L'école et le monde du travail : lieux privilégiés d'intégration sociale et de francisation



    QUEBEC, le 26 juin /CNW Telbec/ - Le Conseil supérieur de la langue
française a remis un avis intitulé Le français, langue de cohésion sociale à
la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française,
madame Christine St-Pierre. Après avoir fait une synthèse de la situation du
français au Québec, le Conseil affirme que l'intégration des immigrants et la
langue du travail sont deux aspects cruciaux du dossier linguistique où il y a
urgence d'agir.
    Le Conseil énonce par ailleurs deux principes fondamentaux qui doivent,
selon lui, guider les efforts visant à relever avec succès le défi du
développement du français en tant que langue d'usage public au Québec,
particulièrement dans le contexte de l'accueil accru de nouveaux arrivants :

    
    - l'offre de francisation doit être globale et n'exclure aucun groupe de
      personnes (recommandation 1);
    - les actions et les moyens mis en oeuvre doivent être conçus et
appliqués
      de manière concertée pour assurer une meilleure cohérence et une plus
      grande efficacité (recommandation 2).
    

    S'appuyant sur ces deux principes, le Conseil a centré sa réflexion
autour de deux pôles majeurs de francisation et d'intégration sociale :
l'école et le monde du travail.

    L'école : lieu par excellence de l'intégration et de la francisation
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    Pour aspirer à la cohésion sociale d'une société diversifiée, l'école
joue sans conteste un rôle primordial. Aussi le Conseil a-t-il orienté sa
réflexion vers une redéfinition du rôle de l'école dans le processus
d'intégration et de francisation des nouveaux arrivants. En plus d'accomplir
sa fonction primordiale de scolarisation, l'école doit s'ouvrir sur la
communauté et devenir le creuset de la cohésion sociale par la francisation et
l'intégration de tous les Québécois, en concertation avec les autres
partenaires qui y travaillent déjà (recommandation 3). Il est concevable que
l'école ainsi redéfinie abrite un guichet unique d'information pour tout
citoyen en quête de soutien dans sa recherche d'aide à la francisation ou à
l'intégration.
    Selon le Conseil, la région métropolitaine devrait être le premier champ
d'application de cette nouvelle vision de l'école en tant que centre de
services. Ce choix s'impose à cause de son expertise d'accueil et
d'intégration des immigrants tout autant que par la concentration des
immigrants qui choisissent d'y vivre.
    La première voie qu'empruntera l'école ouverte sur la communauté est la
francisation et l'intégration des enfants. Pour y arriver, il faut mettre en
place des services mieux adaptés aux enfants immigrants. Il faut notamment
évaluer les retombées du Programme d'enseignement des langues d'origine
(PELO), relancer les classes d'accueil et améliorer le soutien aux élèves
immigrants francophones qui ne passent pas par les classes d'accueil
(recommandations 4, 4.1, 4.2 et 5). Enfin, le Conseil ne pouvait passer sous
silence l'importance d'apporter des changements majeurs à la formation des
maîtres afin de l'adapter à la présence d'enfants issus de diverses
communautés culturelles (recommandation 6).
    L'école ouverte sur la communauté doit aussi se diriger vers la
francisation et l'intégration des immigrants adultes. Il faut accentuer les
efforts pour que tous ceux qui parlent une langue autre que le français à leur
arrivée en sol québécois aient accès rapidement à une bonne formation en
français (recommandation 8). A cet effet, le Conseil est d'avis que le
ministère de l'Eduction, du Loisir et du Sport doit prendre une part plus
grande dans le processus de francisation des immigrants, tout en prenant en
compte l'expérience d'intégration acquise par le ministère de l'Immigration et
des Communautés culturelles. Enfin, le Conseil recommande que tous les
immigrants adultes, qu'ils soient francophones ou non, suivent un cours
d'initiation à la société québécoise (recommandation 9).

    Le monde du travail, lieu fondamental de l'intégration sociale et de la
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    francisation
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    Au Québec, il reste encore du travail à faire pour améliorer l'usage du
français au travail. Le bilan esquissé par le Conseil révèle d'ailleurs que la
généralisation de l'usage du français au travail ne s'est pas opérée pour une
grande partie des allophones et que l'anglais demeure la langue d'usage public
dans bon nombre de cas. Le Conseil est donc d'avis qu'il faut continuer à
intervenir sur le milieu du travail pour que celui-ci devienne un lieu
d'intégration et de vie en français.

    La formation en entreprise et l'accès aux ordres professionnels

    Le Conseil, en accord avec son objectif de faire du français le vecteur
de l'intégration sociale, pense qu'il est nécessaire de renforcer les mesures
de francisation en entreprise et propose au gouvernement d'assujettir de
nouveau aux dispositions de la Loi favorisant le développement et la
reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre (projet de loi 90) les
entreprises dont la masse salariale est supérieure à
    250 000 $ (recommandation 12).
    Il recommande également que l'on procède à une simplification et à un
allègement du processus de passation des tests linguistiques pour être admis
dans un ordre professionnel, que l'on réfléchisse sur la nature et le contenu
de ces tests et que les ordres professionnels offrent des programmes de
francisation qualifiante aux professionnels déjà en exercice (recommandations
14 et 15).

    Les entreprises de 49 employés et moins

    Trente ans après l'entrée en vigueur de la Charte, on connaît encore mal
le monde des petites et moyennes entreprises. Il y a donc urgence de colliger
des données réelles sur la situation linguistique de ces entreprises et d'agir
auprès des PME en exploitant au maximum les dispositions de la Charte déjà
existantes (recommandations 17 et 18).
    Le Conseil propose en tout vingt recommandations qui permettront
d'accroître l'usage du français, langue de cohésion sociale au Québec.
Consultez le texte complet au www.cslf.gouv.qc.ca .
    -%SU: EDU,SOC
    -%RE: 1




Renseignements :

Renseignements: Marie-Andrée Mill, (418) 643-2956,
marie-andree.mill@cslf.gouv.qc.ca; Source: Conseil supérieur de la langue
française


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