné la méthode de calcul retenue par le Ministère de la Santé
       et des services sociaux (MSSS), la "pénurie" est surestimée de
       458 individus, soit de 25,4 %. Cette surestimation est due en partie
       aux choix méthodologiques du MSSS qui ne prennent pas en compte
       l'effort de travail réel des infirmières.
    

    Moins d'heures de travail et pas plus de temps supplémentaire

    L'autre partie de la surestimation provient de la plus faible intensité
du travail des infirmières québécoises par rapport à leurs collègues
ontariennes. Effectivement, les infirmières québécoises travaillent en moyenne
28 heures effectives (exprimées sur une base de 52,18 semaines par année, donc
incluant le temps supplémentaire, les congés fériés, les vacances et les
congés de maladie). A titre de comparaison, les employés du secteur public
québécois travaillent 30,2 heures (8 % de plus que les infirmières) alors que
les employés québécois du secteur privé en travaillent 33 heures
hebdomadairement (18 % de plus que les infirmières). Les infirmières
ontariennes travaillent pour leur part 31,3 heures par semaine (12 % de plus
que les infirmières québécoises). Dans le reste du Canada, les infirmières
travaillent en moyenne 30,9 heures (10 % de plus que les infirmières
québécoises). Contrairement à l'idée largement répandue, ce nombre plus faible
d'heures travaillées n'est pas compensé par un plus grand nombre d'heures
supplémentaires au Québec que dans le reste du Canada.

    Les causes : plus d'absence et plus de travail à temps partiel

    Il existe deux causes probables à la plus faible intensité du travail des
infirmières au Québec. La première est la plus grande proportion d'infirmières
qui travaillent à temps partiel. A ce chapitre, mentionnons que 15 % de
l'ensemble des infirmières et 21 % des infirmières âgées de moins de 35 ans
travaillent à temps partiel parce qu'elles ne trouvent pas d'emploi à temps
plein. Ces proportions sont toutefois comparables à celles du reste du Canada.
    La deuxième cause est l'absence plus fréquente et plus longue des
infirmières québécoises. Les conditions salariales pourraient expliquer en
partie ces choix des infirmières québécoises, puisque celles-ci sont moins
bien rémunérées que leurs collègues du reste du Canada. Elles bénéficient
également d'un écart de richesse par rapport à l'ensemble de la population
moins favorable que dans les autres provinces.

    Des solutions innovatrices

    Parmi les solutions possibles, mentionnons celles qui visent à accroître
l'offre de service des infirmières. Une première piste de solution serait
d'accroître le nombre de postes à temps plein disponibles. A défaut de se
faire, on pourrait également favoriser une solution hybride en encourageant
les infirmières qui travaillent à temps partiel mais qui souhaitent travailler
à temps plein à compléter leur tâche auprès d'autres employeurs, notamment du
secteur privé. Une bonification des conditions salariales et l'offre de
programmes de mise à niveau pourraient également permettre d'augmenter
l'attrait de la profession, de maintenir en poste plus longtemps les
infirmières en âge de la retraite ou même de convaincre celles déjà retraitées
de retourner sur le marché du travail.
    D'autres solutions pourraient viser à combler les besoins à très court
terme, par exemple en mettant aux enchères les quarts de travail non comblés
suite à une absence temporaire. L'infirmière qui miserait le plus bas tarif,
tout en misant un tarif supérieur au tarif régulier, remporterait le quart.
    Pour identifier les meilleures pratiques de rétention des effectifs, on
pourrait favoriser la mise sur pied d'une certification comme le "Magnet
recognition program process" développé par l'American Nurses Credentialing
Center américain.

    Ce rapport est disponible sur le site de CIRANO à l'adresse suivante :

    L'étude intitulée "Portrait des conditions de pratique et de la pénurie
des effectifs infirmiers au Québec" a été rédigée par Mathieu Laberge et
Claude Montmarquette, respectivement directeur de projet et vice-président du
groupe politiques publiques au CIRANO. Le texte intégral de l'étude est
disponible à http://www.cirano.qc.ca

    A propos de CIRANO

    Le Centre Interuniversitaire de Recherche en ANalyse des Organisations
(CIRANO) est un organisme à but non lucratif, indépendant, qui a une double
mission de recherche, et, de liaison et transfert des connaissances de pointe.
Regroupant plus de cent professeurs-chercheurs, le CIRANO concentre ses
activités sous cinq grands axes de recherche : politique publiques, économie
expérimentale, finances, risque et développement durable. Grâce à son haut
niveau d'expertise dans ces domaines, le CIRANO est une institution
incontournable pour toute entreprise ou organisation, tant privée que
publique, désireuse de trouver des moyens innovateurs d'améliorer l'efficacité
de ses activités.




Renseignements :

Renseignements: ou pour une demande d'entrevue: Elizabeth Huart,
Conseillère principale, CIRANO, (514) 923-3242, (514) 985-4000, poste 3031


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