Le prix élevé à la pompe stimule les ventes des petits véhicules économes en carburant : Études économiques Scotia

  • La rareté des pièces japonaises fera chuter la production mondiale de voitures

TORONTO, le 10 mai /CNW/ - Les ventes mondiales de voitures ont poursuivi sur leur lancée, malgré une brusque chute au Japon après le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars, peut-on lire dans le dernier rapport sur le marché mondial de l'automobile publié aujourd'hui par Études économiques Scotia. En avril, aux États-Unis, les ventes de voitures et de camions légers sont restées supérieures à 13 millions d'unités annualisées pour le troisième mois consécutif, malgré le fait que le prix de l'essence ait approché la marque des 4,00 $ US le gallon - niveau qui avait fait chuter le marché en 2008. Au Canada, les ventes ont aussi augmenté au cours des derniers mois et ont affiché une moyenne de 1,67 million d'unités annualisées en mars et en avril, bien supérieure à nos prévisions pour l'ensemble de 2011, qui étaient de 1,59 million d'unités.

« Étant donné la performance étonnante au Canada, nous ne modifions pas nos prévisions de ventes pour l'ensemble de l'année, même si on s'attend à ce que la rareté des véhicules japonais sur le marché entraîne un fléchissement des ventes cet été et au début de l'automne », estime Carlos Gomes, économiste principal et spécialiste du secteur de l'automobile, Études économiques Scotia. « Les gains en matière de vente ont été plus élevés dans les provinces de l'ouest du Canada, riches en ressources. En effet, les ventes ont bondi en mars de 14 % en glissement annuel à l'ouest de la frontière entre l'Ontario et le Manitoba, atteignant 520 000 unités annualisées, niveau le plus élevé enregistré depuis l'été de 2008. »

Ces gains s'expliquent par l'amélioration du marché de l'emploi, non seulement en Amérique du Nord, mais aussi dans le monde entier. La création mondiale d'emplois gagne actuellement près de 2 % en glissement annuel, rythme le plus élevé depuis la fin de 2007. À noter particulièrement que l'économie américaine a créé des emplois au cours des sept derniers mois, soit 1,2 million depuis septembre. En fait, le rythme de la création d'emplois au cours des cinq derniers mois a été le plus rapide en cinq ans et a permis de réduire le chômage, jusqu'en avril cette année, de près d'un point de pourcentage.

« Nous prévoyons d'autres gains du côté des emplois et des ventes, puisque le principal indicateur de la Banque Scotia relatif aux ventes d'automobiles aux États-Unis se situe aujourd'hui à son plus haut niveau en plus de six ans, ce qui laisse présager d'autres gains », remarque M. Gomes. « Au cours des cycles précédents, l'indice a toujours atteint son plus haut niveau au moins six mois avant un fléchissement prononcé du marché américain de l'automobile. Le marché du travail est en outre plus vigoureux au Canada. La création d'emplois s'est établie en moyenne à 1,7 % en glissement annuel au cours des douze derniers mois, soit 0,7 point de pourcentage de plus qu'aux États-Unis, bien que l'augmentation de la dette des ménages pourrait faire que les gains à venir soient plus modestes. »

Selon le rapport, les ménages canadiens et américains commencent à privilégier des véhicules plus petits et plus économes en carburant, tendance qui a commencé à se faire sentir lorsque le prix du baril a défoncé la marque des 100 $ US, en mars. Aux États-Unis, les ventes de voitures compactes et de véhicules utilitaires multisegments (VUM) ont bondi de 40 % comparativement à l'année précédente, en mars comme en avril, et comptent maintenant pour près du quart de toutes les ventes, alors qu'elles n'en représentaient que 18 % en 2007 et moins de 20 % en 2010. Ce sont ces modèles qui enregistrent aussi les meilleurs gains au Canada, leurs ventes ayant bondi de 23 % en glissement annuel en avril, revirement brusque comparativement aux mois précédents, alors que les camionnettes et les minifourgonnettes arrivaient en tête.

« Même si les consommateurs commencent à préférer les petits véhicules, la rentabilité des fabricants continue de prendre du mieux », ajoute M. Gomes. « Les bénéfices des deux plus grands fabricants nord-américains ont atteint quelque 2 400 $ US par véhicule sur le marché intérieur, une augmentation de 10 % comparativement à la moyenne enregistrée en 2010. Cette plus grande rentabilité s'explique par l'augmentation des prix par véhicule, due en partie par des mesures incitatives moins généreuses. En effet, aux États-Unis, les fabricants ont récemment réduit ces mesures à leur niveau le plus faible en plus de cinq ans. »

Malgré la vigueur de la demande mondiale, le tremblement de terre et le tsunami ont forcé les fabricants japonais à sabrer leur production intérieure de 57 % par rapport au mois de mars de l'année précédente. Par ailleurs, leurs chaînes de montage à l'étranger n'ont pas été affectées en mars et ont même enregistré un sommet de 1,2 million d'unités. Cependant, la production à l'étranger est appelée à chuter puisque les fabricants n'exploiteront ces usines qu'à environ 50 % de leur capacité au moins jusqu'à la fin du deuxième trimestre. Nous croyons qu'une rareté mondiale de pièces fabriquées au Japon a conduit les fabricants à réduire leur production en Amérique du Nord, au cours du deuxième trimestre, de près de 400 000 unités comparativement à leurs plans initiaux. Ces diminutions de la production ralentiront l'activité économique, particulièrement au Canada, où les fabricants japonais accaparent 36 % de la production totale de véhicules.

« Puisque les fabricants japonais assemblent plus de véhicules à l'extérieur du Japon que sur leur propre sol, l'impact de cette rareté de pièces sur la production mondiale de véhicules et sur l'économie mondiale commencera à se révéler avec la publication des données économiques d'avril dans la plupart des pays », conclut M. Gomes. « Tout particulièrement, l'Asie - sans le Japon - compte pour plus de la moitié de tous les véhicules japonais assemblés à l'étranger. Nous pensons que cette diminution réduira la production de véhicules dans la région de 13 % entre avril et début juin. Ce sont la Thaïlande et Taïwan qui subiront le plus gros de ces réductions puisque les fabricants japonais monopolisent plus de 60 % des véhicules assemblés dans ces deux pays. Cependant, même l'Inde et la Chine connaîtront des ralentissements importants puisque les véhicules d'origine japonaise représentent 40 % et 15 % de leur production totale respective de véhicules. »

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

SOURCE Banque Scotia

Renseignements :

Carlos Gomes, Études économiques Scotia, 416-866-4735,
carlos_gomes@scotiacapital.com; Patty Stathokostas, Relations avec les médias,
Banque Scotia, 416-866-3625, patty_stathokostas@scotiacapital.com

Profil de l'entreprise

Banque Scotia

Renseignements sur cet organisme

Banque Scotia - Rapports Economiques

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.