Le rapport Castonguay apporte-t-il "la" solution ?



    MONTREAL, le 19 fév. /CNW Telbec/ - Les solutions que propose le Groupe
de travail sur le financement du système de santé soulèvent plus de questions
qu'elles n'apportent de réponses. Comme toute médaille, chaque proposition
comporte son revers. Elles ont cependant le mérite de forcer la réflexion et
d'amorcer des discussions qui, espérons-le, obligeront la société québécoise à
prendre en compte de nouvelles avenues.
    Nous saluons, par exemple, la proposition d'améliorer le maintien à
domicile et de revoir la pertinence de certaines interventions dont les
coûts-bénéfices ne sont pas démontrés. Nous apportons toutefois un bémol. En
conférence de presse, M. Castonguay a donné l'exemple d'une personne qui
devrait payer sa visite parce qu'elle s'est présentée à la clinique pour un
"banal" rhume. Peut-on vraiment demander à un simple citoyen de poser son
propre diagnostic et de juger s'il s'agit d'un banal rhume ou d'une
pneumonie ?
    Le décloisonnement de la pratique médicale permettrait à un médecin de
travailler dans une clinique privée si l'établissement qui lui accorde des
privilèges l'y autorise parce qu'il ne manque pas d'effectifs. Un autre
établissement public de la même région ne pourrait-il pas profiter de la
présence occasionnelle de ce médecin ? Pour améliorer l'accessibilité aux
soins, cette mesure exigerait des agences de la santé et des services sociaux
une gestion extrêmement rigoureuse. Leur en donnerait-on les pouvoirs ? Compte
tenu du manque de ressources dans le réseau public, il s'agit à notre avis
d'une solution de courte vue à laquelle nous ne croyons pas.
    Quant à la possibilité d'autoriser d'autres types de chirurgie en
clinique privée, la Loi 33 le permet déjà, mais nous estimons que ces
cliniques doivent être administrées par le système public.
    Nous reconnaissons qu'il faut trouver des solutions au financement du
système de santé. Cependant, les répercussions de chacune des propositions
doivent être minutieusement étudiées. Ainsi, nous admettons que le principe de
l'usager payeur est intéressant. Nous estimons toutefois qu'il est
difficilement applicable lorsqu'il est question de soins. Dans une société
juste et humaine, les personnes qui ont le privilège d'être en santé devraient
venir en aide aux personnes malades et non pas les faire payer alors qu'elles
sont déjà durement éprouvées. Où est donc passée la solidarité sociale ?
    Exiger des patients une contribution annuelle de 100 $ pour qu'ils
s'inscrivent dans un groupe de médecine familiale (GMF) réglerait-il le
problème de l'accessibilité à un médecin de famille ? Bien qu'il existe déjà
environ 150 GMF au Québec, le Regroupement provincial des comités des usagers
sait pertinemment que ce concept n'intéresse guère un grand nombre de médecins
qui ne souhaitent pas maintenir une clinique ouverte 24 heures sur 24, sept
jours sur sept. La perspective de facturer leur clientèle y changerait-elle
quelque chose ?
    Le concept d'une franchise en fonction du revenu jusqu'à une limite
raisonnable n'est pas mauvais en soi, mais qui saura déterminer en toute
équité cette limite raisonnable ? Par ailleurs, cette contribution des
patients ne risque-t-elle pas de ne servir qu'à compenser les coûts de gestion
de ce financement direct ?
    L'idée de créer un fonds de stabilisation pourrait être exploité, mais il
faudrait aussi prendre en considération de très bonnes recommandations qui se
trouvent dans le rapport du Comité de travail sur la pérennité du système de
santé et des services sociaux du Québec (dit "rapport Ménard"), dont on a fait
peu de cas à ce jour. Il faut repenser la gestion du système public, repenser
aussi les façons de faire dans les agences et les établissements de santé et
de services sociaux. Le "rapport Castonguay", comme tous les autres rapports
avant lui, constitue une brique de plus sur le chemin visant à améliorer le
financement du système de santé sans égorger les personnes les plus
vulnérables : celles qui sont malades.

    A propos du RPCU

    Le Regroupement provincial des comités des usagers est un interlocuteur
de premier plan auprès des instances gouvernementales, de la population et des
médias. Il se veut le porte-parole de toutes les catégories de comités des
usagers et de comités des résidents de tous les établissements de santé et de
services sociaux, publics et privés, conventionnés et autofinancés au Québec.
Son rôle est de les représenter et de leur permettre de participer aux grands
débats au même titre que toutes les autres associations dans le domaine de la
santé et des services sociaux.




Renseignements :

Renseignements: Claude Ménard, président, (819) 318-0116; Gérald
Germain, vice-président, (418) 573-2340


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