Le réseau TVA blâmé pour avoir effectué de l'autopromotion dans son bulletin de nouvelles et la revue Elle Québec blâmée pour rectification insuffisante



    MONTREAL, le 24 oct. /CNW Telbec/ - Lors de sa dernière réunion, le
comité des plaintes et de l'éthique de l'information (CPEI) du Conseil de
presse du Québec a rendu sept décisions. Deux plaintes ont été retenues et
cinq ont été rejetées. La première plainte retenue blâme le réseau TVA pour
avoir effectué son autopromotion à l'intérieur de son bulletin de nouvelles et
pour avoir placé les journalistes de l'émission "J.E." en situation de conflit
d'intérêt. La deuxième plainte retenue blâme la revue Elle Québec pour avoir
omis d'inclure, dans sa rectification, une information essentielle et avoir
accordé une importance insuffisante à la forme de sa rectification par rapport
à la gravité de la faute commise. Par ailleurs, la troisième décision rappelle
la nécessité, pour un média, de toujours mentionner ses sources d'information.
Ces décisions sont toutes susceptibles d'être portées en appel dans les
30 jours de leur réception par les parties.

    D2008-02-053 Louis Langelier c. Sophie Thibault, chef d'antenne,
    l'émission "Le TVA 22 heures" et le Groupe TVA

    M. Langelier portait plainte contre le réseau TVA pour avoir utilisé "Le
TVA 22 heures", du 24 janvier 2008, à des fins d'autopromotion de l'émission
"J.E.". Le plaignant formulait plusieurs reproches en regard de l'indépendance
entre les secteurs de l'information et de la publicité, de l'impartialité de
l'information ainsi que de l'apparence de conflit d'intérêts.
    Quant au choix du sujet du reportage portant sur les quinze ans de
l'émission "J.E.", le Conseil a rappelé que les médias bénéficient d'une
grande liberté rédactionnelle, peuvent choisir leurs sujets et décider de
l'importance qu'ils entendent leur accorder. Par conséquent, le Conseil a
estimé que les mis-en-cause pouvaient traiter de l'événement que constituait
le 15ème anniversaire d'une émission de grande écoute au Québec.
    M. Langelier déplorait ensuite que le lancement du reportage ait été fait
par Michel Jean, coanimateur de l'émission "J.E.". Sur ce point, le Conseil a
rappelé que les entreprises de presse doivent veiller à ce que, par leur
affectation, leurs journalistes ne se trouvent pas en situation de conflit
d'intérêts ni d'apparence de conflit d'intérêts et ce, afin de préserver la
confiance du public quant à l'indépendance et à l'intégrité de l'information
et envers les médias et les professionnels de l'information. A cet égard,
l'analyse a révélé que l'auteure du reportage était la
journaliste-recherchiste Elsa Babai, affectée à l'émission "J.E.", ce qui la
plaçait en situation de conflit d'intérêt. Par ailleurs, compte tenu des
fonctions d'animateur qu'occupe M. Jean pour l'émission "J.E.", le Conseil a
conclu qu'en prenant part au lancement d'un reportage portant sur les quinze
ans de cette même émission et diffusé au bulletin de nouvelles, celui-ci
aurait dû être clairement identifié comme en étant l'animateur afin d'écarter
toute confusion possible de la part du téléspectateur.
    En second lieu, le plaignant dénonçait le fait que les trois personnes
interrogées dans le cadre du reportage aient été des employés du réseau TVA.
Le Conseil a remarqué que cinq personnes se sont exprimées dans le cadre du
reportage, trois d'entre elles étant en effet des employés du réseau TVA.
Puisque des intervenants de l'extérieur étaient également présents, le Conseil
estime que l'équipe de rédaction pouvait librement choisir d'interroger des
personnes travaillant pour le réseau TVA et ayant connaissance de l'émission
sur laquelle portait le reportage.
    Enfin, M. Langelier dénonçait ce qu'il identifiait comme de
l'autopromotion faite par le réseau TVA durant le reportage, au moyen de
bandeaux portant les inscriptions "J.E. : 15 ans au service des citoyens" et
"J.E. : demain soir 19 heures" ainsi qu'au travers d'une courte promotion pour
le nouveau site Internet de l'émission, réalisée à la fin du reportage. A ce
propos, l'analyse a permis de démontrer d'une part que le bandeau défilant
"J.E. : demain soir 19 heures" ainsi que la courte présentation du site
Internet à la fin du reportage étaient des actes à caractère promotionnel qui
induisaient une confusion, pour le téléspectateur, entre le traitement
impartial de l'information et les activités commerciales du réseau. Le grief a
été retenu.
    Le Conseil a retenu la plainte de M. Louis Langelier à l'encontre du
Groupe TVA pour autopromotion et conflit d'intérêts.

    D2008-02-051 Aline Roy c. Denis Lord, journaliste et le magazine Elle
    Québec

    Mme Roy portait plainte contre un article de Denis Lord intitulé
"Violence arctique", publié dans l'édition de février 2008 du magazine Elle
Québec. Elle reproche au journaliste de lui avoir erronément attribué certains
propos, alors qu'elle n'a jamais été en contact avec lui et souligne qu'en
raison de la faible densité de population dans le Nord-du-Québec, cet article
lui fut très dommageable dans l'exercice de sa profession en santé
communautaire. Compte tenu de l'impact de cette erreur, elle souhaitait que
soit publié un rectificatif dans la revue Elle Québec ainsi que dans un
journal de son district judiciaire, qu'une lettre d'excuses lui soit adressée
et que ses supérieurs puissent avoir droit à des explications.
    Après analyse, le Conseil a pu constater que la rédaction du magazine, en
plus d'avoir reconnu son erreur et de s'en être excusée à plusieurs reprises,
a tenté de satisfaire aux différentes demandes de la plaignante en publiant
deux correctifs dont un dans le Nunatsiaq News ainsi qu'en lui faisant
parvenir une lettre d'excuses et en correspondant avec ses supérieurs pour
leur expliquer l'erreur dont elle avait été victime. Dans ses commentaires, le
journaliste s'interrogeait néanmoins sur les conséquences qu'ont pu avoir sur
la plaignante le fait d'avoir publié des propos qu'elle n'a pas tenus mais
qu'il estimait refléter la réalité. A cet effet, le Conseil a rappelé que le
fait d'attribuer des propos à une personne alors qu'elle ne les a pas tenus
est une faute déontologique grave et ce, sans égard au type d'information dont
il peut s'agir.
    Par ailleurs, la plaignante expliquait ne pas être satisfaite de
l'erratum qui fut publié dans l'édition d'avril 2008 d'Elle Québec, parce
qu'elle n'a pas eu l'occasion de l'approuver avant publication. Elle
souhaitait de plus que celui-ci soit visible et mentionne le nom de la
personne qui a tenu les propos qui lui étaient attribués. Il relève de la
responsabilité des médias de trouver les meilleurs moyens pour corriger leurs
erreurs. Les rectifications devraient être faites de façon à remédier
pleinement et avec diligence au tort causé et les médias doivent consacrer aux
rectifications qu'ils publient une forme, un espace, et une importance de
nature à permettre au public de faire la part des choses. Le travail du
Conseil se limitait à déterminer si les rectificatifs publiés par la revue
Elle Québec étaient conformes aux exigences de la déontologie journalistique
en la matière. En ce qui concerne le contenu des rectificatifs, le Conseil a
remarqué qu'en corrigeant l'information selon laquelle Mme Roy était l'auteure
des propos, la rédaction n'a jamais fait mention de l'identité du véritable
auteur de ceux-ci. Cette information était nécessaire afin que les lecteurs
puissent évaluer la fiabilité des informations livrées par le journaliste.
Quant à la forme des rectificatifs, le Conseil a constaté une disproportion
entre la gravité de la faute commise et l'importance accordée aux
rectificatifs, en y accordant une faible visibilité et une mise en page
insuffisante. Le grief a été retenu sur ces aspects.
    Le Conseil a retenu la plainte de Mme Aline Roy contre le journaliste
M. Denis Lord et la revue Elle Québec, sur la base de l'insuffisance de la
rectification quant à son contenu et à sa forme.

    D2008-03-063 L'après-rupture c. l'hebdomadaire Le Clairon régional de
    Saint-Hyacinthe

    L'organisme L'après-rupture portait plainte contre l'hebdomadaire Le
Clairon régional de Saint-Hyacinthe relativement aux chroniques "La Clé sur la
Porte". Il reprochait à celles-ci d'être sexistes sur le sujet de la violence
conjugale, en plus de véhiculer des informations inexactes.
    Dans un premier temps, le plaignant déplorait que les articles n'aient
pas été signés et qu'ils n'aient pas été précédés de la mention
"publireportage". Après analyse, le Conseil a conclu que l'organisme "La Clé
sur la Porte" pouvait librement signer ses chroniques sous cette mention et
non du nom d'une personne en particulier. L'analyse de leur contenu a
également permis au Conseil d'établir qu'il s'agissait bien de chroniques et
nullement d'un exercice d'autopromotion. Le Conseil a néanmoins remarqué que
la rédaction de l'hebdomadaire n'a pas, à l'exception de la manchette sur la
page de une, spécifiquement fait précéder ces chroniques d'un intitulé
informant les lecteurs qu'il s'agissait de textes d'opinion et a souligné
qu'il aurait eu avantage à le faire afin d'éviter toute confusion.
    Le plaignant reprochait aussi aux chroniques de "La clé sur la Porte" de
ne pas avoir fait référence à des sources d'information scientifiques, d'être
en contradiction avec les analyses de Statistique Canada et de l'Institut de
la statistique du Québec et d'être sexistes. Le Conseil a remarqué, pour les
deux chroniques qu'il a analysées, que la source d'information sur laquelle
elles se basaient, un ouvrage intitulé "Quand l'amour ne va plus", a été
rappelée au début de la première mais non de la seconde d'entre elles, bien
qu'il ait été préférable que ce soit le cas. Par ailleurs, les chroniques ne
contenaient aucune donnée chiffrée et proposaient au lecteur un ensemble de
questions s'adressant aux femmes désireuses de réaliser si elles sont ou non
sous l'emprise d'un conjoint contrôlant. Elles ne contenaient aucune
affirmation catégorique susceptible d'entrer en contradiction avec des données
statistiques pas plus qu'elles n'étaient sexistes. Les griefs ont été rejetés.
    Enfin, L'après-rupture regrettait que l'hebdomadaire n'ait pas consenti à
lui accorder un droit de réponse afin que puissent être rétablis les faits.
Or, l'analyse n'a pas permis d'établir que le mis-en-cause avait commis une
entorse déontologique en publiant les chroniques de l'organisme "La clé sur la
Porte". Par conséquent, rien ne justifiait que soient rétablis les faits.
    Sous réserve des commentaires concernant la mention de la source
d'information et l'identification de la chronique, le Conseil a rejeté la
plainte de L'après-rupture contre l'hebdomadaire Le Clairon régional de
Saint-Hyacinthe.

    D2008-02-042 Karl St-Amour c. Angèle M. Prévost, directrice générale et
    éditrice, Carole Marcoux, directrice de l'information, Hebdos du Suroît
    et les hebdomadaires Première Edition et L'Etoile

    M. St-Amour portait plainte contre les hebdomadaires Première Edition et
L'Etoile desservant le territoire de Vaudreuil-Soulanges, Valleyfield et
Sainte-Anne-de-Bellevue, en raison de leur couverture et de leur contenu.
Prenant pour base de sa plainte le numéro du 8 septembre 2007 de Première
Edition, le plaignant dénonçait la trop grande place accordée à la promotion
des dossiers du Parti libéral du Québec, le manque d'équilibre, de pondération
et d'impartialité dont ferait preuve la rédaction de ces hebdomadaires.
    En premier grief, le plaignant dénonçait les choix journalistiques dans
le traitement de l'information publiée, c'est-à-dire la concentration en un
seul journal de textes concernant le Parti libéral du Québec qui aurait ainsi
bénéficié d'une trop grande couverture journalistique. L'information livrée au
public fait nécessairement l'objet de choix qui ne se mesurent pas seulement
de façon quantitative, sur la base d'une seule édition, ni au nombre de
lignes. Ils doivent plutôt être évalués de façon qualitative, en fonction de
l'importance de l'information et de son degré d'intérêt public. La façon de
présenter et d'illustrer cette information relève du jugement rédactionnel.
Ainsi, les mis-en-cause pouvaient décider librement du traitement
journalistique à accorder à chacun des articles publiés et de leur forme de
présentation. En outre, les choix éditoriaux sont fortement influencés par
l'actualité. Selon ce qui est rapporté dans l'hebdomadaire en cause,
l'actualité du début de septembre 2007 dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges
comprenait un caucus du Parti libéral, engendrant de ce fait un volume de
couverture journalistique considérable pour un même regroupement politique
dans une même région. Par conséquent, le Conseil estime que le plaignant ne
pouvait pas se baser sur une seule édition des deux journaux pour conclure à
de la partialité de la part des responsables. Si le plaignant avait démontré
qu'au fil des semaines, un favoritisme était exercé par la rédaction en faveur
du Parti libéral, le grief aurait pu être considéré. Mais cette démonstration
n'a pas été faite et le grief ne pouvait donc être retenu sur cette base.
    Le plaignant affirmait également que les articles étaient présentés sans
sens critique et demandait au Conseil de procéder à un examen du journal dans
son ensemble, article par article, pour déterminer si le tout était conforme à
l'éthique journalistique. Le Conseil estime que ni l'analyse ni la preuve
apportée par le plaignant ne démontrent que les informations publiées étaient
inacceptables dans leur forme ou leur contenu et qu'elles constituaient ainsi
un manquement à la déontologie. Ces griefs ont donc été rejetés.
    Le plaignant déplorait enfin que les mis-en-cause aient confondu, dans le
titre d'un article en page 6, le comté fédéral de Vaudreuil-Soulanges avec les
circonscriptions québécoises de Vaudreuil et de Soulanges. La porte-parole des
mis-en-cause expliquait, pour sa part, que l'appellation "Vaudreuil-Soulanges"
utilisée dans le titre ne renvoyait pas au comté fédéral, mais à la MRC du
même nom. Après examen, il apparaît au Conseil qu'il aurait été plus exact
d'inscrire en manchette "Les députés de Vaudreuil et de Soulanges" plutôt que
la mention "Les députés de Vaudreuil-Soulanges". Toutefois, le Conseil a
considéré qu'il s'agissait d'une inexactitude mineure qui ne venait pas
entacher l'ensemble du produit.
    La plainte de M. Karl St-Amour contre les hebdomadaires Première Edition
et L'Etoile, et leur direction a été rejetée.

    D2008-02-050 L'après-rupture c. Mario Boulianne, journaliste et le
    quotidien Le Droit

    L'après-rupture déposait une plainte contre le quotidien Le Droit et son
journaliste, Mario Boulianne, pour avoir utilisé des chiffres qui seraient
erronés et dénués de fondements scientifiques, tentant de démontrer qu'il y
aurait un fléau d'agressions sexuelles à l'endroit des femmes au Québec.
    Le plaignant estimait que les sources utilisées par le quotidien
n'étaient pas crédibles. Après vérification, il est apparu au Conseil que rien
dans les documents fournis par le plaignant ne démontrait que les sources
utilisées par les mis-en-cause et issues du CALAS de l'Outaouais - notamment
Statistique Canada - n'étaient pas crédibles ou n'existaient pas. En ce qui a
trait à la valeur des données, le plaignant affirmait que les chiffres
utilisés comme source par le quotidien dataient et n'étaient plus valables.
Toutefois, jamais le plaignant n'a démontré qu'ils étaient différents de ceux
du ministère de la Sécurité publique qu'il utilisait lui-même en référence ou
qu'ils étaient inexacts. Toujours en matière de validité des données, l'examen
des documents a conduit à un autre constat : le bas de vignette du journal
précisait "qu'environ 87 000 Québécoises de 15 ans et plus sont agressées à
tous les ans", ce que contestait le plaignant. Ce dernier répondait que les
données de 2005 du ministère de la Sécurité publique du Québec indiquaient
plutôt qu'on "aurait constaté qu'il y a eu 5 144 cas de PRESUMEES agressions
sexuelles au Québec". Or, le nombre utilisé par le plaignant dans son grief
était celui des agressions "déclarées" alors que celui publié par les
mis-en-cause était celui des agressions "réelles", telles qu'estimées par le
CALAS de l'Outaouais. En outre, le document source du CALAS indiquait que
seulement 6 % des agressions sexuelles étaient effectivement déclarées. Le
croisement de ce pourcentage avec le chiffre de "5 144" fourni par le
plaignant a révélé le nombre de 85 730 agressions "réelles", soit 98.5 % du
"87 000" inscrit dans le bas de vignette du journal, confirmant par le fait
même la validité des chiffres du journal. Comme ni la démonstration du
plaignant ni l'analyse des données par le Conseil n'ont révélé que les sources
pouvaient manquer de crédibilité et que les données publiées pouvaient être
inexactes, le grief n'a pas été retenu.
    Le Conseil a rejeté la plainte de l'organisme L'après-rupture contre le
journaliste M. Mario Boulianne et le quotidien Le Droit.

    D2008-03-059 Réjean Beaulieu c. Mireille Allaire, journaliste et la radio
    RDI-SRC

    M. Beaulieu reprochait au service d'information de Radio-Canada de ne pas
avoir traité des résultats de la consultation citoyenne en ligne, initiée par
Patrimoine canadien, dans son reportage concernant l'événement synthèse des
consultations régionales tenues par le même ministère et qui se déroulait le
même jour. Il reprochait à la journaliste Mireille Allaire de ne pas avoir
fait mention du taux de participation des répondants à cette consultation et
de ne pas avoir questionné la façon dont ces répondants avaient été
sélectionnés.
    Le plaignant souhaitait voir traiter dans le reportage la question des
résultats des deux types de consultations conduites par Patrimoine canadien.
Dans un communiqué de presse annonçant le lancement des consultations en
décembre 2007, le ministère avait fait savoir que la diffusion des résultats
serait l'objet de la rencontre synthèse de la mi-janvier 2008. Or, après
analyse, le Conseil a constaté que, contrairement à ce qui a été annoncé, il
ne fut pas question lors de cette rencontre de dévoiler les résultats des
consultations. En choisissant de couvrir ce qui s'y était dit, à savoir un
échange de préoccupations entre les intervenants, la mise-en-cause n'a pas
commis de faute déontologique. Le grief a été rejeté.
    Dans un second temps, M. Beaulieu expliquait que si Patrimoine canadien
avait tenté de minimiser l'impact des résultats des consultations en ligne en
les publiant le même jour que se tenait l'événement synthèse, cela aurait dû
être relevé par la journaliste. Il se demandait également jusqu'à quel point
ce silence ne serait pas le fait d'un conflit d'intérêts dans lequel seraient
volontairement maintenus les journalistes. Toutefois, le plaignant n'a pas
démontré en quoi ses craintes pourraient s'avérer justifiées. Le grief a été
rejeté.
    La plainte de M. Réjean Beaulieu contre Mme Mireille Allaire, journaliste
et la Société Radio-Canada a été rejetée.

    D2008-04-066 La Société canadienne de l'hémophilie c. Aaron Derfel,
    journaliste et le quotidien The Gazette

    La Société canadienne de l'hémophilie portait plainte contre le quotidien
The Gazette relativement à son article intitulé "Agencies refuse to lift ban
on gay men", publié dans l'édition du 7 mars 2008. Elle reproche au journal
d'avoir suggéré, sans n'avoir jamais pris contact avec elle, que la communauté
hémophile exerçait des pressions politiques afin que soit maintenues les
restrictions en vigueur concernant la possibilité que les homosexuels puissent
faire don de leur sang. Elle déplore aussi que le journal ait omis de faire
mention des raisons qui expliquent cette position en plus d'avoir attribué
celle-ci à la seule communauté hémophile alors qu'elle serait partagée par
plusieurs organismes.
    L'article en cause ne faisait pas référence à la Société canadienne de
l'hémophilie mais à la communauté hémophile et portait principalement sur la
position des deux principales agences canadiennes du sang que sont Héma-Québec
et la Société canadienne du sang concernant la possibilité que les personnes
homosexuelles puissent faire don de leur sang. Après analyse, le Conseil a
constaté que le journaliste a proposé aux lecteurs un complément d'information
qui permettait d'expliquer la position de la communauté hémophile. Bien que le
plaignant ait jugé cette explication insatisfaisante, il n'a offert au Conseil
aucune proposition quant à celle qu'il aurait souhaité y voir figurer. Puisque
l'article portait sur le refus des principales agences responsables du sang au
Canada en la matière, le journaliste pouvait librement choisir d'y faire ou
non figurer l'opposition d'autres organismes. Par conséquent, le grief a été
rejeté.
    M. Page déplorait enfin que la lettre à l'éditeur qu'il a fait parvenir
au journal n'ait pas été publiée et que ses appels à la rédaction ne lui aient
pas été retournés afin que soit discutée la possibilité que sa lettre soit
raccourcie pour satisfaire aux exigences du quotidien. De l'avis du Conseil,
le quotidien n'avait aucune obligation quant à la publication de la lettre du
plaignant. Il constate que la politique rédactionnelle du journal met
spécifiquement en garde le public sur le fait que toutes les lettres reçues ne
sont pas publiées et qu'aucun accusé de réception n'est délivré. Le Conseil a
conclu que le quotidien n'aurait contacté le plaignant que s'il avait souhaité
voir publier sa lettre, ce qui n'était pas le cas. Le grief a été rejeté.
    Le Conseil a rejeté la plainte de la Société canadienne de l'hémophilie
contre le journaliste M. Aaron Derfel et le quotidien The Gazette.

    Le texte intégral des décisions ainsi qu'un résumé des arguments des
parties en cause peuvent être consultés au www.conseildepresse.qc.ca, à la
section "Les décisions redues par le Conseil".




Renseignements :

Renseignements: Guy Amyot, secrétaire général, Conseil de presse du
Québec, (514) 529-2818; SOURCE: Marie-Eve Carignan, responsable des
communications, Conseil de presse du Québec, (514) 529-2818

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